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SLV n° 90 - Juin 1988 - p 4

Vaccinations, pouvoir médical, choix de société...

   d'après une conférence donnée au Salon Marjolaine

     (novembre 1987)
   

Lorsqu'on aborde le problème des vaccinations on pense qu'il s'agit d'un problème médical. Or cet aspect est en réalité mineur. Si la vaccination est en elle-même un acte médical, ce qui lui donne de l'importance est son caractère obligatoire sur le plan social.

Il n'est venu à l'esprit de personne de créer une association pour s'opposer à l'emploi de la cortisone ou des antibiotiques ou d'autres traitements qui peuvent cependant être utilisés inconsidérément ou présenter des dangers, pour la bonne raison qu'on a le libre choix de les utiliser ou non.

En plus, ce qui distingue les vaccinations des autres techniques médicales c'est qu'elles présentent deux caractéristiques :

  • elles ne s'adressent pas à des malades mais à des bien-portants, ce qui est une différence énorme,
  • elles sont appliquées systématiquement à de très importantes couches de la population, voire à des millions de gens en même temps, ce qui n'existe pour aucun autre acte médical (mis à part les examens radiologiques).

Pour vous faire comprendre par quel glissement subtil nous sommes arrivés à la situation actuelle, il va nous falloir effectuer un bref retour en arrière.

Contrairement à ce qu'on nous dit généralement les vaccinations n'ont pas commencé avec Pasteur mais d'abord par la variolisation. Ce sont les Chinois en particulier qui utilisaient des injections de pus variolique pour immuniser leurs femmes contre la variole afin de préserver leur beauté des cicatrices laissées par la maladie.

Cette pratique était basée sur une croyance qui persiste de nos jours, qui veut qu'on ne contracte pas deux fois une maladie infectieuse. On pensait que si on inoculait la variole sous une forme bénigne cela éviterait de développer la maladie sous une forme plus grave. C'est encore de nos jours le principe des vaccinations.

Ceci est peut-être une vérité statistique mais ce n'est pas forcément une vérité biologique. C'est une vérité statistique en ce sens qu'il est très rare de se casser deux fois une cheville dans sa vie ou de contracter deux fois une pneumonie par exemple. Pendant les guerres les soldats se mettent dans le trou que vient de creuser un obus parce que, statistiquement, il est peu probable qu'un deuxième obus tombe au même endroit. Cela ne veut pas dire que le premier obus a eu un effet protecteur par rapport à l'obus suivant. Il ne faut pas confondre les vérités biologiques et les vérités statistiques.

Biologiquement il n'est pas du tout évident qu'on ne contracte pas deux fois la variole (Louis XV en est un exemple illustre).

Au XVIIIe siècle Jenner a apporté une innovation en ce sens qu'il ne combattait pas la variole par une variole moins grave, mais qu'il la combattait en inoculant une autre maladie, en l'occurence la vaccine des vaches ou picote. En effet, selon une autre croyance les paysans qui touchaient le pis des vaches atteintes de « picote » étaient censés ne pas contracter la variole.

Jenner inocula donc le pus des vaches atteintes de cette maladie et on l'appela la vaccine. Cette méthode nouvelle présentait un avantage sur la précédente. En effet, que ce soit il y a deux cents ans ou maintenant quand on inocule un microbe ou un virus même atténué (ce qui n'était pas le cas dans la variolisation) on s'expose toujours à un retour à la virulence du germe inoculé et par conséquent on risque toujours de déclencher la maladie contre laquelle on veut se protéger. Avec Jenner la maladie inoculée étant moins grave que la variole la « vaccination » présentait moins de danger que la variolisation.

L'engouement en faveur de cette nouvelle technique se développa (comme auparavant pour la variolisation à la suite de Mme Montaigut, femme d'un ambassadeur anglais) dans la bonne société. On vaccinait dans les salons, où l'on amenait une vache coiffée d'un sac au milieu de la pièce entourée de dames amenant leurs enfants. C'était une nouveauté mondaine.

