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Accueil Page mise à jour le 31/07/2013

SLV n° 81 - Janvier 1984 - p 15

Rubéole

La rubéole est une maladie bénigne pour les enfants ou les adultes, mais si une femme enceinte contracte cette maladie au cours des trois premiers mois de sa grossesse, l'enfant qu'elle porte risque de présenter des malformations.

Compte tenu que 90 à 96 % des femmes de 20 ans sont immunisées naturellement et définitivement par la maladie elle-même, sur les 4 à 10 % restants combien contracteront la rubéole au moment même où elles se trouveront enceintes et juste dans les trois premiers mois de leur grossesse, seule période dangereuse ?

Seules 10 % des malformations congénitales sont dues au virus de la rubéole. 

Il y a plusieurs années, le ministère de la Santé avait envisagé de rendre obligatoire la vaccination contre la rubéole pour les fillettes de 12 ans en l'associant au rappel antitétanique.

Le thème de la campagne avait été davantage axé sur le rappel antitétanique, avec pour slogan que les femmes payaient un plus lourd tribut au tétanos que les hommes, vaccinés au cours de leur service militaire.

Les statistiques de l'INSERM nous avaient permis d'apporter la preuve qu'il n'en était rien, bien au contraire (voir notre brochure sur le tétanos).

Bien que le vaccin mixte rubéole-tétanos ait été prêt, il faut rendre hommage à Mme Veil qui a abandonné son projet. La vaccination contre la rubéole des fillettes a été remplacée par un test sérologique de dépistage des jeunes femmes non immunisées au moment de la visite prénuptiale.

Actuellement, 75 % des enfants de 10 ans et 90 % à 93 % des jeunes femmes de 20 ans présentent des anticorps à la rubéole. Là encore se pose la question de savoir s'il est souhaitable de remplacer une immunité naturelle par une immunité vaccinale. En vaccinant les enfants de 12 à 18 mois, ne s'expose-t-on pas à devoir faire des rappels pour maintenir l'immunité à la seule période pendant laquelle elle est nécessaire, c'est-à-dire la gestation ?

Cela ne fait pratiquement aucun doute. Mais les jeunes femmes qui négligent ces rappels risquent de se trouver séro-négatives lorsqu'elles seront enceintes. Dans le numéro du Quotidien du Médecin du 19 février 1983, le Pr Zourbas pose la question dans un article bien documenté et insiste :

« C'est parce que les jeunes femmes étaient séro-négatives à près de 50 % que les U.S.A. ont connu l'épidémie de rubéole de l'hiver 1963-1964, qui atteignit 20 millions de jeunes femmes et entraîna 30 000 malformations congénitales. »

Pour pallier cette déficience, 90 millions de doses de vaccin furent distribuées aux U.S.A. en dix ans, ce qui permit de vacciner 65 à 70 % des enfants, mais non d'éradiquer la maladie comme les responsables de la campagne l'avaient espéré.

Le résultat le plus certain est qu'en 1978, 75 % des cas de rubéole se produisaient chez des sujets de plus de 15 ans et même de 25 à 29 ans. On dut en conséquence revacciner les adultes.

Il faut donc être conscient du fait que si on veut poursuivre ce rêve de mégalomane de faire disparaître le réservoir de virus sauvage de la rubéole, il faudra soumettre la population à des rappels périodiques et il faudra vacciner au moins 90 % des gens pour obtenir la même protection que nous avons actuellement par la maladie, et encore cela n'est qu'hypothétique.

« Un autre problème est représenté par le fait que les taux d'anticorps obtenus par les vaccins antirubéoleux actuels diminuent lentement dans certains cas et relativement vite dans d'autres, au point qu'ils deviennent incapables de protéger contre l'infection. On a pu démontrer que le maintien d'une protection adéquate avait été due dans certains cas à l'invasion par des souches naturelles de virus qui n'avaient pas provoqué de maladie détectable.

Les individus vaccinés porteurs d'une infection asymptomatique sont un danger pour les non-immunisés qui, après contage, peuvent contracter une rubéole typique. Souvent, les doses de rappel ne suffisent pas à produire une augmentation importante d'anticorps circulants. Aucun des vaccins antirubéoleux à souches atténuées n'ont l'efficacité immunologique du virus vivant. » (Médecine et Hygiène, 5 mai 1976).

Il y a quelques années, plus modestement la vaccination antirubéole ne se donnait pour objectif que la protection contre la rubéole congénitale qui est à l'origine de 10 % des malformations.

