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R & V - Février 2005 - page 23

Le massacre des innocents

par Sylvie SIMON

Il est notoire que nombre de malades servent de cobayes dans le cadre de la recherche et que le corps médical a tendance à les considérer comme du « matériel humain ». Nous savons également que des expériences sont conduites sur des enfants appartenant à des ethnies pauvres, dans des pays du Tiers-monde. A présent, ces comportements sont devenus tellement courants que personne ne s’émeut plus, d’autant qu’on nous répète que ces essais sont nécessaires à « l’avancée de la médecine et au sauvetage de milliers de malades » . Il faut sacrifier certains pour le bien-être de la majorité. Par là, nous nous apparentons aux civilisations dites « sauvages » qui immolaient quelques enfants à leurs dieux. La science ayant remplacé la religion, il est normal que ces habitudes perdurent, sous d’autres noms évidemment, et de manière beaucoup plus raffinée.

Actuellement, des monstruosités que l’on peut comparer aux abominations commises par les nazis ou autres régimes totalitaires, de Lénine à Amin Dada, se passent aux Etats-Unis, pays réputé pour sa défense des libertés, et qui s’érige en directeur de conscience de la planète.

A New York, 23 000 enfants, tous issus de familles pauvres, sont placés dans des centres d’accueil sous la surveillance des autorités locales. Ils ont été retirés à leurs mères, droguées et séropositives, qui refusaient de leur donner des médicaments et 90 % d’entre eux sont d’origine noire ou hispanique.

Ces enfants, dont certains sont âgés d’à peine quelques mois, sont recrutés pour participer à un vaste programme national d’essais à long terme sur des médicaments toxiques contre le VIH. L’ACS (Administration for Children's Services), qui s’occupe des enfants, a été fondée dans les années 1990 par l’ex-maire républicain Rudi Giuliani. D’après les lois fédérales, les parents doivent donner leur consentement pour des essais sur leurs enfants, mais lorsque ces enfants sont confiés aux soins des autorités de la cité de New York et que la famille refuse de signer, c’est l’ACS qui signe à sa place.

Les services administratifs n’ont même pas besoin d’une décision de la Cour pour retirer les enfants de leur foyer et les placer dans des familles d’accueil afin de poursuivre les expériences. Les responsables affirment que les enfants ne sont engagés dans ces longs essais qu’après un long processus d’enquête, mais ils refusent d’en dire davantage. L’ICC (Incarnation Children's Center) est un centre d'adoption d’enfants abandonnés, administré par le Foyer Catholique sous la responsabilité de l'Archidiocèse de New York. Cet immeuble en briques rouges, situé à Washington Heights, à Harlem, est un ancien couvent. Les fenêtres ont des barreaux et une caméra surveille la porte d'entrée. Nous sommes loin de l’endroit idyllique décrit par la brochure de l’ICC qui signale « un sanctuaire d’amour, un centre de soins semblable à un véritable foyer » .
 
Fondé en 1987 pour recueillir des enfants pauvres issus de mères toxico-dépendantes, il est devenu en 1992 un centre d'expériences sur des orphelins séropositifs au VIH. Il est indirectement sponsorisé par le NIH (Institut National de la Santé) et par des compagnies pharmaceutiques, dont GlaxoSmithKline, Pfizer, Chiron, Genentech et d’autres qui fabriquent les médicaments classiques contre le sida, bien connus pour leurs effets toxiques et potentiellement mortels. Ces produits sont pourtant administrés « à des doses plus élevées que la posologie habituelle » à de très jeunes enfants.

Ainsi, le Retrovir® (AZT) de GlaxoSmithKline provoque de graves problèmes hématologiques, anémie, neutropénie et leucopénie, sans compter les nausées, céphalées, douleurs abdominales, anorexie. Son usage prolongé entraîne des myopathies. L’Epivir®, encore de GlaxoSmithKline, provoque des pancréatites, le Zerit®, de Bristol-Meyers Squibb, peut engendrer des acidoses lactiques parfois fatales, la Viramune®, de Boeringer-Ingelheim, entraîne de sévères lésions du foie et des nécroses épidermiques.

Actuellement, la plupart des enfants de l’ICC sont sous Kaletra®, des laboratoires Abbott, qui a été approuvé hâtivement alors qu’il est encore à l’étude et dont on ignore la plupart des effets secondaires. Cependant, les fabricants eux-mêmes signalent dans la notice que l’un de ses ingrédients, le ritonavir, donne le cancer aux animaux.