Avec la Révolution française et Napoléon, cette vaccination a été rendue obligatoire pour l'armée et on a essayé d'en faire bénéficier le peuple.

Tout le long du XIXe siècle il y eut des discussions entre les membres du corps médical pour savoir si cette vaccination était efficace ou non. Partisans de la vaccine et partisans de la variolisation s'affrontèrent. « Vaccinateur » devint un métier et la vaccination prit droit de cité.

À la fin du siècle ce sont les partis de gauche qui réclament la vaccination obligatoire pour en faire bénéficier toute la population. C'est Jules Ferry qui obtint que l'obligation soit votée en 1902. À ce moment comme maintenant, car rien n'a changé, on pensait ainsi faire du social, agir pour le bien de la collectivité.

C'était pourtant la première fois dans l'histoire qu'un acte médical était imposé par l'État à la population.

Au sein du corps médical les projets d'obligation avaient provoqué de sérieuses réactions, puisqu'une Ligue des Antivaccinateurs regroupait, sous la Présidence du Dr Boëns plusieurs centaines de médecins de plusieurs nationalités.
Au niveau des usagers les réactions sont assez mal connues. On ne sait pas si l'obligation a entraîné des réactions de masse.

Ceci a été la première atteinte aux libertés médicales.

Ensuite, dans les années 1938-1940, au moment des obligations des vaccinations contre la diphtérie et le  tétanos on a assisté à une deuxième progression de l'implantation d'un pouvoir médical car, si en ce qui concerne la variole on pouvait admettre que les citoyens devaient se soumettre à la vaccination pour rompre la chaîne de la contagion et préserver la collectivité, il n'en était pas de même pour le tétanos qui n'est pas une maladie contagieuse (ni du reste considérée comme immunisante). Toutefois le médecin a encore la possibilité d'établir un certificat de contre-indication, c'est-à-dire que si les citoyens sont privés de leur liberté, les médecins, eux, s'ils estiment que la vaccination peut être nocive, gardent le droit de la contre-indiquer sans pour autant être tenus d'en indiquer les motifs.

Dans les années 1950, lorsqu'il a été question de rendre la vaccination par le BCG obligatoire, le corps médical s'est trouvé très divisé. Les pouvoirs publics ont pris des mesures qui constituent un pas supplémentaire vers l'extension  du pouvoir de l'État : les motifs de contre-indication à la vaccination sont précisés par décret. Ils doivent être mentionnés sur le certificat et, en cas de désaccord entre le médecin traitant et les services de la DDASS, c'est l'arbitrage du médecin phtisiologue départemental qui est requis (c'est-à-dire un fonctionnaire collègue du précédent et qui n'a pas de compétence pour évaluer  le  bien-fondé  des  contre-indications de type allergique ou dues à un déficit immunitaire par exemple).

Dès lors le médecin est sous la tutelle des services du ministère de la santé. Il a lui aussi perdu sa liberté de choix.

Les réactions à de telles mesures ont été si dures, aussi bien dans la population qu'au sein du corps médical, qu'il a fallu dix ans pour que la loi puisse entrer en application et le ministère de la santé a créé un service spécialisé de médecins chargés de pratiquer le BCG qui nécessitait des techniques particulières pour éviter les réactions néfastes.

 Le Petit Journal - 1894

C'est à ce moment-là que les assujettis ont pu apprendre qu'il existait des opposants aux vaccinations et que celles-ci pouvaient présenter des dangers, car la grande presse avait ouvert ses colonnes aux détracteurs du BCG alors que jusque là les polémiques étaient restées internes au corps médical (notre Ligue fut créée à cette époque).

À partir des années 1960 on assiste à quelque chose d'encore plus grave, c'est-à-dire la mise en condition systématique de toute la population, y compris du corps médical, afin d'imposer le dogme vaccinal.

