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Août 1998

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Extraits du sommaire

Le prétexte ordinaire de ceux qui font le malheur des autres est qu'ils veulent leur bien.
VAUVENARGUES

 

 

 

 

Mis en ligne le 03.02.2008

 


Grippe et vaccination

A l'instar du Beaujolais nouveau, comme toutes les années, le vaccin nouveau contre la grippe va arriver. Il le devancera même puisqu'il est mis à disposition des consommateurs déjà fin septembre.
Malgré cette introduction, qui se voudrait humoristique, le sujet est sérieux.

Le dépliant édité par l'Assurance Maladie nous dit que « le seul moyen de protection efficace est la vaccination » et que « le virus de la grippe étant instable et se modifiant, un nouveau vaccin est mis au point chaque année, lui seul peut vous protéger contre la grippe ».

Sauf à croire sur parole le dépliant de l'Assurance maladie, comment peut-on connaître l'efficacité réelle du vaccin contre la grippe ? Tout simplement en lisant le rapport intitulé « Incidence de la vaccination antigrippale sur la consommation de soins ambulatoires des personnes âgées de 60 à 69 ans », établi par la C.P.A.M. de Nantes, et présenté lors du Congrès Epidémiologie et Santé, qui s'est tenu à Nancy du 3 au 6 juillet 1995.

Il est l'œuvre du Dr C. Peter, chef de service, et du Dr C. Frémont, directeur général de la C.P.A.M. de Nantes.

C'est donc un document très officiel.

Nous en reproduisons quelques passages :

Objectif :
« La C.P.A.M. de Nantes assure depuis 4 ans la prise en charge de la vaccination antigrippale chez les personnes de 60 à 69 ans sur son budget d'action sanitaire et sociale. Ce poste de dépense est passé de 243 762 F en 1990, à 697 845 F en 1993. Compte tenu de l'enjeu financier dans les années à venir, en considérant qu'en 1993 seulement un quart de la classe d'âge ciblée était couverte, il est devenu nécessaire d'évaluer l'efficience de cette action de prévention ».

Méthode :
« Les sujets vaccinés ont été comparés à des non-vaccinés pour leur consommation de soins ambulatoires pendant la période épidémique couvrant les semaines 47 à 50 de l'année 1993. Deux échantillons de 257 individus chacun ont été prélevés de façon aléatoire sur la base des 43 735 individus de la classe d'âge ».

Résultat :
« On observe que la proportion des individus qui n'ont pas présenté d'état grippal a été sensiblement la même dans les 2 groupes (86 % et 87 %), soit 86 % chez les vaccinés et 87 % chez les non vaccinés, ou dit plus clairement, 14 % des vaccinés ont eu la grippe contre 13 % des non vaccinés. »

Cet « effort de prévention » a coûté à la C.P.A.M. 697 845 F pour vacciner 12 034 personnes, soit 58 F par personne.

L'étude nous apprend aussi que la dépense moyenne des personnes grippées a été de 382 F chez les vaccinés et 294 F chez les non vaccinés (dépenses en consultations, visites, pharmacie, biologie) soit une différence de 88 F par personne au détriment des vaccinés.

  • première déduction
    S'il n'y avait pas eu vaccination, l'économie par personne aurait été de 58 + 88 = 146 F et pour l'ensemble des vaccinés 146 x 12 034 = 1 757 000 F.
     
  • deuxième déduction
    Si toute la classe d'âge avait été vaccinée le coût supplémentaire aurait été de 146 x 43 735 = 6 400 000 F.
     
  • troisième déduction
    Quand on sait que l'objectif des campagnes nationales de vaccination antigrippe vise à vacciner tous les plus de 60 ans et qu'ils sont 4 700 000 en France (source INSEE) le succès de ces campagnes signifierait une dépense supplémentaire pour la Sécurité Sociale de 146 x 4 700 000 = 686 000 000 F.

En ces temps de restrictions budgétaires, de nécessaires économies, de pénalités envers les médecins trop prescripteurs, ces chiffres donnent à réfléchir. Et ils sont basés sur les coûts de 1993 ; en 1998 il faudrait compter 15% de plus. Chacun peut en voir les conséquences sur l'augmentation de ses cotisations sociales.

