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Santé Liberté et Vaccinations N° 67

Avril-Mai-Juin 1980

Sélection d'articles

Sommaire

 Pages

Assemblée Générale

 
   — Rapport financier 1
   — Rapport moral 1-2-3
   — Sections 3
   — Projet pour 1980 4
Échos 4
Vaccination anti-polio (Dr Pilette) 5-6-7
Intervention du Dr Kalmar 7-8
À propos de l'échec du B.C.G. en Inde (Dr Ferru) 9-10-11
Au Japon (suite) 12-13-14
Variole 14
La Vaccine 15-16-17


Échos

Complications neurologiques consécutives à la vaccination anticoquelucheuse

On a relevé des complications neurologiques chez 167 enfants vaccinés contre la coqueluche en Suède, de 1959 à 1965.

Parmi ces 167 cas, on a pu observer : 3 cas d'encéphalopathie grave, 80 cas de convulsions, 4 cas d'hypsarythmie, 54 états de choc ; pleurs incessants : 24 cas, méningite séreuse 2 cas. Dans 9 cas de convulsions, on a également relevé 3 méningites séreuses.

Les complications faisant suite à la vaccination se sont manifestées dans la proportion de 1 cas pour 3 600 vaccinations.

À cette époque, les non vaccinés représentaient 16,4 %. Plus de la moitié de ce pourcentage correspond à un refus de la vaccination par les parents.

En plus des réactions neurologiques proprement dites, on a pu observer de l'érythème, de l'exanthème, des œdèmes, ainsi que des troubles gastro-intestinaux.

L'étude insiste sur la nécessité d'une information précise et détaillée en ce qui concerne les effets secondaires des vaccinations qui sont proposées au public à l'échelle nationale.

On pourrait penser qu'en Suède, le nombre de cas ayant présenté des effets secondaires à la suite de la vaccination anticoquelucheuse est anormalement élevé par rapport à d'autres pays. Il faut cependant savoir que le système de surveillance suédois, en ce qui concerne les effets secondaires des vaccinations, n'a pratiquement pas d'équivalent dans les autres pays.

(Étude basée sur les vaccinations en Suède, 1959-1965, Br. Med. J. 2, (320), 1967.)

La sclérose en plaques

Si les études épidémiologiques et sérologiques mettent en cause, comme agent étiologique, en premier lieu le virus de la rougeole et peut-être aussi celui de la vaccine, on en est réduit à des hypothèses quant au mécanisme de démyélinisation. Prenant comme modèle le virus de la vaccine, le groupe du Dr Schefer, du Biocentre de l'université de Bâle, avec lequel nous collaborons, étudie la façon dont ce virus se multiplie à l'intérieur du système nerveux central, c'est-à-dire quel est le type de cellules qui est infecté et quelles sont les interactions du virus avec les oligodendrocytes et la myéline et en particulier la protéine basique.

Un des résultats les plus étonnants de ce travail a été la démonstration que le virus de la vaccine pouvait induire la production d'auto-anticorps chez l'animal contre la protéine basique de la myéline. La poursuite de telles études devrait nous faire mieux comprendre le rôle que certains virus semblent jouer dans la S.E.P.

(Médecine et Hygiène, 1979)

Échec de la vaccination antirubéolique dans la protection du fœtus...

Une dame de 23 ans se fit vacciner contre la rubéole quatre mois avant de concevoir un enfant.

Plusieurs personnes avec lesquelles cette dame était en contact à son lieu de travail contractèrent la rubéole ; l'une de ces dernière accoucha d'un enfant atteint de rubéole congénitale. C'est à ce moment que la dame, qui en était à sa dixième semaine de grossesse, présenta une éruption.

Elle accoucha à la quarantième semaine d'un enfant qui se développa normalement. C'est au neuvième mois  que l'on se rendit compte que l'enfant était effectivement atteint d'une profonde surdité. Le diagnostic de rubéole congénitale fut confirmé par la présence d'anticorps dans le sérum de l'enfant, respectivement à 13 mois et à 15 mois, âge auquel les anticorps maternels ont disparu (1).

Le Dr Allan estime qu'on ignore tout de l'efficacité de la vaccination antirubéole quant à son rôle de protection du fœtus. Il signale que des personnes ont bien fait la rubéole en dépit de la vaccination. Il a été démontré que lors d'épidémies, certains sujets n'échappaient pas à l'infection (2).

