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Accueil Page mise à jour le 19/11/2008

R & V - Février 2005 - page 42

Les OGM

Les citations 
en marge 
de cet article proviennent 
de l’Ecologiste 
du mois de janvier 2005.

 

Détruire

un essai

d’OGM

est passible

des tribunaux.

Les auteurs

de

contaminations

génétiques

bénéficient,

eux,

de l’impunité.

 

 

 

 

 

 

Sauver

les semences

et la biodiversité

L’Europe n’autorise que la commercialisation
des semences
figurant au catalogue
des variétés.
Or cette inscription
coûte 15 000 € pour une céréale et 4 000 €
pour une potagère.
Les multinationales
ont les moyens de payer l’inscription
des semences F1 (hybrides stériles ou
dégénérescentes)
et OGM.

Comment une
association comme
Kokopélli pourrait-elle 
payer 
1 200 000 €
pour les 400 variétés
de tomates, 
sans parler des dizaines de variétés de
concombres, carottes…?
en tout, les 2 500
semences bio,
coûteraient ?

A cause de cette
réglementation,
4 variétés de blé
couvrent 80 % 
de la surface cultivable
de cette céréale en France. 
Plus de 80 %
des légumes cultivés en France il y a 50 ans
ont disparu
(site Kokopelli.asso.fr).

 

 

 

 

 

 

Les techniques de l’agriculture alternative

L’amélioration 
de la fertilité 
des sols :

Des techniques indirectes sont utilisées : les rotations de culture, les engrais verts, les légumineuses (elles fixent l’azote), un labour minimal, la fertilisation animale lors du pâturage… 
Des techniques
directes
également :
citons le compost,
les fertilisants
biologiques,
la chaux,
les algues et
les minéraux
primaires
(roches
phosphorées,
salpêtre).

Cultures
associées

Maïs, haricot,
et courge :
un exemple
d’association
traditionnelle
des cultures,
pratiquée
en Amérique
du Sud : la courge
couvre le sol
et le protège
de l’érosion
et du soleil,
le maïs sert
de tuteur
au haricot
grimpant.
Les racines
de ce dernier
fixent l’azote
de l’air et cet
enrichissement
profite
aux plantes.

Le texte qui suit n’est pas construit pour être le chapitre d’un ouvrage.
C'est la transcription de la conférence donnée à l'Assemblée Générale de la Ligue Nationale pour la Liberté des Vaccinations, par Arnaud APOTEKER. Ce dernier est le porte-parole de GreenPeace pour les OGM. Il est aussi l’auteur du livre “Du poisson dans les fraises” (éditions La Découverte).
La très grande majorité des Français est opposée aux OGM dans l’alimentation, et pourtant, la moitié d’entre eux se sont faits vacciner par le vaccin contre l’hépatite B qui est un vaccin OGM, directement injecté (sans passer par le tube digestif). Il nous a semblé intéressant d’inviter le spécialiste de GreenPeace pour nous en parler.

Greenpeace a décidé de lancer une campagne sur les OGM en 1996, alors que toutes ces autres campagnes étaient déjà bien établies parce que la dissémination des OGM dans l'environnement représente un des dangers majeurs pour la vie sur terre et les écosystèmes dans les années qui viennent.

Quelle est la position de Greenpeace sur les organismes génétiquement modifiés ? Greenpeace est fondamentalement opposée à toutes les disséminations d'OGM dans l'environnement. Nous n'avons pas de position pour ou contre la technologie de fabrication des OGM en tant que telle.
Nous ne nous opposons pas à la fabrication d'insuline par des bactéries génétiquement modifiées dans des réacteurs, par exemple, ou la fabrication d'hormones de croissance ou d'autres produits synthétisés par des OGM à partir du moment où ceux-ci ne sont pas introduits dans  l'environnement et ne risquent donc pas de s'y multiplier et d'y générer ce que j'appelle une pollution génétique. 
Nous n'avons pas de position sur la recherche, y compris sur le séquençage du génome des plantes, à partir du moment évidemment où les résultats du séquençage sont mis dans le domaine public et ne sont pas confisqués par une firme multinationale d'agrochimie. Ça aussi, ça pose des problèmes d'environnement.
Mais si nous ne nous opposons pas à la recherche en milieu confiné, nous pensons que toute dissémination dans l'environnement doit être interdite. En ce qui concerne la synthèse de médicaments par des OGM, nous faisons la différence entre ceux qui sont fabriqués en milieu confiné, dans des bioréacteurs, même, pourquoi pas ? par des cellules végétales ou animales et ceux qui seraient fabriqués par du maïs génétiquement modifié disséminé dans l’environnement au risque de contaminer l’environnement.

Les disséminations d'OGM dans l'environnement posent des risques écologiques, des risques sanitaires, des risques socio-économiques et des risques éthiques et que c'est pour tout cela qu'il faut absolument s'y opposer. Je serai un tout petit peu plus long sur les risques écologiques, car la protection de l’environnement est la raison d'agir de Greenpeace.

