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Accueil Page mise à jour le 09/08/2011

SLV n° 93 - Mars 1991 - p10 - Mise en place du PEV

Le rôle de l'UNICEF

L'UNICEF aujourd'hui

L'UNICEF a été créé en 1946 en tant que Fonds international de secours à l'enfance pour aider les enfants de l'Europe dévastée par la guerre. Au début des années 1950 l'Assemblée générale des Nations Unies a raccourci le nom de l'UNICEF tout en élargissant son mandat, afin que l'organisation se préoccupe également des problèmes des enfants du monde en développement.

Aujourd'hui l'UNICEF est constitué d'un réseau de bureaux nationaux et régionaux desservant 121 pays du monde en développement ; il bénéficie du soutien des comités nationaux ainsi que d'autres organisations bénévoles dans les pays industrialisés.

L"UNICEF « attache une attention spéciale aux principales causes de décès et de maladie des enfants de moins de cinq ans » et estime que la moitié au moins des décès d'enfants de moins de cinq ans ainsi qu'un nombre égal d'infirmités « pourraient être évités grâce à quelques mesures simples et peu coûteuses de protection de la santé. »

En particulier « bon nombre des trois millions d'enfants qui succombent chaque année à la rougeole, à la coqueluche, à la diphtérie, au tétanos, à la poliomyélite et à la tuberculose pourraient être sauvés par la vaccination. »

Qui finance l'UNICEF ?

L'ensemble des ressources financières de l'UNICEF est constitué par des contributions volontaires, 75 % provenant des gouvernements de plus de 120 pays, 25 % provenant des collectes de fonds et de contributions versées par des particuliers ou des organisations et diverses institutions (fondations telles que Fondation Mérieux, Fondation Rockefeller, Fondation Pasteur).

Le budget total de l'UNICEF pour 1989 a été de 667 millions de dollars et est estimé pour 1990 à 721 millions de dollars. En millions de francs cela équivaut à un total de 4 202,1 pour l'année 1989.

Les priorités de l'UNICEF

Deux grands axes sont prioritaires : la santé et l'eau.

La santé ? c'est-à-dire les campagnes de vaccinations, qui représentent 30 millions de dollars rien qu'en vaccins, auxquels il convient d'ajouter les frais de logistique (chaîne de froid, transport), de personnel, de formation des vaccinateurs, etc. Ces frais multiplient le coût des vaccins par dix dans certains pays.

C'est pourquoi il convient bien de distinguer le coût des vaccins du coût de la vaccination. Dans certains pays l'infrastructure capable de délivrer des vaccins a dû être créée de toutes pièces, avec un coût en conséquence, alors que d'autres pays ont déjà une infrastructure existante, ce qui revient moins cher.

« Le programme d'immunisation à long terme ne représente que le premier pas sur le chemin de soins de santé primaires étendus. Les activités relatives à un programme accéléré de vaccination sont idéales pour servir de “fer de lance” à l'introduction et au renforcement, sur une plus grande échelle, des services associés à la survie et au développement des enfants », explique Tony Hughes dans un article intitulé Immunisation : mobilisation en vue de l'immunisation universelle des enfants d'ici 1990 (UCI/1990).

Les autres mesures concernant la santé infantile sont la TRO (Thérapie par Réhydratation Orale) qui consiste à administrer un mélange d'eau, de sel et de sucre pour prévenir et traiter la déshydratation diarrhéïque « qui est la cause la plus fréquente de décès chez les enfants de moins de cinq ans » (1), la promotion de l'allaitement maternel exclusif pendant quatre à six mois puis mixte bien au-delà du premier anniversaire de l'enfant, et la planification des naissances.

L'eau ne vient qu'en seconde position après la santé, avec l'assainissement.

« Une personne sur cinq dans le monde ne dispose toujours pas d'eau et d'un système d'assinissement fiable. La santé, la productivité et la qualité de la vie familiale en font les frais » (2).

Cette situation est pourtant à l'origine de la plupart des décès d'enfants dans le monde en développement.
L'eau et l'assainissement représentent 17 % des dépenses de l'UNICEF alors que la santé en absorbe 45 %.

