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Accueil Page mise à jour le 04/06/2013

SLV n° 81 - Janvier 1984 - p 13

Lancement d'une campagne nationale d'incitation

    aux vaccinations contre la rougeole et la rubéole

Ça y est, la grande campagne de vaccination rougeole-rubéole est lancée.

Un peu comme pour la fusée Ariane, il y avait eu des lancements avortés. Mais maintenant c'est sérieux, et pour cause : les Laboratoires Mérieux ont mis au point le nouveau vaccin.

Qu'importe si le groupe de travail composé de représentants de l'Académie de Médecine et du Conseil supérieur d'Hygiène publique ne s'estimait pas, en janvier 1983, le droit de recommander dès maintenant l'association des deux vaccins. Nos enfants serviront de sujets d'expérience.

Ce même groupe ne s'était-il pas prononcé en 1964 contre l'obligation de la vaccination anti-polio dont la nécessité épidémiologique ne se faisait pas sentir, juste avant que le gouvernement de l'époque ne fasse voter l'obligation ? Et pourtant les membres de ce groupe de travail sont tous des partisans des vaccinations, les opposants n'étant jamais consultés !

Chez nous comme ailleurs, les laboratoires ont toujours le dernier mot même s'ils mettent parfois des années avant d'obtenir le marché.

En novembre 1970, le journal Le Monde écrivait à propos de la rubéole :

« Chez nous aucune décision officielle n'a été prise encore, ce qui est navrant, car le laboratoire pharmaceutique qui fabrique le vaccin répand sur tout le corps médical des informations pour le moins tendancieuses prônant la vaccination généralisée des enfants en bas âge, ce qui est de son intérêt commercial mais certainement pas de l'intérêt public. »

En 1983, par un heureux concours de circonstances, l'intérêt public et les intérêts commerciaux doivent être les mêmes puisque ce sont les contribuables eux-mêmes, par ministère de la Santé interposé, qui financent une grande campagne « d'incitation » à la vaccination.

Admirons au passage l'expression, qu'il ne faudrait pas avoir le mauvais esprit de prendre pour un matraquage publicitaire, pour une obligation qui ne voudrait pas dire son nom.

Dans la conférence de presse au cours de laquelle le coup d'envoi a été donné, le Pr Roux, représentant du ministère, nous annonce que les différentes phases de la sensibilisation du public et du corps médical à ces maladies et à leur gravité, qui n'est pas toujours bien connue (sic), a été confiée au Comité Français d'Éducation pour la Santé pour le grand public et à la Ligue Française de Prévention des Maladies Infectieuses pour l'action auprès des médecins et des pharmaciens (associations subventionnées par le ministère).

On ne lésinera pas sur les moyens. Un encart publicitaire a été diffusé dans les revues Parents et Enfants Magazine. Au cours de l'année 1984, chaque carnet de santé remis aux jeunes mamans comportera une notice d'incitation.

Pour les médecins, la mise en condition se fera tout au long de l'année par la publication de différents articles dans la presse médicale. Chaque médecin recevra une plaquette en trois volets intitulée : « Vacciner contre la rougeole et la rubéole. Qui ? Pourquoi ? Comment ? ». Cette diffusion sera suivie de l'organisation d'enseignements post-universitaires.

Il ne faut pas ménager ses efforts, car si on ne leur ouvre pas les yeux, les médecins sont capables de trouver qu'on fait beaucoup de bruit pour rien. Le Quotidien du Médecin du 21 novembre 1983 n'ose-t-il pas écrire :

« Nombreux sont les médecins généralistes qui n'ont pas eu l'occasion de voir une seule rougeole grave dans toute leur carrière. » ?

Peut-on laisser dire, comme le faisait le Pr Bastin en avril 1977 dans La Médecine Praticienne :

« II serait difficile de vacciner systématiquement chez nous où la maladie est bénigne, puisque sur 100 rougeoleux hospitalisés (et donc choisis pour leur sévérité) la mortalité est de 0,17. » ?

On le voit par ces exemples, il faudra déployer beaucoup d'efforts pour convaincre médecins et public que le péril est grave et demande un effort national. Soyons rassurés, le ministère de la Santé est prêt à employer les grands moyens et à mobiliser les personnels des P.M.I., les centres de planification familiale,  les services de santé scolaire et les médecins du travail pour que personne n'échappe à la vaccination.

