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Accueil Page mise à jour le 13/03/2015

Vaccins obligatoires en rupture de stock

Pénurie organisée

Les vaccins suivants : Tetravac®, Pentavac®, InfanrixTetra®, InfanrixQuinta® sont en rupture de stock. Les médecins sont obligés de vacciner les bébés contre l'hépatite B même s'ils ne le veulent pas. Et que faire quand une première injection de Pentavac® a déjà été réalisée ?

Cette pseudo-rupture de vaccins associés DTCaP+Haemophilus influenza b dure depuis novembre 2014.

On nous rejoue le coup de la suppression du DTPolio® sans adjuvant aluminique qui avait d’abord été indisponible pendant plusieurs mois pour également « rupture de la chaîne de fabrication », puis supprimé après un retour de quelques mois, et une suppression brutale en juin 2008 sous le prétexte de la survenue mystérieuse d’un excès de réactions allergiques, alors que ce vaccin était pourtant connu et commercialisé depuis plus d’une vingtaine d’années sans un excès de problèmes de ce type.

Alors que l’obligation légale se limite au DTP, ceci avait permis d’imposer de ne plus vendre que le vaccin Revaxis® Sanofi-Pasteur (avec adjuvant aluminique, et théoriquement réservé aux rappels), désormais seul sur le marché et produit sur une seule chaîne de production au lieu de deux.

Le défaut d’approvisionnement des vaccins associés DTCaPHib (= diphtérie+tétanos+coqueluche acellulaire+poliomyélite+Haemophilus influenza type b) InfanrixQuinta® et Pentavac® est bizarrement survenu en même temps sur les chaînes de fabrication des deux fabricants GSK et Sanofi Pasteur.

On a alors proposé de les remplacer par leurs petits frères associés à 4 antigènes DTCaP (InfanrixTetra® et Tetravac acellulaire®) en les mélangeant au besoin avec le vaccin Haemophilus influenza type b seul Act-Hib®... Ce sont désormais ces deux succédanés qui deviennent introuvables dans les pharmacies et vont bientôt disparaître totalement de la circulation.

Conclusions :
- pour les injections du nourrisson, ou bien on attend le déluge, ou bien on prescrit le vaccin associant 6 antigènes DTCaP+Hib+hépatite B (InfanrixHexa® de GSK) ;
- coïncidence « heureuse », le vaccin Hexyon® de Sanofi qui disposait d'une AMM européenne depuis avril 2013 vient miraculeusement de se voir attribuer en févreir 2015 une extension d'AMM pour le schéma vaccinal 2+1en France ;
- bénéfices pour le Ministère de la Santé : on augmente le taux de couverture vaccinale contre l’hépatite B des nourrissons en forçant les parents réticents faute de choix ;
- augmentation du chiffre d’affaires pour GSK : InfanrixHexa® est vendu 40,04 €... et InfanrixQuinta 27,21 € ;
- augmentation du chiffres d'affaires pour Sanofi Pasteur MSD : Pentavac® est vendu 27,86 € et Hexyon plus de 40 € ;
- pour le « rappel de 6 ans et demi » (non obligatoire), s’il n’y a plus de DTCaP, on se rabat sur les formes adultes seules disponibles (BoostrixTetra® et Repevax) dont l’AMM a été modifiée dans ce sens, il y a peu de temps ;
- augmentation du chiffre d’affaires pour GSK : BoostrixTetra® est vendu 25,00 € tandis que InfanrixTetra® est vendu 14,88 € ;
- augmentation du chiffre d’affaires pour Sanofi-Pasteur : Repévax coûte 24,13 € contre un Tetravac acellulaire® à 14,88 € ;
- surcoût pour la CPAM, avec environ 750 000 naissances par an en France… À vos calculettes !

Cette rupture de stock sent la magouille à plein nez. On comprend difficilement comment deux grands laboratoires internationaux producteurs de vaccins voient leurs chaînes de fabrication des vaccins analogues se mettre en roue libre puis en panne sèche en même temps.

On peut lire avec intérêt le dernier bulletin d’Infovac (janvier 2015). Ce consortium d’experts ès vaccinations se déclare totalement indépendant de l’industrie pharmaceutique, mais il est en fait pieds et poings liés vis-à-vis de celle-ci. Il est financé par l’association ACTIV qui ne vit pratiquement que de subsides des laboratoires (http://activ-france.fr/). On y lit une plaidoirie compatissante pour leurs partenaires de l’industrie, mais aussi un aveu implicite : « la demande mondiale augmente, […] obligeant les fabricants à faire des choix sur les produits finis à privilégier », en clair les plus rentables.

Les experts acceptent cet état de fait sans trop s’en plaindre. Il faudra faire avec et en rejetant la faute sur les autorités de santé qui n’ont qu’à se débrouiller : « Il va falloir malheureusement s’habituer aux difficultés d’approvisionnement et que les autorités de santé établissent rapidement des stratégies de remplacement ».

Un message a été adressé à GSK et à Sanofi Pasteur pour demander les raisons de cette rupture de stock. GSK a renvoyé cette réponse polie, mais sibylline : « Suite à votre demande d’information et afin de pouvoir y apporter une réponse rapide et de qualité, nous avons besoin d’informations complémentaires. Merci de bien vouloir nous contacter au 01 39 17 84 44 du lundi au vendredi de 9 h à 18 h. Restant à votre disposition pour toute information complémentaire, nous vous prions d’agréer, Monsieur, l’assurance de notre considération distinguée ». Sanofi-Pasteur fait le mort ou ne daigne répondre.

  • Si vous voulez les appeler, nous pourrions comparer nos retours.
    Il serait temps de réagir de façon groupée en interpellant l’ANSM et la Ministre de la Santé sur les mesures qu’ils comptent prendre sur ce grave dysfonctionnement d’approvisionnement qui ne laisse aucun choix aux médecins ni aux parents dans les vaccins à programmer chez les enfants dont ils ont la charge.

Pour mémoire, la suspension du DTPolio® avait permis aux autorités sanitaires de s’approcher de leur objectif d’immunisation des enfants contre l’hépatite B. Avant 2008, 20 à 30 % des nourrissons avaient reçu leur première dose de vaccin contre l’hépatite B ; en 2010, 80 %...

Mais l’objectif premier est très certainement de simplifier les processus de fabrication, afin d’améliorer la rentabilité financière des firmes.
Juste pour info, les grands chiffres de Sanofi de 2013 :
CA : 33 Md €, dont la branche Vaccins : 3,7 Md € (11 % du CA)
Résultat opérationnel : 9,3 Md € (28 %)
Les actionnaires ont reçu : 3,7 Md € (11 % du CA total ou 100 % du CA vaccins).

Cette rentabilité n’était sans doute pas suffisante, ils en remettent donc une couche ! Avec la bénédiction des experts qui conseillent les politiques, car cela permet aussi de vacciner tout le monde contre l'hépatite B...

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