S'informer, choisir, assumer.

Accueil Page mise à jour le 05/08/2009

R & V - Février 2005 - page 10

Le vaccin au royaume d’Ubu

Alors que, partout dans le monde, les laboratoires diffusent une publicité éhontée pour le vaccin contre la grippe, affolant des populations entières, près de la moitié des doses de vaccins qui devaient arriver sur le marché américain sont inutilisables.
En effet, la chaîne de fabrication de la firme Chiron a été contaminée par la Serratia marcescens, bactérie qui engendre des infections urinaires, respiratoires, ophtalmiques et infecte également des plaies. Elle est responsable d’infections nosocomiales dans les hôpitaux.

Le laboratoire Chiron réside en Californie, mais son usine est implantée à Liverpool. C’est lui qui fournit plus de la moitié des vaccins anti-grippaux aux Etats-Unis, les autres venant d’Aventis-Pasteur (54 millions de doses) et 2 millions de doses de MedImmune, sous la forme d’un vaccin nasal appelé FluMist, approuvé par la FDA alors que des études ont montré que, dès la première dose, le vaccin multiplie par 3,53 les risques d’asthme chez les jeunes enfants. Mais les risques engendrés par les vaccins n’ont jamais empêché les laboratoires de « faire des affaires ».

Ainsi, la mauvaise nouvelle est arrivée de Grande-Bretagne. On attendait la livraison de 100 millions de doses du vaccin lorsque, à la fin du mois d’août, Chiron avertit la FDA et son homologue britannique, la MHRA, que certains lots fabriqués à Liverpool étaient contaminés. La firme ne pouvait, dès lors, ne fournir que 48 millions de doses au lieu des 100 millions attendus. Les contrôles se sont renforcés depuis et, le 5 octobre 2004, les autorités britanniques ont retiré la licence de Chiron, empêchant du même coup leur livraison de tout vaccin aux États-Unis.

La FDA (agence de sécurité sanitaire et alimentaire américaine) a confirmé la décision britannique. Julie Gerberding, directrice du CDC (Centre de contrôle et de prévention des maladies) a alors annoncé que le vaccin contre la grippe ne pourrait être fourni à tous, mais que ceux qui en ont impérativement besoin pourront recevoir les 20 millions de doses qui restent encore en stock.

Certains élus de la Chambre des Représentants reprochent à la FDA d’avoir trop fait confiance aux informations venant du fabricant (elles proviennent exclusivement d’eux), alors que la moitié des vaccins anti-grippaux du pays était en jeu. Ces discussions ont même été reprises par les candidats aux élections présidentielles Bush et Kerry, ce dernier accusant Bush de ne pas avoir été prévoyant, et promettant aux citoyens une meilleure couverture vaccinale. La-bas, on fait feu de tout bois pour gagner, et l’on ne peut que s’inquiéter en apprenant que Kerry « protègera » mieux la population que Bush, qui est pourtant le champion favori des laboratoires. D’ailleurs, après avoir annoncé qu’il faudrait attendre trois mois avant d’avoir davantage de vaccins, il vient de déclarer qu’il en a trouvé quelques millions de doses supplémentaires. On pourrait se demander où et comment.

Les responsables de la santé du pays négocient actuellement avec GlaxoSmithKline, qui fournit 70 pays dans le monde, mais pas les États-Unis. Cependant, la discussion ne porte que sur 200 000 doses, une part infime des 50 millions de doses supplémentaires que réclame ce pays.

La demande grandissante de cette « panacée » vient de la propagande du CDC qui a répandu la peur et l’angoisse parmi les citoyens. La saison précédente, le CDC avait ciblé pour ce vaccin les personnes de plus de 65 ans et les victimes de maladies chroniques. Cette année 2004, il a aussi recommandé la vaccination pour les enfants de moins de deux ans et, en avril, il a envisagé des vaccins pour les groupes de 18 à 49 ans. Cette frayeur de la maladie a conduit des milliers de personnes à faire la queue à travers le pays afin d’avoir droit au vaccin salvateur et a déclenché des crises d’hystérie dans tout le pays.

Chaque année, le CDC essaie d’anticiper sur le type et l'ampleur de la grippe qui va s’abattre sur le pays, et procure les cultures de virus aux fabricants. Il proclame que le virus de la grippe est extrêmement contagieux et cause 36 000 morts et 200 000 hospitalisations par an, alors qu’aucun rapport n’indique le chiffre exact de décès chez les adultes, car cette maladie n’est en général pas rapportée au CDC.