On ne connaît pas les effets à long terme de tous ces médicaments, mais les médecins savent que les patients traités par une thérapie anti-rétrovirale peuvent souffrir d'infections opportunistes et autres complications de la maladie du VIH.

Certains de ces médicaments, comme l'AZT, arrêtent la division cellulaire, mais peuvent provoquer la mort par anémie, des malformations congénitales, des dysfonctionnements du foie et du pancréas, l'atrophie des tissus musculaires, un ralentissement de la croissance responsable de la mort d'enfants et d'adultes. Ils peuvent également occasionner des cancers.

Les inhibiteurs de protéase interfèrent avec la capacité du corps à créer de nouvelles protéines et agissent donc sur les fonctions organiques. Les effets secondaires, souvent mortels, sont innombrables : malformations congénitales, graves disfonctionnements des organes, arrêts cardiaques, fonte des graisses sur le visage, les mains et les pieds, excroissances graisseuses sur le dos et les épaules, ballonnement du ventre.

Or, ces produits, censés éviter le sida à ceux qui sont infectés par le VIH, sont administrés à des enfants dont la séropositivité n’est pas certaine, loin de là, car les tests de dépistage de l'infection par le VIH sont extrêmement imprécis. La plupart des tests d'anticorps VIH peuvent être positifs sans que l’on soit infecté par le virus. La grossesse, les vaccinations, l'utilisation de drogues, les transfusions, l’insuffisance rénale peuvent fausser le diagnostic, sans compter toutes sortes de maladies, infections virales, rhume, grippe, arthrite, herpès, sclérose en plaques, cancer, et bien d’autres. Les tests sont tellement peu fiables que les notices explicatives contenues dans leur emballage reconnaissent qu’il n'y a pas de standard reconnu pour diagnostiquer la présence ou l'absence d'anticorps au VIH-1 dans le sang humain. En outre, il existe des individus positifs au test VIH qui ne sont pas malades et cette positivité au VIH, elle est loin d’être un arrêt de mort. D’ailleurs, les statistiques récemment publiées par le Department of Health de la ville de New York sont un cinglant démenti à l’affirmation que le VIH est toujours fatal. Le pourcentage de mortalité chez les enfants qui ont un test VIH positif, mais ne prennent aucune drogue anti-sida, est de 4 % seulement, ce qui indique bien que les médicaments anti-sida sont une véritable aberration. Il faut aussi préciser que ces essais ne permettent pas de trouver le moindre remède, mais plutôt de rechercher des causes de pathologies.
Ainsi une étude baptisée « les Effets du Traitement Anti-VIH sur l'organisme des enfants infectés par le VIH » consiste à rechercher les causes de « l'atrophie musculaire et de la lipodystrophie » (redistribution des graisses), en utilisant des médicaments qui provoquent la perte de la masse musculaire et la lipodystrophie ; et pour évaluer « la charge virale dans le fluide cérébro-spinaux » , il est nécessaire de pratiquer une biopsie de la colonne vertébrale, procédé dangereuse et intrusif. On peut en déduire que ces essais ne servent qu’à conforter les laboratoires dans leurs théories, mais surtout pas à guérir des malades. Le rapport risque-bénéfice, si souvent évoqué par la médecine chimique au sujet des graves effets secondaires, est donc nul.

Les complications rencontrées par Alain Fisher, dans le traitement par thérapie génique d’un grave déficit immunitaire du nouveau-né, jettent une ombre sur cette discipline. Après deux incidents dus aux virus utilisés pour introduire le « gène-médicament » dans l’organisme de nourrissons malades (ils avaient développé une leucémie), un troisième incident s’est déclaré malgré une modification de protocole, incitant l’Afssaps à demander que cesse l’expérience. « L’événement va nuire à l’image de ce champ de recherche » , craint le généticien Axel Kahn. Le Figaro, 02/02/05.

On pratique aussi des essais de vaccin expérimental sur les enfants testés VIH+ qui sont nés de mères séropositives. Là, il n’est pas besoin de recruter des volontaires par petites annonces, on les a sous la main, volontaires ou pas.

Depuis la fin des années 90, des centaines d'expériences ont été conduites sur les enfants recueillis par l’ICC, ainsi que d’autres menées à l'Hôpital presbytérien de l'université de Columbia dont dépend l'ICC. Le Dr David Rasnick, physiologiste, biologiste moléculaire et biochimiste de l’Université de Berkeley, a étudié les effets de ces drogues HIV sur les patients et particulièrement les enfants et estime qu’elles sont « létales » . « Ces enfants souffrent beaucoup. Ils ont des crampes, des diarrhées et leurs articulations enflent. Ils se roulent par terre de douleur et personne ne peut les aider » . Il est évident que ces enfants torturés souvent à mort sont choisis car ils sont incapables de se défendre. Les bourreaux nazis n’en faisaient pas plus.