Il est difficile de parler globalement des risques écologiques liés aux OGM parce que les risques ne sont pas les mêmes selon la variété modifiée génétiquement. Un maïs, un soja, un colza ou un coton ne posent pas les mêmes risques écologiques, parce que leur mode de reproduction avec les plantes avec lesquelles ils peuvent se croiser sont différents. Le risque dépend de l'espèce concernée. Il dépend aussi du ou des gènes introduits dans les plantes. Ce n'est pas la même chose, en ce qui concerne les risques écologiques d'introduire un gène de résistance à un herbicide, qui va permettre d'arroser la culture d'un herbicide qui l'aurait tué sans la modification génétique, ou un gène de résistance à un insecte, en fait un gène de fabrication d'insecticide, qui permet à la culture modifiée de fabriquer constamment l’insecticide, ou encore un gène qui change la couleur d'une fleur ou qui synthétise une huile plus digeste…

Enfin, il dépend évidemment de l'écosystème dans lequel l’OGM est introduit. Les impacts d'un maïs OGM ne seront pas les mêmes en France, où il n'existe pas de variété sauvage apparentée au maïs avec lequel il pourrait se croiser, et au Mexique, qui est le centre d'origine et de diversité du maïs et qui possède encore les variétés sauvages qui peuvent se croiser avec le  maïs et où une contamination génétique des plantes sauvages est inévitable en cas de culture de maïs OGM. Cependant, même si on ne peut pas généraliser sur les risques des OGM en général, l'étude au cas par cas, c’est-à-dire pour chaque construction génétique, telle qu'elle est prônée par les différents comités scientifiques, est également loin d'être suffisante, pour tout un tas de raisons. A partir du moment où on va commencer à disséminer massivement des OGM dans l'environnement, il va se créer inévitablement ce que j'appelle une pollution génétique, une contamination génétique. Je l'appelle ainsi par analogie avec la pollution chimique ou la pollution radioactive que nous a léguées, malheureusement, l'ère industrielle et avec lesquelles maintenant nous-mêmes et nos enfants, et les enfants de nos enfants, allons devoir nous coltiner pendant des millions d'années, par imprévoyance, par notre imprévoyance, par l'imprévoyance de nos industriels qui continuent à contaminer l'environnement avec ce type de produits.

Contrairement à ce que prétendent les promoteurs des OGM, la fabrication d'OGM n'est pas la simple continuation du processus millénaire d'amélioration des variétés agricoles, processus qui existe depuis que l'agriculture existe, où les paysans croisent des variétés apparentées pour obtenir de nouvelles variétés ou de nouvelles espèces possédant de meilleures qualités alimentaires, ou mieux adaptées à leurs agro-écosystèmes. Ce faisant, et les sélectionneurs plus récemment, les paysans n'ont fait qu'accélérer un processus naturel, puisqu'ils ont croisé des espèces qui pouvaient se croiser naturellement. Dans un croisement conventionnel, naturel, on fusionne l’ensemble du génome de deux variétés, les patrimoines génétiques d'organismes qui ont co-évolué depuis des milliers d'années avec leurs écosystèmes, et en faisant ce croisement, on reproduit un phénomène naturel.

Dans la transgénèse, on franchit un pas radical, on franchit la barrière des espèces. On coupe, dans un laboratoire, des gènes pris dans le génome de certaines espèces. On les découpe, on les multiplie dans des bactéries et on les introduit violemment dans les cellules à modifier avec un canon à gène ou alors par une infection par une bactérie pour créer un nouvel organisme vivant que la nature n'aurait jamais pu créer, qui n'a pas co-évolué avec son écosystème, qui n'a pas de prédateur naturel, et dont le comportement dans l'environnement est imprévisible. Il est aujourd'hui totalement impossible de prévoir les conséquences en chaîne à long terme, de la dissémination d'un OGM dans l'environnement.

Même si la fabrication d’OGM a, selon les sociétés de biotechnologie, comme finalité de créer des variétés améliorées, ce qu'ont fait les paysans jusqu'à présent, celles-ci le font de manière totalement artificielle et d'une manière que je qualifierais de dé-naturée, puisqu'elles font ce que la nature ne pourrait jamais créer. On n'a jamais vu de copulation entre un poisson et une fraise, entre un scorpion et un maïs, et pourtant, on est en train de créer des organismes dont le génome tient à la fois de la fraise et du poisson, par exemple, même si c'est en proportions extrêmement différentes.

Qu'est-ce que c'est que la contamination génétique ? Eh bien, je parle de contamination génétique par analogie avec la contamination chimique ou radioactive. La contamination chimique provient des sous-produits de la fabrication de produits chimiques, qui sont rejetés, de façon accidentelle ou routinière à petites doses, par les usines. C'est ce qui sort de l'usine pour pénétrer dans l'environnement, et qui est susceptible d’y causer des dommages.

On sait que les plantes, par le biais du pollen principalement, et par le biais de tas d'autres mécanismes, certains très mal connus, échangent des gènes avec d'autres plantes, avec d'autres variétés de la même espèce avec lesquelles les croisements sont possibles, ou avec des espèces suffisamment proches pour que le croisement soit possible : ces espèces pouvant être, et étant souvent, des mauvaises herbes, puisque dans un grand nombre de cas, il y a des échanges polliniques possibles entre les plantes cultivées et les mauvaises herbes, et c'est pour ça que les mauvaises herbes sont souvent si difficiles à combattre. Le produit qui tue la mauvaise herbe tue aussi, dans un grand nombre de cas, la culture qu’elle parasite. En résumé, les gènes que l'on a introduits artificiellement dans le génome de ces plantes ne vont pas y rester. Ils vont passer dans l'environnement par le biais des variétés avec lesquelles ces plantes peuvent se croiser, entre autres. Ou ils vont passer dans l'environnement par le biais de bactéries du sol, parce que les bactéries du sol peuvent interagir et échanger du matériel génétique avec les racines des plantes, ou par d'autres mécanismes. On se trouve donc dans le cas d'une contamination, puisqu'un produit qui était censé être dans une plante donnée, dans un endroit donné, va s'en échapper petit à petit.

