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SLV n° 93 - Mars 1991 - p8 - PEV

Le P.E.V.

Programme élargi de vaccination de l'Organisation Mondiale de la Santé

En 1974 l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) lança un vaste programme pour promouvoir la Santé pour tous en l'an 2000.
En 1978 les États membres de l'OMS se sont réunis à Alma Ata pour définir une politique commune de soins de santé primaires dans laquelle les populations seraient démocratiquement impliquées afin qu'elles puissent faire face elles-mêmes à leurs problèmes de santé.

Sous la pression des pays occidentaux cette politique évolua vers des soins de santé sélectifs, c'est-à-dire qu'au lieu d'aider la population d'un pays à obtenir une amélioration globale de son état de santé par une action sur l'environnement, les conditions sociales ou politiques qui favoriseraient un meilleur état de santé, l'OMS, soutenue par l'UNICEF et la Banque Mondiale, a décidé d'imposer des programmes verticaux et autoritaires de lutte sélective contre certaines maladies par des campagnes systématiques de vaccination : c'est le PEV, Programme élargi de Vaccination.

Ce programme prévoit que tous les enfants du monde devront être vaccinés contre six maladies, la poliomyélite, la diphtérie, le tétanos, la rougeole, la coqueluche et la tuberculose. Cet objectif devait être atteint en 1990 mais son échéance est reportée.

On pouvait lire dans Le Monde du 23 mars 1983 :

 « Parmi les voies d'approche préconisées par l'OMS pour atteindre la “Santé pour tous en l'an 2000”, figure, entre autres, la vaccination de tous les enfants du monde contre les six maladies les plus communes de la petite enfance (poliomyélite, diphtérie, tétanos, rougeole, coqueluche, tuberculose), responsables à elles seules de la mort de cinq millions d'enfants chaque année et de lourdes séquelles pour cinq autres millions. Une action rationnelle, systématique, d'immunisation des enfants contre ces six maladies à l'échelle de la planète ne permettrait-elle pas d'amorcer concrètement la politique de soins de santé primaires, de lui conférer, outre une indiscutable (sic) efficacité, la crédibilité qui lui manque ?

Telle est la thèse qu'a décidé de défendre le comité pour vacciner les enfants du monde que viennent de constituer M. Robert Mc Namara, ancien président de la Banque Mondiale, le Pr Jonas Salk, directeur du Salk Institute (La Jolla, Californie), M. Léopold Sedar Senghor, ancien président du Sénégal et M. Van den Hoven, président d'Unilever ; un comité dont la création a été annoncée lors du colloque de Bilthoven. La mise en œuvre effective de ce programme, a déclaré M. Mc Namara, devrait permettre non seulement de sauver la vie de cinq millions d'enfants chaque année, mais aussi d'espérer, outre des améliorations sanitaires considérables, un allègement de la pression démographique à terme. »

Qui est qui ?

  • Robert Mc Namara

Ancien président de la Banque Mondiale, ancien secrétaire d'État aux USA qui ordonna les bombardements massifs du Viet Nam, auteur de ces déclarations :
« avec 400 millions de dollars, on peut vacciner chaque année tous les enfants des pays en voie de développement ; notre projet est d'y parvenir avant la fin de la décennie (...). Lorsqu'un couple n'a plus besoin de mettre six enfants au monde pour être certain d'avoir un jour un fils adulte, il fait moins d'enfants. En réduisant la mortalité infantile, nous obtiendrons une diminution de la natalité. La science et la technique sont là : il nous reste à les appliquer sur le terrain. »(1)
« Il faut prendre des mesures draconniennes de réduction démographique contre la volonté des populations. Il faut donc augmenter le taux de mortalité. Comment ? Par des moyens naturels : la famine et la maladie. »(1)

  • M. Van den Hoven

PDG d'Unilever, l'énorme multinationale pour l'exploitation du tiers-monde, dont la spécialité est d'imposer la monoculture de l'arachide et dont l'armée de mercenaires se fit tristement remarquer lors de l'affaire du Katanga, par son acharnement contre Patrice Lumumba qui pour finir fut assassiné (2).
Unilever contrôle les sociétés Totaliment, Assimyl (Boivin), Astra-Calvé qui produit des tourteaux, et la société Technique d'Alimentation Rationnelle. Établi en Hollande, Unilever est un des « grands ». Il est le plus important fabricant de margarine, d'huile et de savon du monde entier. Son budget est aussi important que celui d'un état européen moyen, son personnel compte près de 300 000 salariés... [suivent une liste de filiales, de marques et des chiffres datant de 1965 : consulter éventuellement l'article complet sur demande].

  • Jonas Salk

Patron du célèbre Institut dont un département au moins travaille sous contrat avec le Pentagone (4). En 1988, l'Institut Salk a conclu un contrat avec l'armée américaine de 32,3 millions de dollars pour la production de vaccins et de réactifs biologiques (5).

Cette paternité du PEV dans laquelle on retrouve à la fois des représentants de la haute finance internationale et du Pentagone est assez inattendue pour un programme concernant la santé du monde.

Notes : 1. et 4. Sida, tristes chimères, Rolande Girard, Éd. Grasset
  2. Le Fruit de vos entrailles, Rolande Girard, Éd. Suger
  5. Wall Street Journal, 5 avril 1988.

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