Pas de vaccination sans réflexion... Informez-vous !

Accueil Page mise à jour le 07/06/2015

Un espoir vite douché

Un espoir vite douché

5 octobre 2014
        J.-P. AUFFRET

 

Très brièvement mi-septembre, au moment où les seniors recevaient leur bon de prise en charge de la vaccination antigrippe, la presse s’est fendue de quelques titres forts constatant la complexité de la politique vaccinale française, et même laissant entrevoir la remise en cause des obligations… Et les commentaires de fleurir sur le prochain retour d’effroyables épidémies de diphtérie, de polio…

Le Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP) venait de publier un avis « Politique vaccinale et obligation vaccinale en population générale » . Cet avis reprend et développe sans grand changement d’orientation, des arguments déjà intégrés au PNPAV 2012-2017  dont le HCSP réclame d’ailleurs la mise en œuvre. Notons au passage que ce défaut de mise en œuvre n’a pas déclenché de crise sanitaire, ce qui devrait amener à s’interroger sur l’intérêt du PNAPV.

Nous avions souligné dès août 2012 que si le PNAPV envisageait l’hypothèse de renoncer aux obligations, il ne s’agissait que d’une liberté pour le moins étroitement surveillée, et même de simple façade ! Toujours est-il que plus de deux ans plus tard, cette prétendue liberté se fait toujours attendre : elle répugne tant à certains qu’ils ne veulent pas la proclamer tant que les actuelles vaccinations obligatoires n’auront pas été remplacées par des vaccinations indispensables et d’autant plus nombreuses… Ni tant que la systématisation des vaccins ne sera pas garantie par d’autres voies que l’obligation étatique !

Et s’il était besoin de confirmer cette orientation de contrainte, le HCSP publiait le même jour un avis  pour systématiser la très contestable vaccination anti-HPV, prétendue contre le cancer de l’utérus… pour filles et garçons… et dès l’âge de 9 ans ! Car des études suggèrent que le vaccin induit une immunité de groupe… Bel enthousiasme : la suggestion suffit à fouler au pied le principe de précaution !

Sans désespérer du triomphe de la liberté, examinons quelques aspects de ce nouvel avis du HCSP sur la politique vaccinale.

Fort du postulat « Pas de santé sans vacciner », le HCSP ne se préoccupe que d’augmenter la couverture vaccinale contre davantage de maladies en s’abstenant par principe d’évaluer l’hypothétique avantage sanitaire que la politique française actuelle avec ses obligations, peut avoir sur des pays aux politiques vaccinales différentes.

Le HCSP considère notamment que :

  • le maintien ou non de l’obligation vaccinale en population générale relève d’un choix sociétal méritant un débat que les autorités se doivent d’organiser ;
    On sait ce qu’il en est de ces débats et autres concertations pour les plans d’urbanisme, construction d’autoroutes ou de barrages… lors desquels une commission indépendante produit un rapport dense et conclut selon les vues de… l’administration ! Quant à parler d’un référendum (pas nécessairement plus pertinent), l’épisode du « mariage pour tous » a été l’occasion de souligner qu’il n’a pas vocation à traiter d’un « choix sociétal » .
  • si ce principe est maintenu, la liste des vaccins obligatoires doit être révisée et faire l’objet d’un avis du HCSP ;
  • les autorités compétentes devraient définir un statut juridique pour toutes les vaccinations inscrites au calendrier vaccinal, de sorte que celles non rendues obligatoires ne soient plus considérées comme facultatives. Ainsi les modalités de traçabilité des propositions faites par le médecin et d’un éventuel refus de la personne concernée (ou des parents) devraient être définies. Devraient de même être précisées les responsabilités des personnes refusant une vaccination recommandée ainsi que celles du médecin qui ne les proposerait pas.
    Voilà qui devrait rassurer ceux qui redoutent le déferlement de la liberté. L’idée qu’une vaccination puisse être facultative sera sévèrement combattue, les récalcitrants, fichés, et les médecins complices également. Mesvaccins.net, appendice du HCSP-CTV, s’en réjouit.
  • toute modification du régime des obligations devra s’accompagner d’une forte communication des autorités de santé mettant en exergue l’intérêt à vacciner et les risques de la non-vaccination.
    Le PNPAV prévoit déjà de laisser à la charge de l’État le coût de la promotion de la vaccination, l’indemnisation des victimes…

Audacieusement, le HCSP considère que le dispositif public de vaccination actuel est complexe, illisible et inégalitaire.

Le HCSP ne va pas jusqu’à admettre inutile, car il risquerait de déconsidérer aussi ce qu’il propose. Il ne va pas non plus jusqu’à trouver le dispositif incohérent, mais fait désormais siens les arguments apportés par la Ligue notamment en 2013  ou déjà en 2003 . Le terme d’inégalitaire est pour le moins déplacé, surtout que le risque de la maladie est loin d’être égalitaire : il n’est là que pour justifier une « gratuité » totale (prise en charge financière des vaccins par l'assurance maladie, et des autres frais par l'État ou les départements).

Ceux-là étant en déficit chronique et croissant, le HCSP recommande, entre autres, de :

  • Créer une centrale d’achat de vaccins unique…

    Ceci permettrait d’affranchir les producteurs de tous les aléas de la logistique, des incertitudes de la demande, et des soucis de règlement.

  • Promouvoir les centres publics de vaccination [pour] une offre totale et gratuite des vaccins obligatoires et recommandés…

    Le HCSP envisage clairement dans son avis d’écarter les médecins libéraux de l’action vaccinale. Ceci dispenserait d’une partie du fichage évoqué par ailleurs. L’offre « gratuite » serait naturellement à la charge de l’État. Quant à son caractère « total », il ne sera plus loin du totalitaire !

Ces deux derniers principes ont été mis en œuvre lors de l’impayable  croisade française contre H1N1 en 2009… avec le succès que l’on sait !

Mais là, on ne rigole plus ! Il s’agit ni plus ni moins d’une grave atteinte à la médecine libérale et de la collectivisation d’une pratique médicale (le qualificatif est-il adapté ?).

Ceux qui se seront un peu vite réjouis de l’évocation d’une éventuelle liberté en matière de vaccination doivent se rendre compte que les autorités de santé ou leurs inspirateurs ne sont pas près de l’admettre.
Encore une fois, l’action de la Ligue Nationale pour la Liberté des Vaccinations est plus que jamais nécessaire.

Haut de page | Mentions légales | Plan du site
Un site Xsalto