Mais la différence avec la contamination chimique ou radioactive, c'est que là on parle de la contamination du génome d'organismes qui se multiplient. C'est-à-dire que le gène va se multiplier avec l'organisme et va se disséminer sur la planète. La différence avec la contamination chimique ou radioactive, c'est qu'au fur et à mesure que les organismes vivants dont le patrimoine génétique est contaminé se multiplient et se disséminent, comme le fait tout espèce vivante, la pollution génétique se multiplie et se dissémine. C'est une pollution vivante, parce que c'est la pollution d'un patrimoine génétique, qui est transmis de génération en génération. Cela veut dire qu’à l’inverse d'une pollution chimique ou radioactive qui peut être stoppée si on en arrête la source, la pollution génétique ne peut être arrêtée une fois qu’elle s’est déclenchée. Un gène échappé d’une plante transgénique ne peut être ramené au laboratoire. Si un gène introduit dans telle culture se révèle, dans 10 ou dans 15 ans, soit nocif pour l'environnement, soit toxique pour la santé, et qu’en conséquence on arrête de cultiver l'OGM responsable, la pollution génétique, elle, va continuer à se multiplier par les organismes vivants dont il aura contaminé le patrimoine génétique. Cette pollution génétique est à la fois irréversible et auto-multiplicatrice. C'est justement pour cela que le principe de précaution doit s'appliquer, dans sa plus stricte rigueur, dans le cas des OGM. Il est aujourd'hui totalement irresponsable de disséminer ces OGM dans l'environnement sachant qu'ils vont créer une pollution génétique auto-multiplicatrice dont on est incapable de prévoir les effets à long terme.

Je vais, non pas décrire ces effets à long terme, car personne n'est capable de les prévoir, mais donner quelques exemples. Sachez que les caractères qui ont été introduits dans les plantes-là sont des caractères de tolérance à des herbicides ou des caractères de fabrication d'insecticides, dans 99 % des cas. Si vous faites du colza qui est tolérant à un herbicide, et bien vous allez créer, par différents mécanismes, des mauvaises herbes qui vont devenir tolérantes à cet herbicide. Le colza est en plus une plante extrêmement disséminante : chaque plant de colza peut produire 20.000 semences. Un colza transgénique va produire 20.000 graines OGM, dont beaucoup vont tomber dans le sol et peuvent rester en dormance pendant 10 à 15 ans. C'est-à-dire que si vous avez cultivé un colza résistant à un herbicide, vous pouvez voir apparaître dans votre champ des repousses de colza pendant les 15 ans qui vont suivre la culture, et vous serez très embêté pour les éliminer puisqu'elles seront résistantes aux herbicides.

Au Canada, où la culture de colza OGM est très répandue, il est devenu impossible de cultiver du colza biologique, tout simplement parce que toute production de colza est maintenant contaminée par des colzas tolérants aux herbicides, voire même par des colzas devenus doublement tolérants. En effet, Monsanto, fabricant de l’herbicide Roundup a fabriqué un colza résistant au Roundup, pendant que son rival, dont on ne sait même plus qui c'est, c'était Rhône Poulenc, c'est devenu Aventis, puis Bayer, a fait son propre colza, tolérant à son propre herbicide, Liberty. Depuis sont apparus, du fait de la contamination génétique, des repousses de colza tolérantes aux deux herbicides et les agriculteurs, s'ils font du blé après du colza, retrouvent dans leurs champs du colza tolérant à deux herbicides à large spectre. De plus, ce colza s'hybride extrêmement facilement. On voit apparaître au Japon des populations de colza OGM redevenues sauvages près des ports d’importation de semences de colza. En France, on peut remarquer le pouvoir impressionnant du colza, car on voit plein de colzas sauvages le long des voies ferrées, par exemple.

Eh bien si ce colza devient contaminé par du colza OGM, cette contamination OGM, cette résistance aux herbicides, deviendra impossible à limiter car ces plantes contaminées auront un avantage comparatif avec leur équivalent qui n'a pas acquis ce gène de résistance aux herbicides.

En effet, s’il est relativement aisé d’éliminer une mauvaise normale, c’est une autre histoire pour une mauvaise herbe résistante. On risque donc de créer des espèces invasives, dont on ne saura plus comment se débarrasser. Il faut également noter que les cultures résistantes aux herbicides sont arrosées d'herbicides, puisqu’on les a créées pour cela, et donc contiennent des grandes quantités de résidus d'herbicides, dont on ne connaît pas les effets pour les insectes ou les animaux sauvages qui pourraient s'en nourrir, ni pour leurs prédateurs.

La deuxième transformation génétique appliquée aux plantes, vous en avez peut-être entendu parler, c'est la résistance aux insectes, par l’introduction du fameux gène Bt. Le maïs Bt, dont on a beaucoup parlé, est un maïs dans lequel on a introduit un gène bactérien, de la bactérie du sol Bacillus thuringiensis (Bt),  qui fabrique une substance insecticide, léthale pour la pyrale du maïs. Cela veut dire que ce maïs fabrique de l'insecticide, dans chacune de ses cellules, 24 heures sur 24. Il est protégé de la pyrale, mais cela risque bien d’être de très court terme. En effet, on crée une situation très favorable au développement de “super-pyrales” résistantes à l'insecticide, parce que les insectes seront en contact constant avec l’insecticide pendant toute la durée de culture du maïs. Les pyrales naturellement résistantes, il y a toujours un ou deux individus résistants dans une population de pyrales, seront les seules à pouvoir survivre et se multiplier, permettant ainsi au caractère de résistance à l’insecticide de se répandre chez les pyrales. Cette résistance risque d'apparaître beaucoup plus vite qu'avec les insecticides chimiques, qui étaient utilisés auparavant. En effet, les insecticides chimiques sont épandus à des moments précis, mais pas constamment tout au long de la culture. Dans le cas d'un maïs transgénique, l'herbicide est produit 24 heures sur 24 depuis le moment où la semence est plantée.