Il est évident que les laboratoires qui financent ces recherches aussi cruelles qu’inutiles et prétendent qu’elles permettront de sauver des malades préfèrent ignorer les associations ou les simples personnes qui s’occupent de ces « orphelins du sida » , les soignent sans être influencés par le fait qu’ils sont « condamnés » à court terme et obtiennent de spectaculaires résultats. Ainsi, le père Angelo d’Agostino, qui a fondé au Kenya un hospice pour orphelins considérés comme séropositifs. Sans aucune administration de médicaments, il a opéré de véritables résurrections chez ces enfants résignés et sous-alimentés, seulement avec une alimentation saine et une bonne hygiène.

Il en est de même pour l’extraordinaire travail effectué par l’association « Partage-Tanzanie » , qui a constaté sur le terrain que les enfants malades guérissent indistinctement, qu'ils soient séropositifs ou séronégatifs, à partir du moment où ils sont correctement nourris et soignés. Dans les cas d'immunodéficience sérieuse, les médecins traitent les maladies opportunistes et les diverses infections, et restaurent l'immunité par une alimentation équilibrée et des compléments vitaminiques. Les résultats sont spectaculaires : parmi les 4 000 orphelins de Partage-Tanzanie, la mortalité est d’environ le tiers de la mortalité infantile nationale, et le quart de la mortalité infantile régionale.

Ces exemples, parmi bien d’autres, nous permettent de juger à quel point les malheureux enfants de l’ICC sont victimes de l’arbitraire des responsables de la santé publique américaine.

La BBC dénonce

A présent, le scandale a enfin éclaté au grand jour, grâce aux journalistes de la télévision britannique. Le 30 novembre 2004 à 19 heures 30, BBC Two a diffusé un documentaire appelé « Guinea Pig Kids » (Enfants cobayes). Jamie Doran, reporter à BBC Two, a interviewé de nombreux parents et proches et a réussi à obtenir quelques dossiers médicaux qui prouvent sans équivoque la participation active des enfants à ces essais.

Pendant l’enquête qui a duré neuf mois, la BBC a essayé d’obtenir des explications des responsables, mais personne n’a accepté de répondre. Vera Sherav, de la BBC, a précisé : « Lorsque nous avons essayé de parler avec les dirigeants du centre, nous avons été renvoyés à une compagnie de relations publiques qui a refusé de commenter ses activités » .

Quant à Glaxo SmithKline, les représentants interrogés par la BBC se sont contentés d’affirmer que ces essais, conformes aux lois en vigueur, correspondaient à des standards rigoureux et étaient conduits en accord avec les règles locales. Rien d’autre qui aurait pu ressembler à une quelconque compassion. Mais ce mot n’a pas cours dans le milieu des grandes industries pharmaceutiques. Toutefois, en dehors de tout sentiment humain, le traitement des enfants viole chacune des lois sur l’éthique et les expériences médicales, votées par la Cour internationale après la seconde guerre mondiale. Si ces méthodes sont « en accord avec les lois en vigueur » et « des standards rigoureux » , il est urgent de changer ces lois et standards, comme cela a été fait à Nuremberg. Jacklyn Hoerger, infirmière spécialisée en pédiatrie chargée de traiter les enfants, ne savait pas que les drogues qu’elle administraient étaient expérimentales et hautement toxiques. « On nous a prévenus que si les enfants vomissaient, s’ils ne pouvaient plus marcher, s’ils avaient la diarrhée ou s’ils mouraient, c’était uniquement à cause de l’infection par le VIH » . En vérité, c’étaient les médicaments qui les rendaient malades et les expériences menées sur ces enfants étaient méconnues par les familles ou les gardiens des enfants. Jacklyn découvrit plus tard que ceux qui essayaient de soustraire les enfants à ces pratiques risquaient d’en perdre la garde.