Ce chiffre est d’autant plus difficile à connaître que le CDC publie en même temps les cas de grippes et ceux de pneumonies, faisant l’amalgame entre les deux maladies. En vérité, les derniers chiffres concernant seulement la grippe, les vrais, annoncés aux professionnels de santé, sont : 1 665 pour l’année 1999, 1 765 pour 2000, 257 pour 2001, et 753 pour 2002. Nous sommes donc loin, très loin, des prévisions de 36 000 et mêmes 47 000 cas prévus pour cette année et annoncés à la presse et au public. Nous pouvons ainsi constater le flagrant délit de mensonge !

Quant aux jeunes enfants, le CDC estime que, de 1990 à 1999, une moyenne de 92 morts par an chez les enfants de moins de 5 ans peut être attribuée à la grippe. Durant la période de grippe située en 2003-2004, 135 enfants sont décédés, 59 d’entre eux étaient vaccinés.

De plus, il est notoire qu’en 2003-2004 le vaccin n’a pas été très efficace et a eu peu d’impact sur le personnel de la santé. En outre, entre octobre 2003 et avril 2004, le CDC a identifié 863 virus différents de la grippe. Il est évident que le vaccin ne peut protéger de tous ces virus à la fois. Comme le constatait Impact quotidien du 27 mai 1997 (n° 1064) : « La protection qu’offre le vaccin n’est pas parfaite, la fabrication n’est pas flexible et s’adapte mal aux mutations du virus ».

Le Dr Greg Poland, de la Clinique Mayo, a prédit que cette année, la grippe serait la pire depuis 30 ans et qu’il risque d’y avoir de 50 000 à 70 000 décès. Ces chiffres sont tout à fait fantaisistes, mais ils impressionnent les gens non avertis. Cependant, les décès ou accidents n’ont pas attendu la grippe pour se produire.

La crainte de ne pas pouvoir recevoir le vaccin salvateur a généré un vent de panique qui a soufflé sur tout le territoire américain au cours du mois d’octobre. Les gens, particulièrement des vieillards, se sont précipités vers les cliniques, hôpitaux et centres de soins installés dans les grandes surfaces. Leurs parkings sont devenus de véritables « cours des Miracles », avec des malades en chaise roulante ou s’appuyant sur des béquilles, certains portant un masque à oxygène, des enfants dormant enroulés dans des couvertures. Certains se sont battus pour essayer de gagner une place dans la file d’attente, d’autres se sont évanouis car la chaleur était accablante. Nombreux étaient les vieillards qui faisaient la queue devant les pharmacies ou centres de distribution des vaccins depuis l’aube, quelques-uns dès la nuit précédente.

Une femme de 79 ans est décédée après s’être cogné la tête en tombant, plusieurs ont été hospitalisées après s’être évanouis. À Bloomfield, dans le New Jersey, les officiels de la santé projettent d’enregistrer des candidatures pour une loterie, afin de trier les privilégiés qui auront droit aux 300 doses de vaccin attribuées à la ville pour les gens âgés. « La loterie est le moyen le plus équitable pour distribuer ces vaccins », a déclaré l’un des responsables de la santé de cet état. 

Des centaines de gens se sont bousculés dans des centres de distribution pour obtenir une dose parmi les deux ou trois cents dont disposait le magasin. Chacun possédait son ticket pour passer à son tour, certains avaient déjà tenté l’expérience en d’autres endroits. Une femme a été arrêtée en Louisiane pour avoir insulté un officier de police qui essayait de repousser la foule, environ six cents personnes, essayant d’obtenir 250 doses de vaccin. 

La panique était générale. « A Kanawha, plus d’un quart des 200 000 habitants sont habitués à être vaccinés chaque année, a expliqué le Dr Kerry Gateley, directeur du Centre de Santé de Kanawha-Charleston Health Department. Mais cette année, seules 12 000 doses ont été disponibles ».

Sur le parking du grand magasin Kroger, dès 7 h 30 du matin, plus de 400 personnes attendaient dans une file. Kroger, qui disposait de 350 doses, les attribua aux gens âgés et à risque. La plupart d’entre eux étaient dans  des chaises roulantes.