Charles Benbrook, qui a fait partie de l'Académie d'agriculture américaine, estime qu’avec le maïs transgénique Bt, on utilise en réalité 10.000 à 100.000 fois plus d'insecticide que dans une culture conventionnelle avec épandage classique d’insecticides. Mais ce n'est pas mesuré puisque l'insecticide est interne et non pas externe. Les promoteurs des biotechnologies qui prétendent que grâce au maïs Bt on utilise moins d'insecticide nous mentent. Ce maïs Bt créera vraisemblablement d’autres impacts écologiques. Si la pyrale disparaît, elle sera remplacée par un autre insecte, parce que la nature a horreur du vide. Et si la pyrale disparaît, que va-t-il se passer avec les prédateurs de la pyrale qui, jusqu'à présent, contribuaient à maintenir les populations de pyrales à un niveau tolérable ? Et bien, tous ces effets en chaîne, on ne les connaît pas. On constate simplement qu'un certain nombre d’insectes ayant consommé des pyrales qui elles-mêmes avaient consommé du maïs Bt ont eu une mortalité augmentée sans que l'on en comprenne les raisons. La toxine Bt n’était pas censée passer d’un organisme à un autre le long de la chaîne trophique.

Ces quelques exemples rapides montrent qu’on ne peut nier qu'il y a des impacts écologiques à ces disséminations d'OGM. On sait qu'on est en train de créer une contamination génétique irréversible. Il faut donc dire NON à ces OGM.

Je serai très bref au sujet des risques sanitaires parce qu’ils ne sont, évidemment, pas la spécialité
d'une organisation de protection de l'environnement, et aussi parce que personne n'a idée des effets sanitaires à long terme. On n'a pas démontré aujourd'hui que ces OGM étaient toxiques pour la santé à long terme, mais on n'a pas non plus démontré l'inverse, c’est-à-dire sans danger.

Ce que les scientifiques essayent de nous faire croire, c'est que l'absence de preuves de problèmes sanitaires, c’est la même chose que la preuve de l'absence de problèmes sanitaires.
On n'a absolument pas démontré si oui ou non il y avait des problèmes de santé à long terme.

Alors pourquoi est-ce qu'on ne l'a pas démontré ? et pourquoi est-ce qu'on ne fera jamais ces études ?
C'est tout simplement que les études des impacts à long terme des OGM sur la santé, ce sont des études qui durent longtemps, et qui coûtent cher. Or dans le domaine de la semence, on ne peut pas se permettre de perdre du temps et on ne peut pas se permettre de dépenser beaucoup d'argent à faire des études.

La semence, ce n'est pas comme un vaccin, c’est un produit bon marché, qui doit être renouvelé  fréquemment. Il est économiquement impossible de faire des recherches à long terme sur les impacts sanitaires (et écologiques) des cultures de semences transgéniques. Il y a une compétition féroce dans le domaine des semences, et elles doivent être bon marché, malgré la “taxe technologique” sur les OGM.
Lorsque des semences OGM sont mises sur le marché, les tests à long terme n'ont pas pu être faits. Si le semencier était contraint de faire des études d’impacts à long terme, la semence devient démodée avant d’avoir pu être commercialisée. La durée de vie sur le marché des semences n’excède pas 5 à 10 ans. On est donc dans une situation où il est économiquement impossible pour une compagnie de mettre sur le marché des semences OGM qui ont été testées sur le long terme.

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Près de 450 000

personnes sont

mortes de faim

entre 1990 et

2003 en Argentine.

L’Argentine

produit pourtant

une des plus

fortes quantités

d’aliments par

habitant au

monde, mais

plus de la moitié

de la surface

agricole est

cultivée en soja,

notamment

transgénique

destiné…

au bétail

européen

et chinois.

 

 

Venezuela : 
un Etat opposé aux OGM

En avril 2004,
le Président du Venezuela,
Hugo Chavez Frias a annoncé que les semences
transgéniques seront interdites sur le territoire
du Venezuela,
entraînant la résiliation du contrat que le Venezuela avait négocié avec la multinationale
américaine Monsanto,
dont les plans étaient d’établir une plantation
de 150 000 hectares de soja transgénique
dans ce pays.
Au lieu de permettre à Monsanto de
développer ses semences
transgéniques,
ces terres seront
consacrées à la culture de manioc, un produit local.
Hugo Chavez a également
annoncé la création d’une grande banque
de semences pour les paysans indiens. 
Au Brésil, en revanche,
le président Lula a, malgré ses promesses
électorales, autorisé la culture de soja
transgénique pour la troisième année consécutive sur le territoire.

Qu'est-ce que l'on peut dire sur les risques sur la santé ?

J’évoquerai rapidement deux points spécifiques, causes d’inquiétude : 
- On peut craindre une augmentation du nombre d’allergies. Pourquoi ? Parce que les allergies alimentaires sont en général causées par des protéines, et les protéines, ce sont les produits d'expression des gènes. Donc quand on introduit un nouveau gène dans une plante, a fortiori un gène qui ne fait pas partie de l'alimentation humaine, par exemple un gène de pétunia dans le soja, comme ce que fait Monsanto avec son soja Roundup Ready, tolérant au Roundup, on ne peut pas prévoir à l'avance si la protéine synthétisée par le gène introduit sera allergène. On peut émettre des suppositions : si, par exemple, elle ressemble de près ou de loin à des protéines déjà identifiées comme allergènes. Mais si elle ne ressemble pas à des protéines allergènes connues, c'est impossible à prévoir à l'avance. Or les allergies sont en augmentation de nos jours, à la fois pour des facteurs d'environnement et pour des tas d'autres facteurs que l'on ne connaît pas.