Elle en a fait elle-même la triste expérience. Cette infirmière a travaillé pour l’ICC au début des années 90. En 1996, par l’entremise du Catholic Home Bureau, elle s’est engagée dans un processus d’adoption de deux enfants séropositifs qui vivaient au Centre de Harlem. En 1998, Elaine, âgée de six ans, et Liz, quatre ans, sont venues vivre chez Jacklyn avec son mari et leur fille de 5 ans. Elle leur administra les posologies prescrites « à la lettre » pendant environ un an et fut à même de constater la dégradation de l'état de santé des deux fillettes. C’est alors qu’elle décida d’effectuer des recherches sur les drogues anti-rétrovirales et de consulter de nombreuses spécialistes, puis, forte de ces renseignements, elle a commis le crime impardonnable de retirer les drogues aux enfants, ce qui a immédiatement amélioré leur santé et a transformé leur angoisse en joie de vivre. Tout être sensé aurait agi de la sorte. Mais comme elle avait fait part de ses découvertes à leur médecin, le centre d'aide à l'enfance de New York en fut aussitôt informé, retira les enfants à leur mère adoptive et les renvoya dans un home d'accueil. Le rétablissement des enfants était un détail sans intérêt, seul importait qu'elles suivent le traitement. Jacklyn a aussitôt été traînée devant un tribunal pour abus sur enfants et n’a pas été autorisée à les voir depuis lors.

Vera Sherav, de la BBC, a demandé aux responsables de l’Alliance for Human Research Protection ce qu’ils pensaient de ces essais et s’ils les auraient acceptés pour leurs propres enfants. « Lorsque j’ai entendu pour la première fois cette histoire d’enfants cobayes, j’ai refusé de croire que cela pouvait arriver dans un pays civilisé, particulièrement les Etats-Unis, ou la propension à entreprendre des procès assure un degré élevé de protection » . Vera Sherav devrait savoir que l’habitude de ce pays de poursuivre des responsables devant les tribunaux ne concerne que ceux qui en ont les moyens, aussi bien matériels qu’intellectuels, donc ni les orphelins ni leurs modestes familles lorsqu’ils en ont.

L’émission Guinea Pig Kids a présenté des témoignages de parents qui craignent pour la vie de ces enfants, comme celui de Mona Newberg, enseignante dans les écoles  publiques de New York, titulaire d’une maîtrise d’éducation. Elle a adopté ses enfants, Sean et Dana, alors qu’ils étaient âgés de trois et six ans. Ils avaient été retirés de la garde de leur mère, droguée à l’héroïne. Mona était leur grand-tante et élevait déjà leur frère aîné, qui n’a jamais subi de test VIH, est en pleine forme et sert à présent dans la Navy.

En 2002, Mona a réussi à soustraire Sean de l’ICC. Il avait alors trois ans, prenait de l’AZT depuis l’âge de 5 mois sur les conseils des médecins de Columbia, et n’avait jamais encore mangé d’aliments solides. Depuis deux ans, il était nourri grâce à un tube relié à son estomac. A l’ICC, les infirmières lui administraient chaque jour de l’AZT, du Bactrim®, et six boîtes de nourriture spéciale. Jamais personne n’a eu l’idée de changer ce régime. L’enfant était toujours fiévreux, souvent comateux pendant 24 heures, il n’avait aucune envie de jouer et ne pouvait rester debout plus de dix minutes. Il s’affaiblissait de jour en jour. C’est alors que Mona décida de supprimer toutes les drogues. En deux mois, Sean récupéra des forces, put jouer avec d’autres enfants et reprit de l’appétit. Mona le faisait alors suivre par un naturopathe.

Elle en fut tellement heureuse qu’elle annonça, comme l’avait déjà fait Jacklyn Hoerger, ce changement à tout le monde, y compris aux médecins et infirmières. Le résultat ne fut pas long à attendre. Des représentants de l’ACC lui rendirent visite et l’obligèrent à aller consulter le Dr Howard à l’hôpital Beth Israel. Ce dernier ordonna alors que l’enfant soit soigné par une nouveau « médicament-miracle » la Nevirapine®.

L’effet fut immédiat. La santé de Sean se détériora très rapidement et toute l’amélioration des derniers mois disparut en peu de temps, au point qu’il fut hospitalisé d’urgence six mois plus tard. Lorsque Mona put enfin le ramener à la maison, elle arrêta toute prise de médicament. A nouveau la santé de l’enfant s’améliora, mais comme sa mère adoptive refusait de lui donner des drogues, il fut à nouveau placé de force à l’ICC et Mona dut se battre pendant un an et demi avec l’aide d’un avocat avant de le récupérer.