Seulement 250 doses du vaccin étaient disponibles au supermarché Albertson’s de Tampa, en Floride, Suzanne Moore, 65 ans, chauve à cause d’une chimiothérapie, avait le n° 221 de la liste. “Je suis particulièrement concernée, j’ai un  cancer et il est vital pour mon système immunitaire d’avoir cette injection”. Nous ignorions que le vaccin restaurait le système immunitaire des cancéreux, bien au contraire. D’ailleurs, le Dr Albert Schweitzer (prix Nobel en 1952) avait remarqué que les premiers cancers en Afrique étaient apparus cinq ans après les premières campagnes vaccinales.

Quant à India Rush, elle conduisait son petit-fils asthmatique, âgé de 5 ans, Marcus Smith. Tous deux étaient arrivés au magasin à 3 h 40 du matin. « Son pédiatre n’avait plus de dose. Il va manquer la classe ou sera en retard, mais tant pis, que puis-je faire ? ». Elle aussi ignore que si le vaccin nasal multiplie par 3,53 les risques d’asthme chez les enfants, le vaccin classique n’améliore pas, non plus, les asthmatiques.

Durant cette période, les gens se bousculaient, s’accusaient les uns les autres de vouloir passer avant leur tour. Rebecca Chen a passé la nuit dans le parking du magasin Safeway à San Francisco, afin d’obtenir le vaccin pour ses parents. « Ma mère est très malade, elle a un cancer, mon père a 76 ans, a un diabète et de nombreux autres problèmes de santé. J’ai passé ma nuit, mais je leur ai probablement économisé 10 nuits à l’hôpital », raconte Chan, 42 ans. Qu’en sait-elle ?

Les médecins n’ont pas fait grand chose pour calmer cette hystérie collective. Bruce Miller, 69 ans, cardiaque, a expliqué : « Mon médecin m’a confirmé que la situation est désespérée, ils n’ont même pas les doses nécessaires pour leurs propres employés, ils n’en auront donc pas pour ma femme et moi. Nous nous sommes moqués des Russes qui faisaient la queue pour obtenir du papier toilettes, mais ici les gens se battent pour obtenir un produit de santé de base ». Les médecins et les infirmières sont menacés de prison s’ils vaccinent des gens qui ne font pas partie des groupes dont la vaccination est « urgente ».

On peut ainsi constater que la pression des laboratoires est telle que pour ce peuple, le vaccin est un problème majeur de santé.

À les écouter, si vous n’êtes pas vaccinés vous allez mourir. Chacun a oublié que l’an dernier la même tactique a été utilisée, alors que les vaccins étaient en surnombre. Plus tard, les Américains ont appris que le vaccin utilisé était, en vérité, inutile, car il ne correspondait pas au virus de cette année-là. Mais qu’importe !
Les laboratoires ont augmenté leur chiffre d’affaires et cela est la seule chose à retenir.

Très peu de médecins sont vaccinés contre la grippe. Médecine et enfance de novembre 1997 s’interroge : « Alors qu’ils sont d’excellents avocats de la vaccination auprès de leurs patients, les médecins ne semblent pas, en revanche, être convaincus de son utilité pour eux-mêmes ». Comme on les comprend ! Ils sont bien placés pour savoir que ce vaccin est inutile. Sans doute sont-ils au courant des résultats d’une étude faite sur cinquante mille employés des postes vaccinés contre la grippe et publiée par The Lancet du 10-8-74 : « [...] Les résultats jusqu’à présent obtenus démontrent que l’offre annuelle d’une injection du vaccin dans une vaste industrie n’a pas entraîné une réduction significative de la maladie ».

N’oublions pas l’expérience tentée en 1993 par la Caisse d’assurance maladie de Loire-Atlantique qui a voulu étendre le bénéfice de la vaccination gratuite à 43 000 assurés sexagénaires, et qui a dû arrêter l’expérience en constatant qu’à cet âge les vaccinés consultaient plus et dépensaient plus que les non-vaccinés (23 % de plus en consultations, visites, pharmacie).