- Enfin, on peut imaginer d'autres pathologies, liées aux altérations du génome de la plante provoquées par l’opération de transgénèse. Il faut se rendre compte que loin d'être la science extrêmement précise et détaillée que nous décrivent ses promoteurs, le génie génétique est encore une science extrêmement rudimentaire. Ce n'est pas parce qu'on prend un gène quelque part et qu'on le met dans le génome d'une autre plante qu'on est très précis. En réalité, on ne prend pas qu'un seul gène pour faire un OGM, il faut prendre des terminateurs, des promoteurs, des interrupteurs… On fabrique toute une construction génétique pour introduire le gène d’intérêt. Et quand on introduit cette construction génétique dans la plante, on ne sait pas où il va atterrir dans le génome. 
Une des techniques utilisées pour la transgénèse, appelée “biolistique” consiste à bombarder les cellules de plantes avec un canon à gènes. Il y a très peu de cellules qui survivent, et parmi celles qui survivent, il y en a très peu qui ont intégré la transformation génétique en ordre de fonctionnement. Dans cette opération de transgénèse, on ne contrôle pas le lieu où va s’insérer le gène dans le génome. Il peut très bien se retrouver au milieu d'un gène qui code pour détoxifier une toxine naturellement produite par la plante et ainsi la rend comestible. Si on annule ce mécanisme, le produit toxique pourrait s’accumuler dans la plante. Ou à l'inverse, on peut se mettre à "réactiver" un gène qui aurait été mis au silence par la plante. Il y a en effet des gènes qui sont inhibés ou activés à certains moments du métabolisme. Si le gène est introduit à l'endroit où ces mécanismes ont lieu, on peut imaginer que la plante va fabriquer un nouveau produit toxique inattendu et donc pas étudié, comme personne n'est allé chercher le prion, avant que l'on commence à soupçonner que la maladie de la vache folle avait peut-être un lien avec ce que mangeait la vache.

On avance souvent le fait que les Américains consomment des OGM depuis maintenant 10 ans et qu’il n'y a apparemment pas de problème visible lié à cette consommation dans la population américaine. Cet argument des promoteurs des OGM n’est pas acceptable. En fait, on n'en a aucune idée. Tout d'abord, le long terme, c’est plus que 10 ans et cela concerne également les effets intergénérationnels. Mais indépendamment de la question de la durée, la population américaine ne peut pas servir de référence pour les risques sanitaires, tout simplement parce qu'il n'y a pas de population témoin. On s'est mis aux Etats-Unis, dans une situation de délibérément ignorer que c'est à cause d'OGM que pourraient survenir des problèmes. Parce que tout le monde consomme des OGM aux Etats-Unis, puisqu'ils y sont cultivés à grande échelle et que la plupart des produits alimentaires en contiennent, et ne sont pas étiquetés. On n'a pas fait et on ne s'est pas donné les moyens de faire des études épidémiologiques. On ne sait donc pas, et on ne pourra jamais savoir par la population américaine si les OGM sont nocifs pour la santé. Indépendamment de la question des OGM, à population égale, il y a 10 fois plus d'accidents liés à l'alimentation aux Etats-Unis que dans l'Union Européenne et je pense que ce n'est pas vers le type d'alimentation à l’américaine que nous voulons tendre.

Enfin les risques sociaux-économiques viennent en grande partie du fait que ce sont les multinationales
de l'agrochimie, qui sont capables aujourd'hui de fabriquer des plantes génétiquement modifiées. Pour
fabriquer leurs plantes génétiquement modifiées, ces multinationales avaient besoin des ressources génétiques, souvent propriétés de compagnies semencières de toutes tailles. Pour mettre la main sur ces précieuses semences, elles ont acheté les compagnies semencières et on a assisté à un mouvement de concentration gigantesque entre les compagnies semencières et les compagnies agrochimiques. Maintenant, ce sont les compagnies agrochimiques, très peu nombreuses puisqu’elles peuvent sans doute se compter sur les doigts d'une main, qui possèdent la majeure partie des semences qui sont échangées sur le marché mondial.

Et grâce aux OGM, elles les brevètent. C’est d’ailleurs assez caricatural, parce que d'un coté, elles prétendent ne faire avec les OGM que ce que les paysans ont toujours fait avec leurs semences. Depuis des milliers d'années, les paysans ont fait des améliorations variétales, cest comme ça que l’agriculture existe et évolue, les compagnies agrochimiques ne font, selon elles, que la même chose avec des moyens plus sophistiqués : rien de nouveau. Mais en même temps, grâce aux OGM, elles prétendent pouvoir prendre des brevets sur les plantes génétiquement modifiées. Or le brevet récompense spécifiquement la nouveauté, l’innovation. Dans le propre langage industriel, il y a donc une contradiction totale et un abus grossier dans la prise de brevet sur quelque chose qui nous est présenté comme n'étant pas nouveau.