Y est-on arrivé aux U.S.A. ? Ce n'est pas évident et on pouvait lire dans Médecine et Hygiène du 10 octobre 1983 :

« Depuis l'introduction de la vaccination aux U.S.A., la fréquence du syndrome de rubéole congénitale a diminué, mais on ne sait pas encore exactement dans quelle mesure la vaccination a contribué à ce résultat. »

Le Dr Allan (Aust. J. Med. Techn., 1973) estime qu'on ignore tout de l'efficacité de la vaccination antirubéole quant à son rôle de protection du foetus. Il signale que des personnes ont bien eu la rubéole en dépit de la vaccination.

Le Dr Allan signale que les conceptions classiques de l'immunité ont ces dernières années été soumises à rude épreuve, puisque, affirme-t-il, on a constaté que les épidémies de rubéole se produisaient dans des populations adultes immunisées entre 80 % et 95 %.

CONTRE-INDICATIONS

Le vaccin antirubéoleux ne doit pas être administré aux sujets qui présentent les états suivants : maladie fébrile intense, états pathologiques malins comme la leucémie, la maladie de Hodgkin, etc., hypo-gammaglobulinémie et autres états d'immunodéficience ; il est aussi contre-indiqué pour les personnes en cours de traitement aux corticoïdes et aux immunosuppresseurs et les personnes qui présentent une hypersensibilité à l'égard de constituants du vaccin, comme les antibiotiques utilisés pour sa préparation et qui sont indiqués sur la notice établie par le fabricant. (Médecine et Hygiène, 10 octobre 1979.)

 

EFFETS SECONDAIRES DE LA VACCINATION

La vaccination contre la rubéole provoque surtout des arthralgies.
Dans une étude de 1971 publiée par La Semaine des Hôpitaux de Paris, Tornson et coll. font le bilan d'une campagne massive de vaccination portant sur près de 12 000 enfants âges de 4 à 12 ans.

Des signes articulaires sont relevés chez 329 enfants, soit une incidence globale de 2,3 %.

Quarante enfants ont fait l'objet d'un examen rhumatologique. Les troubles apparaissent en moyenne 30 jours après la vaccination, lesdélais les plus longs dépassant 2 mois. Il s'agit 37 fois de douleurs articulaires franches ou de limitation de la mobilité et 3 fois d'arthralgies légères sans autre signe fonctionnel. La complication la plus gênante, observée dans 33 % des cas, simule un syndrome du canal carpien, sous forme de douleurs au poignet et des doigts réveillant l'enfant la nuit. Quels que soient les signes, ils disparaissent sans séquelles après une durée moyenne d'évolution de 18 jours.

Le même article fait état d'une étude de Lerman et coll. qui ont utilisé une souche de vaccin moins atténuée.
Les sujets vaccinés sont des jeunes femmes de 15 à 16 ans. La fréquence des arthropathies est nettement plus élevée dans cette tranche d'âge. Elle est en effet de 39 %.

Les manifestations articulaires sont cliniquement comparables à celles décrites chez l'enfant. Elles n'en diffèrent que par leur survenance à peine plus précoce et par leur évolution plus rapidement favorable. Il n'est pas rapporté de syndrome du canal carpien ; dans deux cas (sur 40), des récurrences sont signalées. Le point le plus intéressant de cette étude concerne les recherches virologiques et sérologiques. Il apparaît en effet que chez les sujets ayant des manifestations articulaires, le taux des anticorps est plus fréquemment retrouvé dans la gorge des vaccinés avec arthralgies. Ceci confirme des observations faites récemment : lorsque l'atténuation du virus est trop poussée, au point qu'il ne provoque pas d'arthralgies chez l'adulte ou qu'il n'est pas retrouvé dans le pharynx, l'immunisation devient moins fréquente et les taux d'anticorps sont faibles.

Dans un article paru dans Médecine et Hygiène du 5 mai 1976, l'auteur s'inquiète :

« Chez des patients atteints d'arthrite compliquant une rubéole spontanée ou une vaccination antirubéoleuse, le virus a pu être isolé à partir du liquide synovial.
On peut donc penser qu'une virémie est  effectivement  survenue  chez cette patiente. Cette éventualité est troublante : si le virus peut atteindre les articulations malgré des anticorps induits par le vaccin, il pourrait aussi atteindre le placenta d'une patiente enceinte. »

La réponse est donnée par des études menées à Helsinki, en Finlande, à Cleveland et Bethesda aux U.S.A., publiées par le New England Journal of Medicine. Le virus a été détecté chez 59 % des femmes au niveau du col de l'utérus ; dans 25 % des cas, il a été retrouvé dans le placenta. Un seul foetus était lui-même porteur du virus de la rubéole. Il est probable que le virus n'a pu être mis en évidence avec une plus grande fréquence chez le foetus du fait de l'intervalle relativement bref (11 à 30 jours) entre la vaccination et l'interruption de grossesse.