Certains esprits naïfs pourraient se demander s'il n'aurait pas été aussi efficace et plus économique d'appeler les choses par leur nom et de rendre tout simplement obligatoire cette double vaccination rougeole-rubéole ?

Ce serait méconnaître deux points capitaux auxquels justement le ministère de la Santé n'a pas envie de se trouver confronté :

  • Pour qu'il y ait obligation, il faut qu'il y ait vote de l'Assemblée et du Sénat, et qui dit vote dit débats, dont l'issue n'est peut-être pas certaine, car il n'y a aucune raison apparente pour que les parlementaires soient davantage convaincus du danger national que représentent des maladies comme la rougeole et la rubéole que ne l'est le corps médical lui-même. Il est donc plus prudent de ne pas s'exposer à un échec, ni de permettre à des opposants éventuels d'apporter aux débats des éléments contradictoires.

Incitons  donc,  mais  n'obligeons pas !

  • Le deuxième avantage de cette nouvelle procédure est que, puisqu'il n'y a pas obligation de la part de l'État, il n'y aura pas non plus responsabilité en cas d'accident post-vaccinal, puisque la responsabilité de l'État n'est engagée que pour les vaccinations obligatoires !

Les victimes n'auront donc aucun recours.

Lorsque les responsables du ministère de la Santé font remarquer à quel point ils sont libéraux, puisqu'ils remplacent les obligations mal acceptées par les Français par des campagnes d'incitation, il faut bien voir que sous cette apparence benoîte se cache une contrainte pire que celles qui ont été exercées jusqu'à présent en la matière, car s'il n'y a pas obligation de droit il y aura obligation de fait, sans consultation des élus, sans recours des victimes, et pratiquement sans moyens de défense pour ceux qui verront leurs enfants retirés des crèches ou des garderies s'ils ne cèdent pas au chantage, comme cela se passe dès à présent.

La volonté du ministère d'imposer de plus en plus de vaccinations à la population française par la ruse ou par la force ne fait aucun doute puisque, par ailleurs, le calendrier des vaccinations qui figure dans l'encart édité par le ministère fait croire que les rappels antidiphtérie, antitétanos et antipolio à 6 et 11 ans sont obligatoires alors qu'il n'en est rien, nous trompant volontairement et privant là encore les victimes de tout recours. Peut-on admettre de tels procédés dans un pays qui se dit démocratique ?

La Constitution française reconnaît aux citoyens le droit au respect de leurs convictions philosophiques, politiques ou religieuses. Un malade peut refuser un traitement médical ou chirurgical, mais le citoyen français bien portant doit subir le fait du prince et se soumettre à des vaccinations que non seulement il est en droit de réprouver dans son âme et conscience, mais qui peuvent avoir des conséquences catastrophiques sur son état de santé, voire entraîner la mort. Y aurait-il des totalitarismes de bon ton, et le totalitarisme médical et pharmaceutique serait-il de ceux-là ? Il y a tout lieu de le penser puisqu'aucune ligne de protestation n'a paru dans la presse et qu'un journal connu pour sa sympathie envers les minorités marginales trouve tout à fait normal qu'on fasse la guerre aux opposants aux vaccinations, se bornant à répéter les lieux communs débités depuis des années par le ministère de la Santé, sans même essayer de s'informer.

Encore une fois, nous allons assister à une orchestration bien réglée dans laquelle aucune voix discordante ne sera admise, et les Français feront un pas de plus dans l'asservissement vaccinal.
 

Circulaire DGS/PGE n° 174, du 25 novembre 1983 relative à la vaccination contre la rougeole et la rubéole (non parue au Journal Officiel).
III. Responsabilité en cas d'accident
   Je vous rappelle que les vaccins contre la rougeole et contre la rubéole sont très bien tolérés, et seul le vaccin contre la rougeole peut entraîner une réaction post-vaccinale d'expression clinique majeure.
  De manière générale, en ce qui concerne la survenue d'un accident après administration d'un vaccin non obligatoire, la responsabilité du médecin vaccinateur n'est jamais engagée, sauf en cas de faute professionnelle.
  Hormis ce dernier cas, c'est la responsabilité du service qui peut être mise en cause si on retient la responsabilité avec faute.
  Je vous conseille, à cet effet, de contracter une assurance spéciale destinée à couvrir les risques inhérents à la pratique des vaccins non obligatoires, pour votre département.

 


 

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