Le Dr Allan relate une expérience réalisée en Australie sur des militaires qui furent vaccinés contre la rubéole et produisirent des anticorps. Après la vaccination, ces militaires furent envoyés dans un camp où une épidémie de rubéole se déclencha trois mois après la série de vaccinations. Les analyses montrèrent que 80 % des recrues furent infectées par le virus.

Peu de temps après, une seconde expérimentation fut réalisée sur des retardés mentaux ; elle donna des résultats similaires.

Le Dr Allan déclare : « Nous n'avons absolument aucune information sur ce qui aurait pu se produire si, en l'occurence, au lieu de miliciens, on avait eu affaire à des femmes enceintes. »

Le Dr Allan signale que les conceptions classiques de l'immunité ont, ces dernières années, été soumises à rude épreuve puisque, affirme-t-il, on a constaté que des épidémies de rubéole se produisaient dans des populations adultes immunisées entre 80 % et 95 %.

Une étude de 1976 (3) fait état d'aberrations chromosomiquessurvenues chez des femmes qui avaient été vaccinées contre la rubéole. Les auteurs pensent que ces aberrations chromosomiques pourraient résulter de l'effet combiné du vaccin et de l'absorption de médicaments.

(1) Forrest, Menser, Med. J. Aust., Jan. 1977 (77).
(2) Allan, Aust., J. Med. Techn. (1973), 4 (25-34).
(3) Sakari Knuutila, Hereditas, 84 (1976), 120.


 

Au Japon

 

(suite du n° 66 page 8)

Proposition présentée au Ministère des Affaires Sociales

Le matin du 22 juin 1970 nous nous rendîmes pour la première fois au Ministère des Affaires Sociales en tant qu'association de parents de victimes de vaccinations préventives. Jusque là des démarches individuelles auprès des autorités avaient bien eu lieu, mais s'étaient heurtées à l'indifférence des dites autorités.

La requête avait la forme d'une pétition écrite. Le Ministère des Affaires Sociales était représenté par Murahaka Toshio, directeur du Bureau de la Santé Publique, et Ishimaru Takaharu, chef de section de la Prévention des Épidémies. La presse était sur les dents. M. Shibuya, secrétaire délégué, lut la pétition d'une voix forte.

« Depuis peu, les accidents de vaccination antivariolique sont passés au premier plan pour devenir un problème national, mais cette fois-ci une ligue nationale pour la prévention des accidents de vaccins est constituée, groupant les victimes et leurs gardiens. Parmi ces victimes il y a des morts, des estropiés et des infirmes, entre autres, qu'il ést hors de question d'ignorer. Nous sommes conscients de la situation extrêment douloureuse de ces victimes qui n'ont aucun espoir d'indemnisation. Notre démarche vise à trouver une solution à ce problème sans perdre un jour de plus.

  1. Malgré ses séquelles : mort, dommages irrécupérables à la santé et aux facultés mentales, la vaccination antivariolique est imposée par les autorités pour préserver la nation des épidémies de variole. Il est donc normal que l'État indemnise ces victimes sacrifiées à la protection de la société. 
     
  2. Nous, parents des victimes, soulevons vis-à-vis du système actuel de la vaccination antivariolique et de la loi un certain nombre de questions. Il y va de la vie des gens. Nous souhaitons obtenir la mise en œuvre d'efforts tendant à diminuer le nombre d'accidents par un examen global mettant enjeu le moment, le type, la qualité, le programme de vaccinations et autres. Chaque jour de retard entraîne de nouvelles victimes. Même si nos enfants étaient les seules victimes, ce serait déjà beaucoup.
     
  3. À une différence de degré près, les autres vaccinations préventives aussi sont à l'ordre du jour. Nous sollicitons dans leur cas aussi une politique de prévention des accidents et d'indemnisation.
     
  4. Nous applaudissons les progrès incessants de notre pays pour assurer le bien-être de la population par des mesures appropriées dans tous les domaines, mais nous souhaitons une reconnaissance et une compréhension suffisante de la négligence de la loi à l'égard de cet immense problème et sollicitons une solution rapide et adéquate de cet état de choses. »

22 juin 1970
Ligue Nationale pour la promotion de la prévention des accidents des vaccinations préventives

Engagement du Chef de Bureau

Ensuite ce furent les exposés des membres de la Ligue.

M. Yamamoto Tadao, de Hamamatsu, s'avança.

– Monsieur le Chef de Bureau veuillez écouter mon cas.