Mais malheureusement, l'office américain des brevets (USPTO), et de façon de plus en plus courante, l'office européen des brevets (OEB), acceptent des brevets sur les plantes à partir du moment où il y a eu un tripatouillage génétique dans la plante. Les compagnies bénéficiaires, grâce à ces brevets, sont capables d'imposer aux paysans du monde entier de racheter des semences chaque année pour les planter, et de les rendre ainsi complètement dépendants. C'est ce qui se fait aux Etats-Unis. Monsanto se sert de ses brevets sur ses plantes génétiquement modifiées pour faire signer aux agriculteurs des déclarations comme quoi ils s'engagent à ne pas ressemer leurs propres semences, les semences de leurs propres productions, ce qui est véritablement une injure aux pratiques paysannes et une injure à l'évolution de l'agriculture, parce que si l'agriculture a évolué, c'est grâce au fait que les paysans ressèment leurs propres cultures et échangent leurs semences avec leurs voisins. Dans le même contrat, ils s'engagent également à n'utiliser que l'herbicide de Monsanto, celui pour lequel la plante a été rendue résistante. Cela aussi c'est très malin de la part de la compagnie, parce qu'en réalité le brevet sur l'herbicide est arrivé à expiration en 2000, alors en faisant signer le contrat, ils maintiennent les ventes de leur produit maison au détriment des produits génériques moins chers. Cela veut dire qu’il devient de plus en plus difficile, à la fois pour les sélectionneurs et pour les paysans, d'utiliser les ressources génétiques parce qu'elles ont été brevetées et qu’ils doivent donc payer des royalties, y compris pour faire de l’amélioration variétale. Les semences deviennent la propriété d'un nombre infime d'énormes compagnies agrochimiques qui en arrivent à posséder les stocks mondiaux de semences, la base même de toute notre alimentation. Les OGM sont un moyen pour les compagnies agrochimiques de s'accaparer l'arme alimentaire et de pouvoir imposer aux paysans, et aux gouvernements de façon croissante, leur vision uniquement commerciale de l'agriculture. Ces compagnies peuvent très bien refuser de vendre les variétés conventionnelles et prétendre qu’il n'y a plus que des variétés OGM à mettre sur le marché.

On est en train de se soumettre pieds et poings liés à ces compagnies et au-delà de cet aspect de sécurité alimentaire, je dirais plutôt d'insécurité alimentaire, qui devient extrêmement préoccupant avec cette remise de l'arme alimentaire aux compagnies agrochimiques, on risque aussi de créer un grave problème d'environnement parce que l'agro-diversité est créée par les pratiques séculaires des paysans qui échangent entre eux des semences. Si les paysans ne peuvent plus échanger leurs semences parce que les compagnies semencières l’interdisent, c'est la fin de l'agriculture. Et l'agriculteur devient un “moléculteur” au service des compagnies agrochimiques, au prix d’un danger extrêmement grave pour la biodiversité.

Il faut également évoquer les risques éthiques, les risques de dérapage. Les OGM nous amènent dans un monde où il serait normal de prendre des petits bouts de gènes à tel ou tel organisme pour en faire un nouvel organisme soi-disant meilleur. On en arriverait à considérer la vie comme une espèce de mécano où les organismes vivants seraient bricolés comme des machines, en jouant avec les patrimoines génétiques des espèces. On prend un petit bout de gène de la mouche drosophile et on fait pousser des yeux sur les bras humains. On fait des expériences maintenant avec la mouche drosophile, où on leur a fait pousser des yeux sur les pattes avec les transformations génétiques, et puis on prend un autre petit bout de gène, qu’on mettra dans une pomme de terre pour qu’elle puisse pousser sur des sols contaminés aux métaux lourds. On considère le monde vivant comme un gigantesque mécano, et si on en arrive là, on peut se poser la question : est-il illégitime de vouloir améliorer l'être humain et introduire dans le patrimoine génétique de l’espèce humaine des gènes d'autres espèces ? 

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(source : El Pais, 18 octobre 2004).

 

 

 

Les techniques de
l’agriculture alternative

La protection des
végétaux (lutte contre les maladies) :
Indirectement,
le contrôle biologique
des cultures peut
s’exercer via l’habitat
(bosquets, haies,
bandes enherbées…),
l’accroissement des ennemis naturels des prédateurs,
la composition du
biotope (rotations des cultures, polyculture,
diversification, matière
organique, mulch,
utilisation des
antagonismes entre certaines plantes…).
Directement,
le contrôle exercé
sur les cultures peut se faire par les labours,
la nature des
fertilisants, la densité des semis, l’arrosage,
dissémination
d’ennemis naturels
(coccinelles…), cultures
pièges à “nuisibles”,
contrôle “chimique”
sans produits
de synthèse avec des préparations
botaniques…

Après cet exposé général, permettez-moi maintenant d’évoquer la situation française et européenne en ce qui concerne les organismes génétiquement modifiés. Où en est-on maintenant, chez nous, en France, dans l'Union Européenne ? Est-ce qu'on consomme des OGM ? Est-ce qu'on n'en consomme pas ? Quelle est la réglementation ? Est-ce qu'on peut les éviter et comment est-ce qu'on peut faire pour leur faire barrage ? 

D'abord un petit mot d'optimisme. Quand Greenpeace a  commencé sa campagne contre les OGM en 1996, l’association a été vilipendée et ridiculisée par “l'establishement scientifique”, par les syndicats agricoles majoritaires, par le monde des affaires et par les politiques. Quoi, une petite organisation voudrait nous empêcher de bénéficier des progrès majeurs de la génétique, nous faire perdre des marchés chiffrés à des centaines de milliards de dollars pour l'Union européenne dans les années à venir ! C’est bien là une position ridicule, anti-progrès, anti-science. De toute façon il est déjà bien trop tard, le rouleau compresseur OGM est déjà là. Aux Etats-Unis, ils viennent d'être autorisés et vont être importés dans l'Union Européenne. Il est ridicule pour Greenpeace de vouloir s’y opposer.