Au cours de ses visites, elle pouvait constater l’horreur que représentait l’internement dans cette institution. Lorsque les enfants refusaient de prendre les produits, les infirmières les penchaient en arrière et enfonçaient les pilules dans leur gorge. « J’ai remarqué que les enfants déambulaient avec des tubes qui dépassaient de leur chemise. Les enfants sanglés sur les chaises roulantes sont nourris ou drogués — ou les deux à la fois — avec un liquide lacté dispensé par le tube d'un cathéter qui disparaît sous leur chemise. Je pouvais deviner la douleur dans leurs regards absents, les yeux fixés dans le vide » . Ces tubes appelés G-tubes ou PEG (Percutaneous Endoscopic Gastronomy) sont placés dans l’estomac par un chirurgien. On branche ensuite une seringue sur le tube que l’on peut refermer avec un bouchon en plastique. C’est propre et pratique !

Mona Newberg poursuivit son témoignage : « Un jour, j’ai vu une infirmière qui portait un plateau plein de médicaments et seringues, et j’ai pu l’observer alors qu’elle versait les médicaments dans les tubes qui pendaient de l’estomac des enfants. Tous les enfants munis de tuyaux, ceux de trois ans comme les adolescents, absorbaient les produits de cette manière. Je me dis que tout cela ne devrait pas être légalement permis » .

Mona énuméra ensuite de nombreux enfants victimes de ces traitements : Amir, mort à six ans — dont l’estomac gonflé par l’AZT était énorme — Jesus, mort à 12 ans d’une crise cardiaque, Mia qui devint aveugle puis eut une crise cardiaque avant de mourir, Carrie morte à 14 ans.

Les téléspectateurs ont écouté avec horreur la déclaration d’un garçon qui a passé la plus grande partie de sa vie dans cette institution et qui a expliqué comment on lui faisait avaler des drogues dangereuses : « Mon ami Daniel a refusé, mais on lui a posé un tube dans l’estomac » .

En effet, Daniel, 14 ans, a un jour refusé de prendre les pilules qui le rendaient malade. Sa tante, alors présente, a essayé de justifier son geste mais on lui a expliqué que les médicaments avaient déjà été changés à trois reprises et que puisque Daniel s’entêtait, il ne restait plus que l’opération. « Si vous la refusez, nous vous ferons retirer la garde de l’enfant » . La tante a donc signé et quelques semaines plus tard, Daniel avait un tube qui pendait hors de son estomac.

Alors que Mona venait enfin de récupérer Sean, les médecins ont décidé de mettre sa fille Dana sous drogues bien qu’elle ne manifestât aucun signe de maladie. Dana avait passé les quatre premières années de sa vie à l’orphelinat de Hale House, qui participait à une étude sur l’AZT. Depuis son adoption, elle ne prenait pas de médicament, n’était jamais malade, mais les médecins estimèrent que ses cellules T étaient au-dessous de la normale et décidèrent de lui administrer plusieurs drogues légales : Viracept®, Epivir®, Zerit®, et Bactrim®. Deux mois plus tard, l’enfant avait mal au dos et à la tête, au point qu’il fallut l’amener au service d’urgence à Beth Israel, où l’on diagnostiqua un Syndrome de Langerhans, sorte de cancer qui endommage les vertèbres. On l’envoya ensuite à l’hôpital presbytérien de Columbia qui confirma le syndrome, associé au HIV. Bien qu’on ne trouve aucun lien entre les deux pathologies dans la littérature médicale, les médecins de l’hôpital affirmèrent qu’il s’agissait du sida et la mirent sous une lourde chimiothérapie. Ensuite ils ordonnèrent le Kaletra®, qui lui donna des haut-le-cœur pendant que son dos s’affaissait. On lui mit alors des attaches pour pallier ce désagrément et l’on continua à la droguer.
 
En janvier 2003, alors que l’enfant était enfin rentrée chez elle, l’hôpital appela l’ACS et leur signala que Mona mettait sa fille en danger en ne lui donnant pas tous les médicaments recommandés. Aussi, l’ACS retira Dana de la garde de sa mère et la confia à l’ICC. Les parents portèrent l’affaire devant la Cour de justice où le médecin soignant, le Dr Katherine Painter, dut témoigner. Elle énuméra tous les effets secondaires des médicaments, ce qui prouvait qu’elle les administrait en toute connaissance de cause. Comme le criminel nazi Eichmann qui se contentait d’obéir aux ordres, sans jamais les discuter. Mais il n’y a pas, pour l’instant, un autre tribunal de Nuremberg pour ce genre de tortionnaire.

Le ministère de la Santé envoya alors à l’Institut des inspecteurs qui déclarèrent qu’on ne pouvait forcer les enfants à absorber ces drogues contre leur volonté, mais après leur départ, les médecins ont prévenu les enfants qu’en effet, ils pouvaient refuser, mais qu’ils en paieraient alors les conséquences. Comme l’avoua l’un des enfants durant l’émission, les « conséquences » signifiaient la salle d’opération et le tube inséré de force dans le corps.