Sa fille aînée était atteinte d'encéphalite post-vaccinale (antivariolique) et de séquelles entraînant des troubles graves de l'intelligence et des fonctions corporelles, avec persistance de spasmes. « Ma femme ne cesse de lui répéter : Dans quel état tu es ! Pourquoi devais-tu venir au monde ? » Sur ces mots, il se mit à pleurer de manière peu virile. On entendait pleurer M. Ueno aussi, de la province de Mie, il avait la voix tremblante de colère :

– Mon enfant a succombé à la suite d'une vaccination antivariolique. Je me suis adressé à la préfecture pour m'entendre dire : « Votre cas date de l'année dernière, c'est du passé. » L'administration n'attacherait-elle  pas  plus  de valeur à mes malheurs domestiques qu'à un chiffon de papier ? Le médecin consulté a déclaré que sans vaccination mon enfant ne serait pas mort.

M. Saiton Ben, de Kyoto, prit la parole :

–  Si l'État ignorait la souffrance de ces victimes et s'il ne s'en est pas préoccupé jusqu'à présent, il s'agit d'une immense négligence. S'il était au courant, ce n'est rien d'autre que de l'irresponsabilité. En fait, l'État était-il ou non au courant ?

Les parents des enfants victimes exposèrent leur cas l'un après l'autre.

Le Chef de Bureau de la Santé Publique Maranaka répondit :

–  J'ai bien écouté les récits de vous tous ; notre attitude est sans excuse. Je suis pleinement conscient de notre responsabilité. Quant à une modalité de secours, il en est fait état dans la prise de position même de l'association de recherche sur la prévention des maladies infectieuses, présentée sous forme de rapport intérimaire ; mais pour l'instant elle fait l'objet d'une enquête par les services publics intéressés. Le Ministre aussi ayant préconisé une modalité de secours, nous sommes aux prises avec ce problème. Nous vous demandons de nous accorder encore un peu de temps.

Le représentant de la Ligue Nationale demanda un entretien avec le Ministre Uchida, mais étant donné le calendrier chargé de celui-ci : conseil de Cabinet... une nouvelle rencontre fut décidée pour une date ultérieure.

Pour le Chef de Section, M. lshimaru, la modalité de la reconnaissance de la période de secours soulevait quelques problèmes.

– Au cas où le Ministère des Affaires Sociales accorderait des secours, ceux-ci s'imposeraient lorsque le lien de cause à effet apparaîtrait comme indéniable.

Face à cette position, nous désirions la mise en place d'un système de secours le plus rapidement possible.

Nous avions appris que M. lshimara n'occupait son poste que depuis assez peu de temps, mais il avait saisi ce problème à bras le corps dans le cadre de son Ministère. Cela dit, le zèle et la bonne volonté d'une seule personne ne pèsent pas lourd en face des centaines de morts et des millions d'accidentés des vaccinations préventives accumulés par la politique de prévention du Ministère des Affaires Sociales au cours de nombreuses années. Ce n'est pas un réajustement, mais une refonte complète de cette politique qui est nécessaire.

Quoi qu'il en soit, les membres de la Ligue, confiants dans la parole du Chef de Bureau, acceptèrent avec sérénité d'attendre la mise sur pied d'un système de secours.

Décision de mesures d'indemnisation

Jusqu'ici, malgré une lutte acharnée, les familles des victimes agissant isolément n'avaient rien obtenu de l'administration, ni en dix ans, ni même en vingt ans. Or, voici que tout se met à aller très vite compte tenu des lenteurs administratives. On s'entendait dire : « II n'y a pas de loi ad hoc, donc pas de secours. »

À présent, il est question de « mesures administratives » d'indemnisation. En un mois, le Ministre, après consultation du cabinet, est arrivé à une décision dans ce sens.

Voici l'essentiel de cette décision, concernant l'indemnisation des frais de traitements médicaux, des séquelles, des cas de décès :

Dispositions concernant les accidents des vaccinations préventives.
Appréciation du Conseil de Cabinet du 31 juillet 1970.