Tout est mis en œuvre à tous les niveaux pour catéchiser, pour conformer tout le monde, non seulement au credo vaccinaliste, mais également à la propagation de l'idéologie vaccinale.

Dans une petite brochure éditée par la Préfecture de Paris, sous la plume de Régine Lambert et préfacée par le Pr Debré, celui-ci dit :

« Une vaccination doit être populaire, réclamée, exigée même par les intéressés et non point seulement imposée par une contrainte légale à laquelle beaucoup cherchent à échapper et trouvent toujours des complicités pour y parvenir. L'éducation civique n'est pas développée en France, la vaccination est un devoir non seulement vis à vis de soi-même mais vis à vis de la société. Il y a encore en France des morts par polio, par diphtérie et par tétanos. Dans certains pays, soit sous l'influence d'un esprit civique bien développé ou d'un régime policier que nous ne pourrions pas accepter, on ne déplore plus aucune de ces morts ».

Ces quelques lignes représentent un résumé total de la mise en condition  à  laquelle  nous sommes soumis.

Lorsque le Dr Debré semble croire que les contraintes légales peuvent être facilement contournées il minimise caricaturalement leur gravité et leur ampleur. En fait celles-ci se situent à deux niveaux :

  • une obligation de vaccination assortie de sanctions pénales pouvant aller jusqu'à des amendes de 1000 F et un emprisonnement de dix jours à un mois, les deux pouvant être doublés en cas de récidive pour les réfractaires,
  • une nouvelle obligation au niveau scolaire, seuls les enfants vaccinés (ou ceux justifiant d'une contre-indication médicale) pouvant fréquenter un établissement d'enseignement.

Si le décret du 28 février 1952 ne prévoit qu'une vérification des vaccinations D.T. au moment de l'inscription, la réalité a largement outrepassé le stade du contrôle administratif.

Les médecins scolaires et les services de vaccinations par le BCG qui dépendent les uns et les autres du ministère de la Santé imposent leur loi aux responsables de l'Éducation nationale. Ils exigent bien souvent des rappels (D.T.P.) non prévus par la législation, demandent des comptes aux médecins jugés par eux trop complaisants et ne se privent pas de brandir la menace de l'exclusion scolaire, ou interdisent la pratique des activités sportives...

On peut voir ainsi que lorsque le Dr Debré dit que nous ne sommes pas sous un régime policier, il manie les contre-vérités et cela bien plus avant qu'on ne pourrait l'imaginer.

Lorsqu'il dit que l'éducation civique n'est pas développée en France, ce n'est pas très juste en ce qui concerne le sujet qu'il aborde, c'est-à-dire l'incitation aux vaccinations, puisqu'on ne craint pas de le faire en culpabilisant les parents qui hésitent à faire vacciner leurs enfants, et les enseignants sont de fervents propagandistes.

En revanche il est faux de nous dire que dans certains pays (on aimerait bien savoir lesquels), soit sous l'effet d'un esprit civique, soit sous l'influence d'un régime policier, on ne déplore plus aucune de ces morts. Dans les autres pays d'Europe les obligations vaccinales sont rares. Si la population de Grande-Bretagne a une couverture vaccinale équivalente à la nôtre bien qu'aucune vaccination n'y soit obligatoire, il n'en est pas de même en Belgique, ni en RFA, ni aux Pays-Bas, ni en Espagne. Les cas de polio, de diphtérie ou de tétanos n'y sont pourtant pas plus fréquents que chez nous au contraire.

Le Dr Debré met donc en lumière que pour que le conditionnement soit parfait il faut, et c'est le nec plus ultra, non pas seulement imposer les vaccinations aux gens, mais arriver à faire que ce soit eux qui réclament de leur propre chef de se faire vacciner !

Régine Lambert dit plus loin dans le même ouvrage qu'il faut « obliger chacun à s'immuniser pour ne pas être une source de contamination pour les autres, c'est-à-dire du groupe qui entoure l'individu ».