En août 2003, la fondation Make-a-Wish a offert à Dana une croisière aux Bermudes, mais l’ACS lui a refusé la permission de quitter le pays et a annulé ce voyage.

En novembre 2004, Dana, alors âgée de 16 ans, était toujours cloîtrée au Centre pendant que l’ACS lui cherchait une famille d’accueil payée pour lui faire avaler les drogues, tandis que sa mère adoptive essaie toujours de la récupérer malgré ses faibles moyens.

Le sang de son frère Sean est analysé régulièrement afin de vérifier s’il absorbe bien ses médicaments. Depuis sa naissance, cet enfant est sous drogues anti-sida. Il a 13 ans, pèse 22 kilos et mesure à peine plus d’un mètre vingt. Le film a également permis de découvrir que ce centre n’est pas le seul qui fonctionne de cette manière.

Les journaux anglais ont largement couvert l’information, mais en France les médias ne se sont attardés sur ces horreurs, alors qu’ils s’étendent largement sur les crimes crapuleux et règlements de compte de toute nature.

Liam Scheff enquête à son tour

En Grande-Bretagne, l’émission a fait grand bruit. Le 12 octobre 2004, l’Observer reprenait cette information sous la plume de Liam Scheff, qui avait déjà soulevé ce problème auparavant. Reprenant l’historique de l’affaire, ce célèbre reporter, qui a mené de nombreuses investigations dans les questions de santé, confirmait qu’une fois sous la coupe de l’ICC, ces enfants, la plupart orphelins, devenaient de parfaits sujets d’expériences avec la bénédiction du NIAID (National Institute of Allergies and Infectious Disease), extension de l’Institut National de la Santé. 

L’article précisait que les produits injectés aux enfants étaient connus pour attaquer la moelle des os, causer des mutations génétiques, des déformations du corps, des lésions du cerveau et de graves problèmes de peau. Liam Scheff dénonçait à son tour les pratiques chirurgicales de l’hôpital presbytérien de Columbia qui consistaient à introduire un tube plastique à travers la paroi abdominale afin d’y engouffrer les produits chimiques. Son reportage, qui donne froid dans le dos, illustre parfaitement la situation.

En octobre 2003, Liam Scheff téléphona à Caroline Castro, la directrice de l'ICC, pour l'interroger sur les expériences médicales. Elle lui répondit que L'ICC ne participait à aucune expérience. Quand il lui fit remarquer que le site Internet du NIH mentionnait l'ICC comme participant aux expériences médicales, elle se mit en colère, puis elle raccrocha le combiné.

Liam Scheff appela alors le Dr Katherine Painter, responsable de la direction médicale de L'ICC, qui accepta de lui parler.

« J'interrogeai le Dr Painter durant environ une heure. Elle répondit à mes questions d'un ton professoral et avec une extrême circonspection : J’évoquais la toxicité de l'AZT et elle admit qu'il y avait effectivement quelques problèmes, mais elle m'assura que les nouveaux médicaments les avaient résolus. […] Je lui ai alors demandé pourquoi ICC s’entêtait à saturer les enfants de médicaments, quand il existe des milliers de séropositifs qui ne sont pas malades ou se soignent par la naturopathie avec beaucoup de succès. Le Dr Painter me répondit qu'elle était au courant de ces cas qu'elle désignait par l'abréviation LTNP (Non-Progresseurs à Long Terme), qui est une expression utilisée dans les milieux autorisés du sida pour dissimuler une évidence que même le Centre de Contrôle et de Prévention de la Maladie admet : la majorité des personnes infectées par le VIH ne sont pas malades. La plupart des sidéens ont été révélés positifs par le décompte des cellules-T plutôt que par le diagnostic des symptômes de la maladie du sida » .

Liam Scheff évoqua alors les effets adverses de ces médicaments et le Dr Painter admit que les drogues anti-rétrovirales ont des effets adverses mais, fidèle à la croyance que l’infection VIH non traitée est un diagnostic mortel, Katherine Painter persista à affirmer que la thérapie anti-rétrovirale est le seul traitement qui réduise de manière significative la mortalité des patients infectés par le VIH. « On constate la séropositivité, dix ans plus tard la maladie et ensuite la mort inévitable » .