Par contre, la fréquence avec laquelle le virus est retrouvé dans le placenta après la vaccination est la même qu'en cas d'infection naturelle par le virus.

Jama du 27 juillet 1970 rapporte le cas d'une femme vaccinée à 3 semaines de gestation et dont le foetus était contaminé par le virus vaccinal.

Médecine et Hygiène du 27 juin 1973 publiait une étude portant sur 242 femmes. Dans 8 cas, un virus ressemblant à celui de la souche vaccinale a été isolé : 4 à partir de tissus foetaux et les autres à partir du placenta et de la caduque.

La vaccination de la femme enceinte est donc formellement déconseillée et c'est la raison pour laquelle on recommande un délai de 3 mois entre une vaccination et une grossesse.

Ce délai est un minimum. Le Sunday Times du 17 septembre 1983 rapporte le cas d'un enfant né avec des atteintes de la vue et de l'ouïe. La mère avait été vaccinée 3 mois avant la conception.

Les accidents neurologiques devraient être rares après cette vaccination, la maladie rubéolique naturelle ne s'accompagnant jamais de complications neurologiques ou d'encéphalopathies.

Or, le British Médical Journal du 30 octobre 1976 étudie le cas de deux patientes qui ont développé une myélite diffuse peu après avoir été vaccinées. Dans le premier cas, une paraplégie flasque avec rétention d'urine, incontinence fécale et une anesthésie au-dessus du niveau de D4 s'est développée 2 semaines après la vaccination. Deux ans plus tard, la situation est stationnaire. Dans le deuxième cas, le tableau clinique est identique, sinon que l'anesthésie est apparue au-dessous du niveau de D12. Cinq ans plus tard, aucune amélioration n'avait été observée.

En Grande-Bretagne, l'association des parents d'enfants victimes de vaccinations s'élève contre la campagne qui existe également dans ce pays et cite 2 cas de paralysie post-vaccinale.

Interférence avec des médicaments
Une étude de Sahari Krumtila, Hereditas, 1976, fait  état d'aberrations chromosomiques survenues chez des femmes qui avaient été vaccinées contre la rubéole. Les auteurs pensent que ces aberrations chromosomiques pourraient résulter de l'effet combiné du vaccin et de l'absorption de médicaments.

Sahari Kumtila, Marketta Kähkönen et Maija Wiloka font une communication sur un cas d'anomalies chromosomiques chez une femme vaccinée contre la rubéole et qui reçut un traitement contre les varices avec indomethacin 10 jours et furosemide 12 jours après la vaccination. Des anesthésiques avaient également été utilisés.

On retrouve pour cette vaccination comme pour bien d'autres la forme atypique de la maladie que contractent les vaccinés qui deviennent alors contagieux pour leur entourage qui ne s'en méfie pas.

Un médecin de Cincinnati, le Pr Gilbert Schiff, dans une étude portant sur 51 familles, a relevé 3 cas de contagion par contact avec des frères et des sœurs en période de vaccination. Les victimes n'ont présenté aucun symptôme apparent de maladie, seule la présence d'anticorps dans le sang a révélé l'agression du virus.

Le Pr Schiff déconseille toute vaccination dans un foyer où se trouve une femme enceinte.

Le Pr John Franklin Enders, Prix Nobel de médecine en 1954, lance un cri d'alarme à ses confrères : le vaccin pourrait être plus dangereux que la maladie elle-même. (L'Express, 30 août 1970.)

S. D.   

Tableau 1. - Infections rubéoliques en cours de grossesse et rubéoles congénitales dont le diagnostic a été rapporté au Laboratoire national de la santé
 Années  1976 1977 1978 1979 1980 1981* 1982**
Nombre de cas 186 114 229 311 123 74 105
Devenir précis  73
(39%)

59
(51%)

152
(66%)
195
(62%)
89
(72%)
   
Nombre de rubéoles congénitales 10 26 33 53 19    

 *Données provisoires **Données provisoires au début juiller 1982

 


 

 

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