Greenpeace a été la première association qui s'est opposée aux OGM de façon très publique. On l'a fait à partir de l'automne 1996, lorsque les premières importations de soja OGM ont été autorisées dans l'Union Européenne et qu'elles ont commencé à arriver dans des bateaux qui venaient décharger du soja OGM à Rotterdam, à Brest ou à Barcelone. Alors que, rappelez-vous en 1996, l'opinion publique n'avait pas été avertie, il n'y avait pas eu de débats parlementaires sur la question : est-ce qu'on doit autoriser ou ne pas autoriser les OGM ? Personne n'était au courant et je crois que nous avons eu un rôle déclencheur lorsque nous avons bloqué des chargements dans différents ports européens, avec des zodiacs et des activistes qui s'enchaînaient aux grues de déchargement. Ce qui a fait que tout d'un coup, le public a réalisé que du soja OGM arrivait, qu'il ne savait pas ce que c'était, qu'il n'avait pas été prévenu, que cela ne serait même pas étiqueté dans l’alimentation. A cette époque, il n'y avait aucun règlement sur l'étiquetage.

C’était en 1996, cela va bientôt faire 8 ans et nous avons je crois "tordu le cou" à ces fadaises de l’anti-progrès, l’anti-science, et l’impuissance à s’opposer aux OGM, parce qu'aujourd'hui, 8 ans après, en France tout au moins, on ne cultive pas d'OGM à titre commercial en France. On en cultive très peu dans l'ensemble de l'Union européenne. On cultivait 20 à 30.000 hectares de maïs en Espagne et une des deux variétés autorisées n’a pas eu son autorisation renouvelée. On cultive très peu d'OGM dans l'Union européenne, et rien que cela, c'est une énorme victoire. C'est grâce à vous, grâce aux consommateurs qu'on a pu obtenir cette victoire, et il faut qu'on continue. Il faut qu'on continue à ne pas cultiver d'OGM dans l'Union européenne, y compris dans les pays qui viennent d’y entrer.

Par ailleurs, la pression des consommateurs et des citoyens a fait en sorte qu'un règlement sur l'étiquetage des OGM a été adopté en 1997, puis modifié en 2000. Il était toujours largement insuffisant. Il a encore été modifié et un nouveau règlement sur l'étiquetage et la traçabilité des OGM est entré en vigueur le 18 avril 2004. Ce règlement représente une avancée majeure pour les  consommateurs parce que tout produit qui contient des OGM à un taux supérieur à 0,9 %  doit être étiqueté. Il doit être étiqueté même si la transformation du produit alimentaire rend impossible la mesure de l'OGM dans le produit final. Prenons l'huile comme exemple. L'huile de soja, jusqu'à présent, était dispensée de l'étiquetage, parce que dans l'huile on a enlevé toute la fraction protéique de l’OGM, c'est-à-dire tout ce qui pouvait rester comme trace de l'ADN génétiquement modifié. Il est donc très difficile de savoir par l’analyse si une huile de soja provient  de soja OGM ou de soja conventionnel. Mais le nouveau règlement impose que si  elle est faite à partir de soja contenant plus de 0,9 % d’OGM, cette huile doit être étiquetée : on ne se base plus uniquement sur l’analyse de l’huile, mais sur la traçabilité, qui impose  que le soja OGM soit tracé et étiqueté tout au long de la chaîne alimentaire. Cela ne concerne évidemment pas que l'huile de soja, mais aussi l'huile de maïs ou l'huile de colza, enfin tous les produits dérivés d'OGM et tous les ingrédients et additifs. C'est-à-dire que la lécithine de soja devra être étiquetée si elle vient de soja OGM et de très nombreux additifs, y compris l'amidon de maïs, le sirop de glucose…

Vous trouverez une liste de tout ce qui doit être étiqueté dans le dernier guide des produits avec ou sans OGM de Greenpeace, qui vous aidera à trouver des produits qui ne contiennent pas d'OGM. Tous ces produits doivent maintenant être étiquetés, ce qui permettra au consommateur de réaffirmer son refus des OGM en ne les achetant pas. De ce point de vue-là cette réglementation est une avancée. Il ne faut cependant pas négliger le fait que quand vous faites vos courses et que vous essayez de lire la liste des ingrédients, c'est difficile. Ce n’est pas marqué avec un gros logo, mais dans la liste des ingrédients, écrit en très petit, souvent avec un astérisque. Vous voyez "amidon de maïs", puis un petit astérisque "maïs génétiquement modifié". Alors ce que nous faisons pour aider à ce que ces nouveaux produits étiquetés, s'ils apparaissent dans les rayons des magasins, en disparaissent aussi vite : nous invitons les consommateurs, le public, à devenir détectives OGM pour Greenpeace. J'ai aussi avec moi le manuel du détective. Nous demandons au public de devenir détective OGM pour traquer les OGM dans les étiquettes des produits alimentaires qu'il consomme. Quand vous allez faire vos courses, regardez bien les étiquettes. Si vous trouvez un produit génétiquement modifié, nous vous demandons, parce que c'est ensemble qu'on peut travailler, de le signaler immédiatement à Greenpeace. Dans les 24 heures, vous trouverez sa photo, l'étiquette, son nom sur le site : www.detectivesOGM.org 