« Je parcourais mes notes qui s'empilaient : des dizaines d'études pharmacologiques durant lesquelles des patients ont trouvé la mort. Des décès provoqués par les seuls médicaments selon l'estimation même de leurs propres chercheurs. Je parcourais des yeux les notices médicales : attaque cardiaque, arrêt des fonctions vitales, atrophie musculaire, affaiblissement du système osseux, anémie, malformations congénitales, lésions de la peau, éruptions sanguinolentes, déformations et mort » .

Liam Scheff a précisé que lorsqu’il a demandé de pouvoir interviewer un responsable d'ICC, une infirmière lui a répondu que personne n'était disponible parce que « les enfants étaient tous infectés par la varicelle du poulet » . Il ne put s'empêcher de penser au vaccin contenant le virus actif de la varicelle du poulet.

« Je me suis quand même déplacé jusque-là. Ils n'ont pas voulu me laisser entrer, mais ils m'ont laissé une brochure. Elle était illustrée par des photographies en noir et blanc de leurs patients qui montraient exactement ce que j'avais vu : des enfants drogués, meurtris, le ventre transpercé par un tuyau. A l'intérieur de ce prospectus, il y avait une photo pleine page montrant un plateau truffé de seringues. On pouvait y lire le programme des soins :  "8 h du matin : Valium®, Lasix®, Prednisone®, Bactrim®, Epivir®, Colace®, Nystatin®, Ceftriaxone® " . La légende plus bas disait : "Ces médicaments vous donnent une idée de la complexité de la maladie du VIH chez les enfants" . Ironiquement, quelques années plus tôt, un de mes professeurs m'expliquait que si un patient se voyait administrer plus de quatre médicaments, il ferait
mieux de changer de médecin 
» .

Il est évident que chaque fois qu’un enfant meurt, on affirme que c'est le sida qui l’a tué. Ainsi, personne n’est responsable ni punissable.
 
Liam Scheff a aussi raconté sa visite dans cet univers concentrationnaire qu’est l’ICC, décrivant les enfants en chaises roulantes qui regardent droit devant eux, incapables de fixer leur attention. « J'aurais voulu les emmener dehors à l'air pur. C'est une belle journée ensoleillée, mais ils sont enfermés dans cette pièce où une jeune fille de 18 ans fête son anniversaire derrière des vitres fumées. Je m'approche d'un des enfants en chaise roulante, un garçon d'environ 12 ans. Son visage a quelque chose d'étrange, ses yeux sont trop espacés et son crâne a une forme bizarre, un peu aplatie. Son torse et ses membres sont légèrement tordus, ils paraissent minuscules et fragiles. C'est ce qui arrive aux bébés traités à l'AZT » . Il observa ensuite les autres enfants. Mêmes bras, mêmes jambes, mêmes visages.

« Un garçon avec des béquilles essaye de danser au rythme de la musique. Ses jambes se balancent sous lui tandis que ses pieds forment des angles incongrus sur le sol.  Je m'agenouille près du garçon en chaise roulante. Il gémit faiblement comme s'il était sous l'emprise d'une peur panique. Je m'éloigne pour ne pas l'angoisser davantage » .

Il évoqua ensuite Amir, un garçon d'environ six ans, cité par Mona Newberg au cours de l’émission télévisée. « Quand je l'ai rencontré, il avait déjà subi de nombreuses chirurgies plastiques pour enlever sa "bosse de bison" — c'est ainsi que les médecins appellent cette large excroissance de graisse qui se développe dans la nuque et le dos des gens qui prennent des inhibiteurs de protéase. Je m'avance vers lui, il sourit de toutes ses dents. Lui aussi a la tête déformée. Son dos et ses épaules sont anormalement courbés. Il agrippe ma chemise. Je me baisse et il met ses bras autour de mon cou pour m'embrasser. De larges zones circulaires dépigmentées couvrent sa nuque, là où la chair a été enlevée. Quelques minutes plus tard je me lève pour partir, mais il ne veut pas me lâcher. Je prends doucement ses mains entre les miennes durant quelques instants puis me dégage doucement de son étreinte » (cf. liamscheff@yahoo.com). Amir décéda peu après.

Comme le signalait Martin Luther King Jr. : « N’oubliez jamais que tout ce qu’a fait Hitler en Allemagne était légal » .

