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Accueil Page mise à jour le 09/07/2017

Zoom sur les méningites

La maladie

   D'abord, qu'est-ce que « la méningite » ?

La méningite est la conséquence d’une atteinte des fines enveloppes qui entourent le cerveau et la moelle épinière : les méninges. Normalement  le cerveau est peu sensible aux infections car il est enveloppé par les méninges. Malheureusement, dans des circonstances encore mal connues, certains microbes parviennent à les franchir et à provoquer une méningite.

Elle est le plus souvent secondaire à une infection (bactérienne, virale ou fongique).
La méningite est donc une  réaction  inflammatoire des méninges, le plus souvent d'origine infectieuse.

Elle s’accompagne souvent d’une encéphalite par réaction inflammatoire concomitante, traduisant des signes de souffrance cérébrale. On parle alors de méningo-encéphalite.

La méningite se  transmet en principe par une personne infectée ou porteuse saine, suite à un contact étroit et/ou prolongé (salive), ou par les sécrétions du nez et de la gorge.
Pourtant, la plupart des personnes en contact avec la bactérie ou le virus ne développeront pas l’infection.
C’est le propre des maladies contagieuses et des épidémies : tout est question de terrain ou – pour employer un terme plus scientifique – de biotype.

En réalité, on devrait parler « des » méningites.

Il existe de très nombreux types de variétés de méningites, mais on peut les classer en deux catégories principales : 

  • les méningites bactériennes, les plus rares (20 à 25 % des cas de méningite), mais qui sont les plus graves ;
  • les méningites virales qui sont les plus fréquentes (environ 75 % des cas) et généralement bénignes dans les pays occidentaux.
  • des méningites plus rares peuvent être d'origine parasitaire ou fongique ; il existe aussi des réactions méningées sans germe (chimique, cancéreuse, etc.) 

♦ Les méningites bactériennes

La méningite bactérienne est une maladie contagieuse à déclaration obligatoire.

Les méningites bactériennes sont provoquées par trois germes principaux : Haemophilus influenzae de type B (Hib), méningocoque type B et C et surtout pneumocoque. Toutes méningites bactériennes confondues, on diagnostique environ 1400 cas en France [2]

  • L’Haemophilus influenzae est une bactérie très répandue qui vit, le plus souvent,  en parfaite harmonie avec l'homme. On parle alors de « porteur sain » et le germe est dit saprophyte
    On retrouve Haemophilus de type b chez 4 % de la population, dans les muqueuses du nez et de la gorge. À l'occasion d'une baisse de l’immunité, cette bactérie peut provoquer un problème ORL ou pulmonaire. Dans de très rares cas, cela peut être suivi de complications graves (avant l'âge de 5 ans surtout) : méningite, mastoïdite, épiglottite.
    L’Haemophilus influenzae de type b est devenu rare en France depuis l'administration de la vaccination, surtout chez le nourrisson entre 1 et 12 mois. Mais cette vaccination fait émerger des méningites à Haemophilus de type F et E envers lesquelles le vaccin n'a aucune action.
  • Le méningocoque (Neisseria meningitidis) est lui aussi très fréquemment rencontré : 10 à 15 % de la population est « porteur sain ». Treize types de cette bactérie sont connus à ce jour.
Neisseria meningitidis, responsable de la méningite cérébro-spinale - Institut Pasteur

En Europe on retrouve les types B (60 % des cas),  C (26 % des cas) et plus rarement les types A, Y (dans 3 % des cas) ou W135 (6 % des cas), surtout dans l'enfance et la grande adolescence. Le type A prédomine en Afrique (80 à 85 % des cas), entre 1 et 29 ans surtout et le C au Brésil. Mais cette situation schématique tend à se modifier.
En France en 2009 sur les 536 cas recensés par le Centre National de Référence, 70% étaient dus au sérogroupe B, 22% au sérogroupe C, 4% au sérogroupe Y et 4% au sérogroupe W135.
En 2015, 469 cas ont été notifiés ; sur les 453 cas dont le sérogroupe était connu, 242 (53,5%) étaient du groupe B, 118 (26,0 %) étaient du groupe C, 32 (7,1%) du groupe W, 54 (11,9%) du groupe Y, et 7 cas (1,5%) étaient dus à quelques sérogroupes plus rares (E, X, etc.)Source InVS

Dans tous les cas, le germe trouve refuge dans la sphère ORL. Le méningocoque est le germe le plus fréquent des méningites bactériennes.

Les méningocoques de type B et C sont considérés comme les plus dangereux car plus souvent que  les autres types responsables du purpura fulminans.

Les infections à méningocoques sévissent sur tous les continents. L’OMS estime à 300 000 le nombre de méningites survenant dans le monde chaque année et à 30 000 le nombre de jeunes personnes qui en meurent, principalement en Afrique intertropicale[3].

Répartition mondiale des zones d'endémie de la méningite à méningocoque A et C
Répartition mondiale des zones d'endémie de la méningite à méningocoque A et C

  • Le pneumocoque (Streptococcus pneumoniae), est fréquent dans les voies respiratoires. On en connaît plus d'une centaine de sérotypes. Il est plus particulièrement présent chez l'enfant et le vieillard. Les « porteurs sains » étant très répandus (environ 30 % de la population). Cette bactérie est liée à des infections banales de toute la sphère ORL (rhumes, pharyngites, otites, sinusites...), mais aussi à des pathologies plus graves (pneumonies, septicémies, méningites).
    La méningite à pneumocoque se déclare souvent à la suite d’une infection ORL : otite, sinusite, et parfois pulmonaire.
    La rate joue un rôle important dans la défense de l'organisme contre ce germe, encore plus que les autres. Pourquoi ? pas de réponse. Les personnes qui ont subi une ablation de la rate ont un risque plus élevé d'infection grave due au pneumocoque.
    Le pneumocoque est le principal responsable des méningites bactériennes chez l'enfant de moins de 2 ans. Le pneumocoque de type B est responsable de la méningite purulente.
  • D'autres germes peuvent provoquer des méningites ou méningo-encéphalites :  staphylocoque (à la suite d'une intervention chirurgicale), streptocoque, colibacille (chez le nourrisson), Listeria monocytogenes (chez les patients immunodéprimés et les personnes âgées), bacille de Koch (tuberculose), Treponema pallidum (syphilis), Leptospira interrogans (leptospirose), Borrelia burgdorferi (maladie de Lyme), Pseudomonas aeruginosa, Klebsiella pneumoniae, etc.