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Sur le site, pour l'instant, il y a une vingtaine de produits à la vente en France, que nos détectives ont trouvés, qui contiennent des OGM. Nous avons la photo de ces produits. Si vous cliquez dessus, vous trouvez aussi comment réagir pour qu'ils soient éliminés des rayons. Dans le cas des 20 produits qu'on a trouvés, on vous demande d'écrire à l'importateur pour lui dire de changer de fournisseur pour qu'il n'y ait plus d'OGM dans ses produits. Il aura sans doute quelques difficultés, parce que ce sont souvent des produits importés des Etats-Unis, des sauces à barbecue, des choses de ce style. Mais il faut réagir, même si ce ne sont pas des produits que  vous achetez vous-même. Il faut quand même écrire à l'importateur pour lui demander de changer de fournisseur et d'arrêter les OGM, parce que ce qui est important, c'est de montrer à l'industrie que nous ne nous laisserons pas faire, que nous ne nous laisserons pas imposer une dictature alimentaire où on sera obligé de consommer des OGM. Alors inscrivez-vous comme détectives. Suivez les instructions. Dénoncez les produits qui contiennent des OGM. On les mettra sur le site et ensemble on pourra les faire déménager des rayons au plus vite. Une autre avancée de cette  réglementation, c'est que l'alimentation animale doit être étiquetée si elle est issue d'OGM. Cela veut dire qu'à partir du 18 avril, l'éleveur doit savoir s'il nourrit ses animaux avec ou sans OGM. Et l'éleveur peut dorénavant choisir de nourrir ses animaux sans OGM. 

C'est très important : 80 % des OGM cultivés aujourd'hui et mis sur le marché sont introduits dans notre alimentation, à notre insu, par le biais de l'alimentation animale. L'alimentation animale, c'est le débouché des OGM cultivés sur la planète et si l’on veut se battre contre les risques écologiques que constitue la dissémination d'OGM à grande échelle sur notre planète, il  faut se battre contre leur introduction dans l'alimentation animale. L'industrie biotechnologique l'a bien compris, puisque son lobbying hyperefficace a fait en sorte que la Commission européenne a calé devant la dernière mesure d’importance majeure sur l'étiquetage, et qui représente donc la lacune la plus importante de ce règlement sur l'étiquetage : les animaux nourris aux OGM et les produits issus d'animaux nourris aux OGM ne sont pas soumis à l’obligation d’étiquetage. La viande, la charcuterie, le jambon, le lait, les œufs, le beurre, le fromage… ne doivent pas être spécifiquement étiquetés, même s'ils proviennent d'animaux qui ont été nourris d'OGM. On a délibérément maintenu le consommateur dans l'ignorance et on lui a délibérément supprimé les moyens d'agir contre les disséminations d'OGM.

C'est pour cela que je vous renvoie au guide, une fois de plus, parce que nous, nous avons interrogé les fabricants, justement pour pallier à ce déficit de l'étiquetage, et nous avons créé les listes verte, orange et rouge, des produits de volailles et de porc. Ils sont classés en vert si le producteur a pu nous assurer que les animaux étaient nourris sans OGM, en orange s'il est dans une démarche de non OGM, car ce n’est pas toujours facile ou immédiat de mettre en route des filières sans OGM, et en rouge s'il ne nous donne pas de  garantie que les animaux sont nourris sans OGM.

C'est là aussi, par vos actes de consommateur, en choisissant les produits en vert et en boudant ceux qui sont en rouge, que vous pouvez faire avancer les choses et je peux vous assurer que l'industrie agroalimentaire prend ce guide très au sérieux. Et de la même façon qu’en 1998, lorsque nous avons publié la première version de notre guide, lorsqu’il n'y avait pas d'étiquetage, même pour les produits directement à destination de l'alimentation humaine, nous espérons conduire les industriels a respecter les vœux des consommateurs et éliminer complètement les OGM de la chaîne de production alimentaire.

Après avoir réussi à obtenir leur quasi élimination de l’alimentation humaine, c’est maintenant sur l'alimentation animale qu'il faut se battre pour une planète sans cultures OGM. 

 

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Les paysans chinois trois fois plus productifs que les farmers américains

En 1889, J.A. Voelcker, éminent scientifique de la Royal Agricultural Society d’Angleterre, fut envoyé par le gouvernement de son pays explorer les avantages et vertus de l’agriculture en Inde. Après avoir parcouru pendant un an les campagnes indiennes, J.A. Voelcker publia un rapport (Report on the improvement of Indian agriculture, Eyre and Spottiswoode) paru en 1893, dans lequel il décrivit en détail l’ingéniosité de l’agriculture paysanne. Son rapport fut pratiquement ignoré des
spécialistes de l’époque. Quelques années après, en 1911, F. H. King (1848-1911) alors directeur de la Division des sols du Département
d’agriculture des Etats-Unis, publia Farmers of Forty Centuries : permanent agriculture in China, Korea and Japan (King, 1911, réed. Rodale Press, 1972), une des rares œuvres consacrées à documenter en détail les formes non occidentales d’utilisation de la nature. Témoin direct et observateur perspicace, King était un des meilleurs connaisseurs de la problématique agricole  de son temps. Il a été profondément impressionné par l’ingéniosité des  techniques de production asiatiques. A cette époque, les systèmes nonindustriels qu’il décrivait permettaient d’alimenter environ 500 millions de personnes sur une surface plus petite que la totalité de l’aire agricole des Etats-Unis et sur des sols qui avaient été utilisés pendant près de 4 000 ans ! Selon King, les paysans chinois produisaient trois fois plus de céréales que les agriculteurs américains par unité de surface et c’était à peu près la même chose en Corée et au Japon.

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