Interrogé sur ces pratiques, GSK, le plus grand fabricant mondial de médicaments contre le VIH, a répondu que les services de santé encouragent les expérimentations pédiatriques afin que ces médicaments puissent être ensuite prescrits aux enfants qui en ont besoin. La compagnie a ajouté qu’elle a prévu assez de médicaments pour quatre essais consécutifs menés par le PACTG (Pediatric Aids Clinical Trials Group) ainsi qu’un cinquième essai pédiatrique avec le centre médical de Columbia. Nous ne répéterons jamais assez que les essais cliniques sur les enfants orphelins sont « légaux et coutumiers tant qu’ils sont conduits sous les standards les plus sévères, et selon les lois fédérales et les règlements des autorités légales pour les mineurs » . (cf. Reuter 2004 et Pittsburgh Business Times, du 30 Novembre 2004). Sans aucun état d’âme — peut-être n’en ont-ils pas — les responsables politiques de la ville entendent poursuivre ces expériences.

Christina Maggiore découvrit en 1992 qu’elle était séropositive et son médecin lui expliqua alors qu'elle devait se préparer à mourir.

Lorsqu’elle apprit que les traitements pourraient la rendre malade, elle refusa de les suivre et leur préféra des thérapies naturelles qui se sont avérées très efficaces car, quelques mois plus tard, elle était en pleine forme. Elle découvrit alors, à travers la littérature médicale, que les tests VIH ne sont pas fiables et que l'hypothèse du VIH comportait d'énormes failles. Convaincue que c'était le genre de chose que les gens devaient savoir, elle fonda l'association Alive and Well Aids Alternatives qui diffuse des informations pour les personnes qui, comme elle, veulent prendre les décisions concernant leur santé en connaissance de cause (http://www.aliveandwell.org/).

Christina Maggiore a deux enfants, âgés de 2 et 6 ans, qui n'ont jamais subi aucun test ni aucun traitement et se portent très bien. Ils ne sont pas seuls, Il y a des milliers de séropositifs en bonne santé qui ne prennent pas de médicaments, mais qui fortifient leur système immunitaire par des thérapies naturelles.

Pour résumer la situation : les enfants admis à l’ICC sont utilisés pour des expérimentations sur des médicaments qui sont administrés de force à ceux qui les refusent, souvent à l’aide d’un acte chirurgical, et sans le consentement de leurs parents ou de leurs tuteurs. Connaissant les dangers mortels qu’elles représentent, ces expériences, qui sont loin d’être d’une nécessité absolue, constituent une violation de toutes les règles qui concernent les expérimentations médicales édictées par la législation internationale depuis la Seconde Guerre Mondiale.

De nombreux patients dans tous les USA et dans le monde entier vivent une situation similaire et sont rendus malades par l’utilisation irrationnelle de médicaments dangereux dans le seul objectif de faire des profits financiers ou de satisfaire une curiosité malsaine. Les mères informées qui essayent de protéger leurs enfants vis-à-vis de thérapies potentiellement mortelles sont décrétées renégates et courent le risque de voir leurs enfants enlevés par des agences d’Etat, souvent financées par les laboratoires qui fabriquent et vendent les médicaments.

Si nous voulons que cela cesse nous devons tous, citoyens, scientifiques, acteurs de santé, activistes, parents, dénoncer ces ignobles agissements afin de faire cesser ces tortures commises sur des innocents.

Aurons-nous besoin d’un autre tribunal de Nuremberg pour condamner avec force ces pratiques inadmissibles, qu’elles soient légales ou pas, appliquées sur des êtres sans défense par des tortionnaires qui n’ont rien à envier à ceux des Etats totalitaires, mais restent officiellement des citoyens au-dessus de tout soupçon, écoutés, admirés et respectés par d’honnêtes gens totalement désinformés ?

On nous parle souvent, à juste titre, de l'holocauste ; parlera-t-on un jour ouvertement de ces martyrs ? Edifiera-t-on un monument en leur honneur et demandera-t-on aux générations futures un « devoir de mémoire » envers la cruauté dont ils sont victimes ? Enfin, osera-t-on encore affirmer « plus jamais ça » , alors que tout le monde ferme les yeux sur ces tortures, exactement comme on les a fermé sur le massacre des Juifs et de Tziganes, car il est  dérangeant de voir les autres souffrir, mais plus encore de souffrir soi-même. Si nous voulons que cela cesse, c'est à nous tous, citoyens, de porter ces faits à l'attention du grand public et de rappeler à l'establishment médical le principe sacré : « Primum non nocere » . Aurons-nous besoin d'un autre tribunal de Nuremberg pour condamner sans appel ces pratiques inadmissibles appliquées sur des êtres sans défense, et juger les responsables, véritables tueurs en série et tortionnaires qui n'ont rien à envier à ceux des Etats totalitaires, mais qui sont néanmoins considérés comme des citoyens au-dessus de tout soupçon, écoutés, respectés et même admirés par d'honnêtes gens totalement désinformés ?

Sylvie SIMON

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