Nous sommes donc maintenant passés de la vaccination « protection de l'individu » à la vaccination « devoir social ».

L'intérêt de l'individu n'est plus en jeu. Ce qui compte c'est l'intérêt de la collectivité, ou du moins ce que l'État estime être l'intérêt de la collectivité. En politique l'on sait que penser des idéologies d'État qui s'arrogent la connaissance de ce qui convient le mieux pour le bien des populations.

Donc nous sommes entrés dans un régime de médecine étatique et c'est une progression extrêmement grave car elle se fait :

  • au mépris des lois qui reconnaissent aux malades le droit de refuser un traitement médical et a fortiori à un bien portant, puisque, je le rappelle, les vaccinations ne s'adressent pas à des malades mais à des bien portants (on peut encore prendre certains risques lorsqu'il s'agit de guérir un malade, mais prendre des risques qui peuvent être mortels en inoculant à un bien portant une vaccination, non pas dans son propre intérêt mais dans celui – supposé – de la collectivité, est bien plus grave sur le plan de l'éthique)
  • au mépris d'un arrêt de la Cour de cassation qui reconnaît « qu'il est à remarquer qu'une vaccination est un acte essentiellement médical et qu'aucun acte médical ne peut être imposé à un être humain contre son gré ou contre celui de son représentant légal »,
  • au mépris de la Constitution qui reconnaît aux citoyens le droit au respect de leurs convictions philosophiques, politiques ou religieuses.

L'État s'arroge le droit d'imposer aux citoyens ce qui n'est qu'un dogme médical, comme d'autres États imposent une idéologie politique.

Cette mise en condition est tellement bien réussie que nous avons même du mal à en prendre conscience, parce qu'elle est arrivée progressivement. Si de plus anciens s'insurgent contre cette suppression de leur liberté, les jeunes sont souvent prêts à l'accepter en se disant que, si c'est pour leur bien, l'État peut bien décider à leur place. Nous avons même perdu le sens du droit de nous soigner ou de gérer notre propre santé selon nos propres critères de référence.

Un dossier publié en 1982 par la publication Question-Santé Magazine et réalisé grâce au soutien de la Commission Française de la Culture de l'Agglomération de Bruxelles s'intitule : Les illusions de la prévention. Les titres des différents sujets traités n'ont pas manqué de susciter dans mon esprit le plus grand intérêt : « La grande peur de la prévention » (Norbert Bensaïd), « Prévention, pouvoir médical et liberté » (Marc Estienne), « Éducation sanitaire et paradoxe » (Vincent Magos et Jean Vogel).
On y trouve une réflexion très intéressante et qui va tout à fait dans le sens de notre action :

« II y a un terrorisme du langage en matière de prévention qui est une espèce de mensonge à plusieurs échelons : au niveau du résultat de l'épidémiologie on force un petit peu les résultats, après quoi en les exprimant on les force encore un petit peu. [...] Les arguments médicaux sous-tendant la politique de prévention sont donc discutables. On sait très bien qu'ils sont variables. Je suis assez vieux pour avoir vu pas mal de modes médicales se succéder les unes aux autres et elles ont cette chose en commun, simplement, que ce sont toujours des certitudes absolues ».

Puis, plus loin :

« La médecine n'a pas à définir d'une manière rigoureuse et rigide le bien qu'elle doit apporter aux patients. Elle doit mettre les instruments et l'information dont elle dispose au service du bien que les patients souhaitent pour eux. C'est à eux de choisir leur vie. Le mot responsabiliser, par exemple, est un mot qui montre bien l'espèce de bascule qu'a subi l'idée de la prévention. Pour ceux qui y ont pensé au départ, c'était donner à chacun sa liberté. Dire "vous êtes responsables" veut dire "vous faites ce que vous jugez bon, vous payez les pots cassés le cas échéant". Ceci est devenu : "vous êtes responsables de ce qui vous arrive, vous êtes responsables envers la société, donc vous êtes coupable" ». (Dr Norbert Bensaïd)

Mais ce qui est à la fois paradoxal et totalement révélateur c'est que dans ces différentes études le mot « vaccination » ne figure pas une seule fois !