Notons également que tous les chiffres correspondent aux dépenses de 4 semaines (47 à 50) et chacun sait que la grippe sévit tout l'hiver, soit 10 à 12 semaines.

Quant aux coûts induits à long terme ils sont inconnus, mais ils existent. D'ailleurs aucune étude à long terme n'est faite car jugée trop difficile, voire impossible. Donc on préfère continuer et rester dans l'ignorance de la réalité.

Une étude semblable avait eu lieu en Grande-Bretagne sur 50 000 employés des Postes. Le Lancet du 10 août 1974 fait état de résultats non probants (cité par S. Simon dans La Dictature Médico-Scientifique p. 176).

La vaccination est déjà entièrement gratuite pour les plus de 70 ans. Coût de la prise en charge par la CNAM : 200 000 000 F par an.

Au paragraphe « Certitudes et hypothèses », on peut lire :

« Cette étude nous avait conduit à formuler l'hypothèse que les vaccinés, parce qu'ils sont vaccinés, consommeraient moins que ceux qui ne le sont pas, durant la période épidémique. Sur cette dernière proposition des résultats indiscutables ont été obtenus. Avec une certaine surprise, on constate que ce sont les vaccinés qui consomment sensiblement plus que les non-vaccinés durant la période épidémique. C'est là le constat majeur de l'étude ».

Nous sommes bien d'accord, il est indiscutable que la vaccination antigrippe est, non seulement inutile, mais aussi coûteuse pour la société. Et ce n'est une « surprise » que pour ceux qui s'obstinent à ne pas voir la réalité, ou qui ont encore des illusions, car mal ou pas du tout informés, sur l'efficacité de cette vaccination (comme des autres d'ailleurs).

Terminons par la conclusion :

« La question de son utilité médicale dans la population ciblée reste cependant entière et permet d'entamer un débat sur l'opportunité de l'action de prévention menée par la C.P.A.M. ».

Souhaitons que ce débat ait lieu un jour prochain et qu'un responsable, non seulement de la Santé mais aussi des Finances, en prenne l'initiative.

Malgré ces éléments on n'hésite pas à écrire que « plusieurs études ont prouvé que le rapport coût/efficacité de cette vaccination est très positif »  (Notre Temps, Novembre 1997, interview du Pr P. Saliou, directeur médical de Pasteur Mérieux).

Pour justifier les mauvais résultats et disculper le vaccin (dont « l'efficacité » varie selon les sources et les spécialistes de 40 à 80 %, voire proche de 100 % pour les plus optimistes) on parle de syndromes grippaux, de viroses hivernales et autres affections qui n'ont rien à voir avec la « vraie grippe ». Bien sûr après vaccination vous pouvez avoir une « grippette » de toute façon bien moins grave que sans vaccination, mais on attend toujours les preuves scientifiques.

La vraie grippe, elle, ne représenterait que 5 % des maladies virales de l'hiver, il en reste donc 95 % pour lesquelles le vaccin n'a aucune utilité.

Les virus de la grippe mutant très rapidement, il faut changer de vaccin tous les ans. Celui de l'automne 1998 a été déterminé en début d'année sur des relevés faits de mi-septembre à décembre 1997, en espérant que les virus n'aient pas changé entre temps. Ce qui n'empêchera pas la production de 8 000 000 de doses pour la France seule.

La stimulation annuelle des défenses immunitaires n'est pas sans inquiéter certains spécialistes clairvoyants, mais selon le  refrain  bien connu....  pour le  moment il  n'y a pas de preuves scientifiques (que l'on se garde bien de chercher).

Cette vaccination est contre-indiquée officiellement aux personnes allergiques à l'albumine de l'œuf et aux femmes enceintes de moins de 3 mois.

Vous savez maintenant à quoi vous en tenir. Et gageons que M. Galabru qui prête son concours à la campagne publicitaire et pour qui « à cause de la grippe ce serait bête que tout s'arrête » ne connaît pas l'étude de la C.P.A.M.


 

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