Non seulement ce vaccin protège peu, mais les mises en garde provenant de médecins ou de revues médicales réputées, sont très nombreuses. D’ailleurs, Jama (vol. 263 - 1990), Pediatrics (vol 91 - 1993) et Le Concours médical (vol 116 - 1994) recommandent de faire au préalable un test cutané en milieu hospitalier sous surveillance, à proximité d’une unité de soins intensifs, avec de l’adrénaline à portée de main et un personnel médical et paramédical entraîné, ce qui n’est jamais fait, mais prouve la dangerosité du vaccin.

Nous ne pouvons donc être surpris d’apprendre que dans un établissement médico-social de Zurich, 31 personnes sont décédées de la grippe en janvier 1998. La plupart avaient été vaccinées à l’automne (cf.  Le Quotidien du médecin, 13 février 1998). Le vaccin aurait-il un rapport avec ces décès ? 31 personnes décédant à la même époque, dans le même établissement, relève d’une « curieuse » coïncidence !

Le Dr C. Knippel, de Gennevilliers, a été sollicité à plusieurs reprises par des entreprises pour organiser des campagnes de vaccination antigrippale, et  Le Concours médical a publié le 12 octobre 1996 sa réponse : « J’ai réfléchi avec ces données sur la vaccination antigrippale du sujet normal : il s’agit d’une vaccination contre une maladie non mortelle qui est appelée à être répétée tous les ans, c’est-à-dire qui va stimuler de façon répétée sur des dizaines d’années, des cellules très proches, et je pense qu’on ne peut exclure le risque d’un “échappement” aux régulations physiologiques de la multiplication, soit le risque d’une prolifération non limitée de cellules immunocompétentes ».

Il convient de rappeler l’échec du vaccin contre la grippe porcine, en 1976, aux Etats-Unis. À la suite du décès d’un jeune soldat, la panique a été exploitée et la vaccination brandie comme le seul remède salvateur. Aussi a-t-on pratiqué une vaccination massive sur quarante millions de personnes. Ce fut pour le Président
Ford un heureux coup électoral. Cependant, on dénombra très rapidement une centaine de morts et plus de 400 cas de paralysie type Guillain Barré. La campagne fut aussitôt suspendue et les Américains découvrirent le scandale. Outre les cas officiellement déclarés, le vaccin provoqua 1 300 réactions adverses telles que de sévères complications neurologiques, des maladies de Parkinson, des inflammations articulaires et de multiples scléroses.

Or, les milieux officiels étaient parfaitement au courant de ces dangers autant que de l’inefficacité du vaccin. « Ils ont menti depuis le début en affirmant que le vaccin était efficace, alors qu’ils n’en avaient aucune preuve », constatait le Dr Hermann dans le National Inquirer du 2 janvier 1977, qui relata toute l’affaire.

Entre le 9 et le 20 janvier 2004, 17 personnes âgées de plus de 90 ans ont manifesté des symptômes pulmonaires disparates, et 9 d’entre elles sont décédées, victimes de la grippe. Or, elles avaient toutes été vaccinées.

Philippe Blanchard, directeur de la Ddass, n’a rien trouvé de mieux à dire à ce sujet que « chez les personnes âgées, le vaccin est peu actif ». Nous sommes ravis de l’apprendre, étant donné les campagnes éhontées faites en sa faveur, mais s’il est « peu actif » pour protéger de la grippe, il est particulièrement actif pour tuer en toute légalité.

De toute évidence, le vaccin contre la grippe est une affaire strictement commerciale.

Heureusement, l’affaire Chiron risque d’épargner 50 millions d’adultes et d’enfants de recevoir 25 microgrammes de mercure, soit 250 fois la dose estimée limite avant d’agresser le système nerveux.

Il faudra surveiller les cas de grippe de l’année 2005 pour voir si ce manque de vaccin aura un effet sur la santé de la population américaine. Normalement, les cas et les décès devraient doubler. Peut-être aurons-nous des surprises.

Une autre question se pose : avant le retrait des doses contaminées, Chiron avait envoyé en août aux États-Unis 6 millions de ces doses, qui sont maintenant stockées dans les hangars des distributeurs, en quarantaine, mais hors contrôle des autorités. Cependant, Norman Baylor, qui dirige un département de vaccin à la FDA, a confirmé que 27 cargaisons sur les 60 envoyées par Chiron, ont été mises en circulation avant la découverte de la contamination. Et on ne sait pas exactement combien de doses peuvent être produites à partir de chaque cargaison.

Sylvie Simon        

Haut de page | Mentions légales | Plan du site
Un site Xsalto