Ce qui indigne le Dr Bensaïd c'est que l'État pourrait intervenir dans la vie privée en la réglementant :

« Cette perversion de la pensée médicale est peut-être une des conséquences les plus désastreuses du triomphe de la prévention. Si vraiment nous devons non seulement ne pas boire, ne pas fumer, prendre de l'exercice, manger, nous reproduire, faire l'amour et dormir selon les règles médicales (c'est-à-dire avec une vie absolument encadrée par la médecine), tout à coup nous ressemblons à ces gens qui s'occupent de leur voiture uniquement pour le plaisir de s'occuper de leur voiture et pas pour aller quelque part ».

Parmi les thèmes abordés, celui du pouvoir médical avait suscité quelques réflexions :

« Et puis sur le plan politique, il y a le pouvoir du corps médical. Non plus seulement le pouvoir du médecin sur chaque patient, mais le rapport du médecin en tant que caste ».

« A quoi donc correspond cette prévention chez celui qui la lance ? Vise-t-il le bien  du malade ? Le bien-être de la communauté ? Le souci d'économiser, ou la normalisation à outrance des conduites ? »

Sous la plume de Marc Estienne nous lisons encore, à propos des médecines curative et préventive :

« La deuxième au contraire paraît accumuler les erreurs : abusive car se fondant le plus souvent sur des statistiques discutables, normative et moralisatrice car elle définit un code de bonne conduite auquel tous doivent se soumettre sous peine de tomber malades, elle est autoritaire et largement inefficace. Plus grave, certains de ses bons conseils sont devenus des obligations légales menaçant dès lors clairement les libertés  individuelles ».

Pourquoi  Marc  Estienne  ne prononce-t-il pas le mot « vaccination » ? Aurait-il peur de concrétiser sa pensée, ce qui l'obligerait peut-être à aller plus loin que le simple discours ? Quelles sont ces obligations légales qu'il effleure à peine du bout de sa plume ?

II y a un abîme entre la dénonciation écrite ou parlée d'un certain pouvoir médical et sa prise de conscience tangible, traduite dans les faits.

Cette liberté de parole cache mal une dépendance au pouvoir qu'on dénonce. Elle révèle à quel point « la normalisation à outrance des conduites » est bien réussie.

Pour parvenir au conditionnement de toute la population l'État dispose de moyens colossaux. Nous sommes tellement habitués à les subir que nous n'y faisons pas non plus attention et c'est cela qui, à mon sens, est le plus grave dans cet embrigadement vaccinal qui nous est imposé.

L'État et les lobbies économiques possèdent la maîtrise totale des moyens d'information, aussi bien au niveau du corps médical que de l'ensemble de la population (c'est la raison pour laquelle nous ne passerons jamais à la télévision). Un journaliste médical peut difficilement critiquer la médecine officielle alors que les laboratoires sont les principaux annonceurs des revues et journaux qui l'emploient.

Lorsque le Dr Pradal, alors qu'il était directeur du journal l'Impatient, avait laissé paraître un article critiquant la vaccination contre la polio, le Conseil de l'Ordre de la Seine avait prononcé sa radiation pour trois mois sur plainte d'un confrère !

Cela s'appelle de la dictature.

Le ministère de la Santé chapeaute tout un réseau d'exécutants, avec les services de la DDASS qui disposent de tout un personnel qui s'assure que la loi est bien appliquée, qui poursuit les contrevenants, qui rappelle à l'ordre les médecins soupçonnés de complaisance.

