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Accueil Page mise à jour le 02/08/2013

Bulletin de Janvier 1991

Publicité mensongère pour le R.O.R.

sur France-Inter (automne 1990)

Nous avons été particulièrement choqués par la publicité diffusée sur France-Inter concernant les vaccinations contre la rougeole, les oreillons et la rubéole (ROR).
Le texte de cette annonce, « une seule vaccination entre 12 et 24 mois, c'est trois maladies que vos enfants n'auront pas », fait croire abusivement qu'un enfant vacciné est un enfant protégé, ce qui est une affirmation mensongère.
Aucun des vaccins connus actuellement n'est efficace à 100 %. En ce qui concerne le vaccin R.O.R. son inefficacité est patente.

  • Deux épidémies se sont produites au Canada en avril et août 1987. L'une touchait 18 enfants dont 17 avaient été vaccinés, l'autre concernait 5 575 cas dont 60 % étaient des sujets bien vaccinés.
     
  • En Uruguay en 1977, en dépit d'une campagne nationale de vaccination contre la rougeole, une épidémie a entraîné la mort d'au moins 15 enfants et 150 ont dû être hospitalisés, malgré une couverture vaccinale de 82 % dans les campagnes et de 90 % dans la capitale.
     
  • Aux USA en 1988 l'épidémie de rougeole atteint 137 enfants, dont 114 dans une réserve indienne présentant présentant une couverture vaccinale de 94,7 %.
     
  • Et tout récemment, JAMA s'alarme d'une épidémie de rougeole observée en milieu scolaire malgré une couverture vaccinale de 94 %... « Parmi les 218 rougeoles certaines, 182 (83,4 %) concernaient des sujets correctement vaccinés. »

NOS ACTIONS :

  • Nous sommes donc intervenus auprès de la Direction Générale de la Santé, du Ministère, de l'Institut National de la Consommation (INC) et du Bureau de Vérification de la Publicité (BVP). Nous avons transmis notre action à Que Choisir Santé, tout nouvellement créé.
    Nous avons reçu deux réponses :
    • de l'INC qui transmettait à la commission chargée du contrôle de la publicité radio et TV, laquelle nous a adressé un courrier très aimable et a transmis au Ministère ainsi qu'au Comité d'Éducation pour la Santé qui ont conjointement élaboré le message ;
    • par ailleurs une journaliste de Que Choisir Santé s'est déplacée pour une interview en vue d'un tout prochain article sur les vaccinations.
  • Nous avons mené une action auprès de 500 médecins, en leur envoyant la copie de l'article de JAMA (Journal of American Medical Association) et de nos courriers à la Direction Générale de la Santé.
    Un certain nombre d'entre eux nous ont répondu et ont commandé le n° 92 dans lequel nous traitons de ce sujet.


Épidémie prolongée de rougeole

malgré une bonne couverture vaccinale

Une épidémie de rougeole a été observée en milieu scolaire malgré une excellente couverture vaccinale. Il semble qu'une minorité de malades vaccinés a présenté une réaction immunologique de type secondaire, en faveur d'une atténuation de l'immunité postvaccinale.

L'incidence de la rougeole est actuellement en augmentation aux États-Unis : plus de 14 000 cas ont été déclarés en 1989 contre 1 497 seulement en 1983. Environ 40 % des cas récents ont eu lieu chez des lycéens vaccinés. Selon la plupart des spécialistes, ces cas seraient dus le plus souvent à un échec primaire de la vaccination, c'est-à-dire à l'absence de séroconversion après l'injection de vaccin. Toutefois, les études sérologiques ont toutes montré que la majorité des individus présentent une séroconversion postvaccinale. Les rougeoles chez les sujets vaccinés pourraient donc s'expliquer, du moins dans certains cas, par une diminution progressive de l'immunité après une séroconversion initiale (échec secondaire de la vaccination).

La survenue, dans un comté du Wisconsin, d'une épidémie en milieu scolaire a permis d'examiner cette hypothèse. Entre le 1er janvier et le 1er septembre 1986, il y eu 218 cas de rougeole certaine ; 122 cas ont été confirmés par les tests sérologiques ; les 96 autres malades n'ont pas fait l'objet d'examens sérologiques mais remplissaient les critères diagnostiques cliniques des Centers for Disease Control (cas CDC+). Dix-sept autres sujets ont eu une rougeole probable : après un contage, ils ont présenté une éruption qui ne remplissait pas les critères des CDC (cas CDC–), et qui n'a pas conduit à des tests sérologiques.

