Mercredi 19 novembre 2003, palais des Congrès de la porte Maillot, 8h50
Apres l'avoir salué il lui demande :
- Monsieur le ministre, le 10 février 2003 est paru au Journal Officiel la réponse que vous avez faite au député Thierry Mariani, annonçant « la fin de l'obligation du BCG en population générale » par « un nouveau décret qui devrait être publié dans les prochains mois ». Nous sommes le 19 novembre, où en sommes nous ?
- Mais le BCG n'est plus obligatoire !
- Excusez mon insistance mais le décret n'est pas paru, je puis vous l'assurer !
- Oui, mais c'est dans l'air du temps.
- C'est peut-être dans l'air du temps, mais les enfants qui n'ont pas reçu le BCG ne peuvent fréquenter ni les crèches ni les autres établissements d'enfants.
- Ces organismes ont des règlements intérieurs.
- Monsieur le ministre j'espère que vos décrets sont supérieurs aux règlements intérieurs des crèches.
- Donnez moi ça, je m'en occupe !
Ce faisant Monsieur Mattéi prend le document qu'il avait en mains.
Depuis mercredi nous harcelons le cabinet du ministre pour savoir où en est la suppression de l'obligation du BCG.
A suivre . . .
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Vendredi 21 novembre 2003, avenue de Ségur.
Christian Boiron rencontre le ministre de la santé à qui il a demandé rendez-vous.
Même conversation irréelle sur la baisse du taux de remboursement des médicaments homéopathiques.
Au début de l’entretien, et après nous avoir écoutés, Mr Mattéi a admis qu’il n’avait pas pris cette décision pour des raisons économiques. Il a même ridiculisé cette hypothèse : « Je ne passe pas mon temps à grappiller quelques millions ici ou là alors que le déficit abyssal de la Sécu est de 16 milliards d’euros ! ».
Il a ensuite tenu à nous dire qu’il n’avait rien de personnel contre l’entreprise, ni contre moi, il était un peu embarrassé pour avouer que nous jouissions même d’une certaine notoriété... À propos de l’homéopathie, il a admis à contrecœur qu’elle correspondait à une longue tradition française, et que donc, il avait préféré la maintenir dans le champ du remboursement, au taux de droit commun de 35%. Il a été étonné de nous entendre dire que le taux de droit commun était en fait de 65%...
Enfin, il a affirmé avec force que sa décision tenait à sa volonté d’équité entre les laboratoires pharmaceutiques. Compte tenu qu’il applique des règles strictes aux laboratoires allopathiques, certains lui ont reproché de pratiquer deux poids deux mesures, et c’est sous cette pression qu’il dit avoir agi. Il a rappelé à plusieurs reprises qu’il avait déremboursé 617 médicaments, ce à quoi nous lui avons répondu que les labos concernés avaient affirmé qu’ils préféraient jouer la carte des produits innovants. Nos arguments sur les rentabilités et les croissances respectives de l’allopathie et de l’homéopathie n’ont eu aucun impact : « je ne vous parle pas de chiffre d’affaire, mais d’équité ! »
. . . Ah, bon...! Je lui ai déclaré qu’il nous immolait sur l’autel des gros labos étrangers, il n’a pas écouté.
« Vous devriez être très heureux de ne pas vous retrouver totalement déremboursés ». « C’est grâce à moi si l’homéopathie est encore remboursée ».
Edifiant ! |