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Accueil Page mise à jour le 04/03/2015

Une avancée remarquable

« La vaccination est l’une des avancées les plus remarquables de l’histoire de la médecine. »

Aucun propos « sérieux » touchant aux vaccinations, voire à la médecine, ne saurait être énoncé sans ce propos rituel, ce mantra, ce signe de croix liminaire…

Exemples, ministre en tête, dans les interventions lors du colloque du 22 mai touchant à l’aluminium dans les vaccins et à l’anti-hépatite B. Variante conjurant ce quasi sacrilège : « Loin de moi l’idée de remettre en cause l’intérêt des vaccinations… ». Même un Gherardi, venant mettre en garde contre l’origine vaccinale d’inquiétantes accumulations d’aluminium dans les muscles ou le cerveau, renouvelle son allégeance à Pasteur…

Et le credo protecteur ressort par automatisme, excluant toute critique alors même que celui qui s’exprime expose un cas analogue qu’il s’interdit de transposer.

Un éminent professeur de chirurgie cardio-vasculaire m’expliquait la décadence de l’Empire romain par l’importance du plomb dans la vaisselle de l’aristocratie, et par le saturnisme et les troubles mentaux qu’il générait notamment chez les empereurs… S’ensuit alors un petit échange sur l’importance réelle du plomb parmi les causes de cette décadence, sur l’origine du plomb dans l’alimentation des Romains, sur la balance bénéfices-risques, l’adduction d’eau par des canalisations en plomb ayant quand même largement participé au développement des villes et à l’essor économique.
La transition me semblant facile, je demande alors :
« Mais n’y a-t-il à se préoccuper davantage des métaux injectés directement dans le sang, à l’occasion des vaccinations, par exemple l’aluminium ? »
L’incantation protectrice jaillit instantanément :
« La vaccination est l’une des avancées les plus remarquables de l’histoire de la médecine. »
Peut-être pour camoufler une certaine méconnaissance du sujet autant que par paresse à s’y aventurer ?

Puis pour faire montre d’un esprit critique en éveil, mon interlocuteur se réfugie dans sa spécialité et me parle des stents : ces petits dispositifs servent à maintenir une section suffisante pour les vaisseaux ou d’autres orifices ; leur emploi est courant et salutaire pour une nombreuse population, en général âgée. Et les stents en acier inox contiennent (contenaient ?) en général du nickel (lekin, nitinol). Alors que mon interlocuteur en posait lui-même fréquemment, sans inquiétude, l’un de ses confrères canadiens attira son attention sur les inconvénients du nickel et les traces de nickel que les stents diffusent dans l’organisme au fil du temps.

Le nickel, également utilisé pour des prothèses et d’autres implants, est un métal familier, presque sympathique, mais ses avantages mécaniques, électrolytiques… s’accompagnent de quelques risques : les allergies cutanées (eczéma de contact, parfois urticaire) sont bien connues et concernent quelques % de la population, mais le rôle physiologique du nickel est mal connu, et il est possible qu’il intervienne dans le métabolisme des glucides ou le cycle du fer. Surtout les dérivés inorganiques sont classés « cancérigènes certains » (CAT 1) par le Centre international de recherche sur le cancer, et le nickel métallique est quant à lui classé « possiblement cancérigène » (CAT 2B).

Et le confrère canadien d’affirmer des risques cancérigènes avec le nickel des stents.
Mon interlocuteur fait répéter son confrère, lequel souscrit à l’idée de se voir nommément cité pour cette hypothèse dans une communication professionnelle.
Dès la publication de celle-ci, un important producteur de stents (au nickel) téléphone à mon interlocuteur et lui reproche vigoureusement de mettre en péril patients, praticiens et… producteurs… L’échange cesse à l’évocation du chiffre d’affaires.

Mon interlocuteur n’hésitait donc pas à admettre et signaler des risques dans une pratique médicale répandue, quoique ne concernant qu’une certaine population de patients à qui elle pouvait néanmoins apporter un avantage. Mais concernant l’introduction analogue de substances suspectes par la vaccination étendue à une immense population saine face à une maladie hypothétique et malgré des effets indésirables au moins aussi patents, le réflexe conditionné s’avérait le plus fort : « La vaccination est l’une des avancées les plus remarquables de l’histoire de la médecine. »

La vigilance scientifique s’incline devant le credo.

J.-P. AUFFRET
14 juillet 2014

 

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