Les maires transmettent également aux services de la DDASS les noms de leurs administrés qui ne se soumettent pas aux vaccinations, afin que des poursuites soient engagées.

Pour parfaire la réalisation de leurs programmes les ministères ont créé des associations telles que le Comité Français d'Éducation pour la Santé qui disposent de subventions considérables (et qui n'ont d'association que le nom...).

Certaines municipalités se sont, à la demande de l'INSERM, dotées d'un fichier qui leur permet de contrôler la situation vaccinale des enfants, de connaître les médecins qui établissent des certificats de contre-indication (sur ce fichier des renseignements tels que « parents végétariens », « mère célibataire », etc. sont également notés, leurs enfants étant considérés comme sujets à risque).

Ce système d'État dispose donc d'un maximum de moyens efficaces pour faire marcher tout le monde au pas dans la bonne ligne vaccinale.

Il existe aussi le chantage au versement des Allocations familiales. Il s'agit en effet d'un chantage car c'est la visite médicale qui conditionne le versement des Allocations familiales et non pas la vaccination. Ce qui se passe c'est que le pédiatre refusera de suivre un enfant dont les parents se montrent réticents envers les vaccinations. Lorsque le médecin note sur la fiche que l'enfant n'a pas reçu les vaccinations, le système répressif se met aussitôt en marche sous l'impulsion de la DDASS.

Il existe enfin, ainsi que je vous le disais tout à l'heure, cette deuxième obligation qui est plus dissuasive que les autres : lors de l'inscription de l'enfant dans une collectivité (crèche, garderie) et dans un établissement scolaire, la loi prévoit bien la présentation du certificat de contre-indication mais celui-ci n'est jamais accepté en crèche ou en garderie. Les médecins rappelés à l'ordre se montrant de plus en plus réticents à en délivrer, il est bien souvent difficile d'utiliser ce moyen pour inscrire un enfant à l'école.

Depuis quelque temps une nouvelle pression très dissuasive se fait jour au niveau des médecins du travail : ceux-ci ne délivrent le certificat d'aptitude au travail que si l'employé ou l'ouvrier a reçu des rappels de vaccinations qui ne sont pourtant absolument pas obligatoires.

Il s'agit d'un réel abus de pouvoir de la part de l'administration mais comment faire front ?

On ne prend conscience de tout cela que lorsqu'on se trouve soi-même confronté à un problème car le système fonctionne tellement bien qu'il est accepté par l'ensemble de la population, laquelle par surcroît se sent protégée.

J'insiste, mais notre manque de réaction vis-à-vis de ces atteintes à des libertés fondamentales signe notre dépendance.

Dans son ouvrage Le carnet immunologique le Dr Kalmar explique ce qui peut apparaître comme une lapalissade, à savoir

« qu'il existe une relation logique entre l'esprit d'une époque et celui de la médecine telle qu'elle est pratiquée à la même époque. Or cette médecine que l'État nous impose par le biais des vaccinations est, comme notre société, une médecine technicienne et planificatrice. Elle ne conçoit d'efficacité possible que par l'intermédiaire des procédés artificiels imposés à l'organisme,  la  notion  de  défense naturelle et spontanée n'est plus, selon des circuits originaux, prise en considération. En présence d'un trouble quelconque rien ne s'opère dans l'organisme, estime-t-on, sans qu'une technique inventée par l'homme n'intervienne. Il y a eu des sociétés solaires mais dans notre société moderne le soleil n'occupe aucune place car il a l'outrecuidance de se lever et de se coucher tout seul sans être réglé par nos ordinateurs ni par un arrêté préfectoral, mais on est arrivé à armaturer l'immunité de telle sorte qu'elle ne puisse se réaliser sans une technique officielle ».


Une séance de vaccine à l'Académie de médecine (par Louis Sabattier - L'Illustration - 26/11/1898)

La vaccination fait partie de l'arsenal de l'allopathie, c'est-à-dire d'une certaine conception de la médecine.