Vaccination

- les faits

« Chaque jour, plus de 200 000 enfants des pays en développement sont vaccinés contre la polio, la diphtérie, le tétanos, le coqueluche, la rougeole et la tuberculose », peut-on lire dans le rapport annuel de l'UNICEF pour 1990.
« Quelque 85 millions d'enfants par an sont maintenant vaccinés contre la polio dans les pays en développement, soit environ 76 %. »
« Près de 90 millions d'enfants d'un an sont vaccinés contre la tuberculose dans les pays en développement, soit environ 83 %. »

L'UNIPAC (Unicef Procurement and Assembly Center) filiale de l'UNICEF chargée de l'achat par appels d'offres de tout le matériel technique ou pharmaceutique, du stockage et du conditionnement des marchandises, ainsi que de leur transport jusqu'aux pays en développement, l'UNIPAC donc a livré en 1986 environ 470 millions de doses de vaccin.
Pour 1988 le chiffre était de 630 millions de doses, et l'estimation pour 1989 était de 820 millions de doses de vaccin.

- 1 milliard de dollars par an

La vaccination contre la rougeole, le tétanos, la coqueluche et la polio coûte environ dix dollars par enfant, exécution comprise.
La vaccination contre ces quatre maladies plus celles contre la tuberculose et la diphtérie coûte environ 15 dollars par enfant.

« Le coût total de la vaccination, qui s'élève à environ 1 milliard de dollars par an, n'a rien d'exorbitant », affirme J.P. Grant, directeur général de l'UNICEF (3).

- mobilisation sociale

Tous les enfants auxquels on administre une première dose de vaccin ne reçoivent pas la série complète. En effet les taux d'abandon entre la première et la troisième injection atteignent souvent 50 %. Nous n'avons trouvé aucune précision sur les causes de cet abandon, telles que réactions indésirables à la vaccination par exemple, mais en revanche une stratégie est développée pour mettre à profit toute occasion de vacciner les enfants :

« Les enquêtes prouvent invariablement que 50 %, voire plus, des enfants qui sont amenés dans des centres de santé pour des motifs autres que la vaccination sont justiciables de vaccination, mais en repartent pourtant sans avoir reçu les vaccins voulus. Dans la plupart des programmes de vaccination, le plus grand défi consiste à faire en sorte que les enfants soient amenés au centre de santé : ne pas les vacciner lorsqu'il sont là, c'est laisser passer une occasion en or. »(4)

C'est ainsi qu'une maladie aiguë n'est plus considérée comme une contre-indication absolue à la vaccination.

« Dans de nombreux pays, on est parvenu à réduire le taux d'abandon en vaccinant les enfants lorsqu'ils venaient au dispensaire pour le traitement de maladies courantes, telles que la diarrhée et les infections respiratoires. »(5)

Soulignant que la demande de vaccination est aussi importante que l'offre, l'UNICEF estime que l'approche connue sous le nom de « mobilisation sociale » est le moyen de sensibiliser les parents au fait que leurs enfants doivent impérativement recevoir la série complète des vaccins avant leur premier anniversaire.
La mobilisation sociale, grâce à laquelle il a été possible de doubler, voire de tripler, la couverture vaccinale dans de nombreux pays pendant les années 1980, consiste à faire usage de toutes les structures de la société, y compris les écoles, les médias, les autorités religieuses, les associations non gouvernementales, le monde des affaires, les syndicats, les organisations de femmes, les associations communautaires, les gens du spectacle et les agences de publicité, pour mettre à la disposition du plus grand nombre les connaissances vitales en matière de santé, telles que le besoin de faire vacciner les enfants.

Droit de l'enfant

Ne nous étonnons pas de retrouver l'UNICEF parmi les initiateurs de la Convention des Droits de l'Enfant, en particulier aux fins d'imposer les vaccinations à tous, comme mesure prioritaire « dans l'intérieur supérieur de l'enfant », lequel doit être protégé contre la négligence et certaines opinions de ses parents.

S. Valmage

Notes :

1. La Situation des enfants dans le monde 1991 UNICEF, p. 23
  2. La Situation des enfants dans le monde 1991 UNICEF, p. 30
  3. La Situation des enfants dans le monde 1991 UNICEF, p. 14
  4. Article de presse pré-rédigé par l'UNICEF à l'intention des journalistes (1990), Les vaccins sauvent deux millions d'enfants
  5. J.P. Grant, La Situation des enfants dans le monde 1989 UNICEF, p. 4

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