Une étude est en cours pour établir un système de secours permanent dans l'avenir concernant les mesures à prendre face aux accidents vaccinaux ; pour l'immédiat, comme mesure administrative urgente touchant les maladies, les séquelles et les décès dus aux accidents vaccinaux, l'État, avec la collaboration des pouvoirs locaux, adopte la politique suivante :

Degré d'infirmité déterminé par la loi d'assurance de rente sociale

 Age au moment où sont apparues les séquelles

 moins de 18 ans

 18 ans et plus

 1er degré

 2 700 000 yens 

 3 300 000 yens 

 2e degré

2 000 000 yens 

2 400 000 yens 

 3e degré

1 800 000 yens 

1 600 000 yens 

 

I. – Objet des mesures

  1. Les personnes ayant nécessité un traitement médical à la suite de maladies reconnues comme réaction secondaire de vaccination préventive (y compris les maladies dont le caractère de réaction secondaire laisse planer un doute, à l'exclusion des réactions secondaires habituelles) se verront attribuer une somme correspondant aux dépenses engagées à leurs propres frais. 
     
  2. Les personnes présentant des séquelles de maladies reconnues comme réaction secondaire de vaccinations préventives toucheront des sommes correspondant aux catégories suivantes : 
     
  3. Les ayants droit d'une personne décédée à la suite d'une maladie imputable à une réaction secondaire de vaccination préventive recevront : 
     
    Age au moment du décès : 
    – plus de 18ans : 2 700 000yens ; 
    – inférieur ou égal à 18 ans : 3 300 000 yens.

II. – Mise en œuvre de ces dispositions

L'État verse la moitié des sommes prévues au § 1 et demande aux pouvoirs locaux de payer la somme envisagée par l'État.

Par la même occasion, le Ministre des Affaires Sociales créa un comité d'étude des accidents vaccinaux ; les directives en furent établies en fonction des constatations des accidents vaccinaux et le personnel en fut désigné rapidement. Le Directeur du Comité fut le Professeur d'Université Takatsu Tadao, pédiatre.

Entre temps, la Section d'organisation des vaccinations préventives commença ses études de réforme systématique sous la direction de M. Ushimaru.

Réaction envers les mesures de secours

Ces dispositions du Ministère, pour rapides qu'elles fussent, soulevaient une foule de questions, aussi se heurtèrent-elles à une violente opposition de la part des membres de la Ligue, qui se proposaient de se rendre au Ministère en compagnie de leurs enfants (en fait, la marche avec les enfants infirmes n'eut pas lieu). L'allocation unique fut jugée trop faible, la réduction d'indemnisation pour les décès de longue date et l'attribution de frais de traitements médicaux aux seuls cas les plus récents soulevèrent un mécontentement général de la part des victimes. Un des parents s'exprima comme suit :

« L'indemnité est  ridiculement faible. Sacrifiées à la politique d'État, longtemps négligées, les souffrances des victimes sont absolument incurables. Le Ministère des Affaires Sociales, chargé de veiller sur la santé de la population, croit-il sa responsabilité éteinte moyennant une telle indemnité ? »

 Un système de rente est-il absolument souhaitable? Va-t-il s'en tirer avec une somme globale envers la victime d'une grave séquelle, incapable de  vivre  sans  l'assistance  des parents? Nous demandons un secours à vie.

Voici l'opinion de M. Nomura Yoshihiro, de l'Université métropolitaine :

« C'était bien d'avoir enfin un système de secours. Mais je pense que les indemnités sont trop faibles. En termes de violation de la vie, le problème est le même qu'un décès dans un accident de la circulation ou lors d'une opération entachée d'erreur, l'indemnité doit donc être calculée de la même manière. S'il n'en fut pas ainsi, c'est parce que, comme l'indique le terme prétium doloris (préjudice moral), le versement d'une somme d'argent ne résulte pas d'une responsabilité de l'État, mais représente une faveur. Les vaccinations préventives imposées à la population peuvent avoir un effet néfaste chez certaines personnes, comme on peut le prévoir statistiquement ; c'est pourquoi un État équitable, conscient de sa responsabilité, doit établir rapidement un système d'indemnisation totale. »

Des critiques analogues furent souvent exprimées par d'autres personnes, mais ce système de secours fut mis en route. Cependant, depuis cent ans que la vaccination antivariolique existe au Japon et depuis l'entrée en vigueur il y a vingt-deux ans de la loi vaccinale d'après-guerre, la politique de mépris vis-à-vis des victimes des vaccinations s'écroula avec fracas, c'est certain. Les temps commençaient à changer.

Le 7 août 1970, l'hebdomadaire « Shûkan Dokubai » publia la photo du jeune Takada Masao et rapporta les propos de son père.

Un jour que M. Seisa tenait son cher enfant dans ses bras, il lui murmura à l'oreille : « Petit, c'est toi qui as secoué le Ministère des Affaires Sociales. Ce fut un début pour le bien de la société. »

(Traduction de M. SAHAGUIAN)


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