Il existe d'autres conceptions de la médecine : les conceptions homéopathiques, les conceptions énergétiques, par exemple. Or c'est un type de médecine qui nous est imposé, une médecine qui remplace des processus biologiques naturels par des interventions artificielles. On remplace une immunité naturelle pourtant estimée à 85 % à 90 % de la population en ce qui concerne les maladies contre lesquelles on vaccine obligatoirement (polio : 90 % avant vaccination, diphtérie, rubéole : 90 % des femmes si l'on attend l'âge de 20 ans) par une immunité du groupe vacciné de 80 à 85 %. La durée de l'immunité  est également  plus courte ce qui oblige à recourir à des rappels tous les cinq ou dix ans, c'est-à-dire pendant toute la vie.

Cette politique nous entraîne obligatoirement dans des campagnes de vaccinations systématiques puisque pour obtenir une couverture immunitaire de 75 % de la population on est obligé d'en vacciner 90 à 95 % (par exemple, si l'on vaccine les fillettes autour de la puberté sans attendre l'âge de vingt ans). C'est ce qui explique que les pouvoirs publics entreprennent des campagnes de propagande aussi musclées pour amener les gens non seulement à être vaccinés contre leur gré mais, ce qui est plus efficace, à réclamer eux-mêmes la vaccination.

Vous pouvez ainsi comprendre quelle dépendance médicale les vaccinations systématiques entraînent pour le public. Toute notre vie nous serons obligés d'aller nous faire vacciner contre telle ou telle maladie. C'est l'emprise totale d'une certaine forme de pouvoir médical.

Cette médecine et ces comportements qu'on nous impose à travers les campagnes systématiques de vaccinations vont tout à fait à l'encontre de ce que beaucoup d'entre vous recherchent, c'est-à-dire une démarche personnelle vers un équilibre, vers la santé. C'est la négation totale de l'individu qui doit se fondre dans le troupeau. Elle nous infantilise, fait de nous des assistés ou des esclaves suivant que nous suivons le courant, que nous résistons ou que nous nous y soumettons par crainte des représailles.

C'est à mon avis « l'effet secondaire » le plus grave résultant des vaccinations systématiques de masse. Les conséquences néfastes au niveau de la santé sont considérables (voir le livre La Rançon des vaccinations) mais les conséquences au niveau du conditionnement psychologique le sont peut-être encore davantage. Par le quadrillage sanitaire, la mise en place de tout un réseau d'exécutants hiérarchisés, l'application des campagnes systématiques de vaccinations fournit des structures immédiatement utilisables par tout pouvoir, qu'il soit économique, religieux ou politique et en particulier par les forces militaires.

Le Comité d'Éthique Indien ne redoute-t-il pas que le projet d'expérimentation de vaccins prévu pour une durée de cinq ans (projet Indo-américain) « fournisse aux Américains des données sanitaires et démographiques qui pourraient se révéler stratégiquement importantes par exemple dans l'optique d'une guerre biologique » (La Recherche, décembre 1987) ?

Cette mise en condition intensive à tous les niveaux de la société est très difficilement réversible. Comment revenir en arrière après avoir tant vanté les vertus des vaccinations de masse ?

Comment se dégager du préjugé passionnel qui colle au mot même de « vaccination » ? Un conseiller auprès de l'OMS ayant déclaré que les campagnes de vaccination anti-variolique auraient contribué à l'explosion du SIDA « les experts sont réticents à prendre parti publiquement sur cette théorie parce que cela pourrait être interprêté inélégamment comme une critique envers l'Organisation  Mondiale pour la Santé » pouvait-on lire dans The Times le 11 mai 1987 !

L'intérêt général exigerait une prise de conscience de nos comportements et de leurs raisons sous-jacentes. Nous devons avoir le courage de reconnaître nos erreurs et de savoir regarder en face le type de société que nous laissons s'installer.

Simone DELARUE

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