Épidémie en milieu scolaire malgré une couverture vaccinale de 94 %

Parmi les 218 rougeoles certaines, 182 (83,4 %) concernaient des sujets correctement vaccinés ; 13 patients (6 %) n'avaient jamais été vaccinés et 21 (10 %) avaient été vaccinés une seule fois avant l'âge de 12 mois. Parmi les 17 rougeoles probables, 16 ont eu lieu chez des sujets vaccinés. La tout première malade était une lycéenne de 15 ans qui avait été vaccinée deux fois, à 12 mois puis à 8 ans. Treize de ses compagnes de classe, toutes vaccinées, ont présenté une éruption 11 à 16 jours après le début clinique de sa maladie. L'épidémie s'est alors généralisée, touchant 30 écoles au total. La grande majorité (85 %) des 218 rougoles certaines ont eu lieu chez des sujets d'âge scolaire (5 à 19 ans) ; 94 % de ces enfants et adolescents avaient été vaccinés.

Les rougeoles frustes ont été nettement plus fréquentes parmi les sujets vaccinés ; il y a eu 15 % des cas CDC– parmi les sujets vaccinés contre 3 % parmi les sujets non vaccinés. Au total il y a eu 30 cas de rougeole fruste ; 13 ont été confirmées sérologiquement et 17 étaient des rougeoles probables. Dans la majorité des cas, les formes frustes se caractérisaient par une température normale ou peu élevée (les CDC exigent 38,3°C, au moins).

Dix cas de rougeole sans IgM parmi les sujets vaccinés

Une recherche d'IgM spécifiques dans deux prélèvements sérologiques a pu être réalisée chez 14 malades non vaccinés et chez 95 malades vaccinés. Chez les premiers, elle a toujours été positive. Par contre, chez 10 sujets vaccinés (11 %) cette recherche est restée négative malgré l'utilisation de deux techniques de détection différentes (immunofluorescence indirecte et hémagglutination).

Puisque la production d'IgM peut être éphémère dans les rougeoles primaires, l'intervalle de temps qui a séparé le début de l'exanthème et les prélèvements sérologiques a été comparé chez les malades IgM positifs et IgM négatifs ; aucune différence n'a été mise en évidence. Il semble donc que les sujets IgM négatifs ont présenté une réaction immunologique de type secondaire.

Les rougeoles IgM négatives ont souvent été frustes (60 % des cas, contre 6 % des formes IgM positives. Par contre, la comparaison entre les malades vaccinés IgM positifs et ceux IgM négatifs n'a pas mis en évidence de différences concernant l'âge, le sexe, l'âge au moment de la vaccination ou l'intervalle de temps écoulé depuis la vaccination. Par rapport aux malades vaccinés et non vaccinés IgM positifs, les malades vaccinés IgM négatifs avaient des titres d'anticorps antirougeole (mesurés par hémagglutination) significativement plus élevés.

Ainsi, lors de cette épidémie, certains sujets, minoritaires il est vrai, ont présenté une rougeole fruste IgM négative, évoquant une réaction immunologique de type secondaire. Ces cas pourraient s'expliquer soit par une efficacité initialement insuffisante du vaccin, qui induirait une immunité partielle non protectrice, soit par une atténuation progressive de l'immunité après une séroconversion de bonne qualité. Deux études récentes sont en faveur de la deuxième hypothèse ; elles décrivent au total dix observations de rougeole survenue plusieurs années après une vaccination responsable d'une séroconversion prouvée. Il faut toutefois noter que, dans la présente étude, le temps écoulé depuis la vaccination est comparable ches les sujets IgM positifs et IgM négatifs.

Si l'hypothèse d'une atténuation de l'immunité postvaccinale se confirme, une multiplication du nombre d'injections de vaccin antirougeoleux destinée à maintenir l'immunité à un niveau protecteur sera peut-être envisagée.

Mild measles and secondary vaccine failure during a sustained outbreak in a highly vaccinated population, par M. Bruce Admonson, MD ; David G. Addiss, MD, MPH ; J. Todd McPherson, MS ; Jeffrey L. Berg ; D. Richard Circo, MS ; Jeffrey P. Davis, MD (JAMA, Vol. 15 N° 210 du 15 septembre 1990 ; 263 ; 2467-2471).

 


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