♦ Les méningites d'origine virale

La méningite lymphocytaire ou méningite à liquide clair [4] est le plus souvent de nature virale. Dans 80 % des cas, ce sont les entérovirus Echovirus, Coxsackie A virus qui sont en cause. Elles sont bénignes et le rétablissement est le plus souvent spontané.

Plus rarement, une méningite due à un Herpès virus est très grave et demande un traitement d'urgence.
Le VIH (virus du sida) peut provoquer une méningite lors de la primo-infection.
De nombreuses autres infections virales peuvent provoquer des réactions méningées (oreillons, mononucléose infectieuse, adénovirus, rougeole, rubéole, varicelle...)

♦ Étiologie

La porte d'entrée du germe impliqué est variable : septicémie, angine, sinusite, otite, fièvre aphteuse, herpès génital, acte de chirurgie, traumatisme crânien ou de la sphère ORL, etc. Parfois on ne retrouve aucune porte d'entrée évidente.

La contamination se fait par contact physique avec une personne infectée : salive, éternuements, vaisselle souillée, nourriture, cigarette, bâton à lèvres, etc.

Elle est favorisée par la vie en collectivité (crèche, école) : plus des 2/3 des méningites bactériennes surviennent chez des enfants de moins de 5 ans, et la promiscuité. Certaines régions sont considérées à risque (Afrique sub-saharienne).

♦ Le tabagisme augmenterait le risque de méningite à méningocoques et à pneumocoques [5]. Des chercheurs de l'Université d'Édimbourg ont observé que la fumée de cigarettes augmente l'adhésion des bactéries dans la gorge.
♦ La fatigue ou le stress sont des facteurs favorisants, et sont bien connus comme facteurs affaiblissant le système immunitaire, et toutes causes provoquant une baisse passagère ou chronique de l’immunité.

De nombreux facteurs peuvent se retrouver à l'origine d'une méningite : un traumatisme, une pneumopathie ou toutes les pathologies ORL, les infections urinaires, dentaires, cutanées… et probablement le biotype (terrain) sensible ou sensibilisé.

♦ Les signes cliniques

Les symptômes de la méningite se développent rapidement (24 à 48 h) et se traduisent par un mal de tête sévère accompagné d’une raideur de la nuque (70 % des cas) avec la difficulté à s'asseoir les jambes alongées, une forte fièvre, et la somnolence. D'autres signes se retrouvent fréquemment : photophobie (intolérance à la lumière) et la phonophobie (intolérance au bruit), courbatures, froideur des extrémités, vomissements.

Peuvent aussi apparaître des signes d'encéphalite : confusion, crise d’épilepsie, déficit sensitivo-moteur (paralysie ou paresthésie). On parle alors de méningo-encéphalite.

Il peut aussi y avoir un purpura fulminans (taches rouges au niveau de la peau et des muqueuses, accompagnées d'un état de choc et d'une forte fièvre).

Les symptômes de la méningite bactérienne sont généralement plus marqués que ceux de la méningite virale. La première est grave, nécessite une hospitalisation dans les meilleurs délais. Il existe des cas de méningite foudroyante qui peuvent causer la mort en quelques heures. La méningite virale ressemble à une grippe, présente peu de risques et ne nécessite pas d’antibiotiques. Les symptômes s’estompent en une quinzaine de jours maximum.

« Le syndrome méningé, c'est l'ensemble des signes que l'on peut voir dans une méningite, mais pas uniquement dans une méningite. Par exemple, un méningisme donne un syndrome méningé, mais n'est pas en rapport avec une méningite. Un méningisme est un syndrome méningé sans méningite qui est en rapport avec une infection ORL, une infection urinaire... On a les signes du syndrome méningé (vomissements, céphalées, fièvre…) mais après la ponction lombaire, on observe qu'il n'y a pas de méningite. Il n'y a pas de lien établi entre le syndrome méningé et des douleurs cervicales. » Pr Eric Caumes, épidémiologiste au groupe hospitalier Pitié-Salpêtrière (France 5, 20/ 02 / 2013).

Chez le tout petit, la symptomatologie est un peu différente : fontanelle tendue, réveil difficile, irritabilité, perte d'appétit, pleurs aigus ou gémissements, aggravés quand on le prend dans les bras, hypotonie. Dans tous les cas, il s'agit d'une urgence médicale car les risques de séquelles neurologiques sont encore plus grandes et peuvent entraîner un retard  psychomoteur, une  surdité.

La vaccination

♦ Données historiques

  • Vaccins contre Haemophilus influenza de type b
    Des recherches sur les anticorps protecteurs contre le polyoside capsulaire de la bactérie Haemophilus influenza de type b ont été entreprises dès les années 1930 [6]. Un premier vaccin fut mis au point en 1974 par Peltola et Makela et testé en Finlande, mais s'avéra très peu efficace avant l'âge de 18 mois, donc sans intérêt puisque les infections à H. influenza b sont les plus graves avant cet âge, et le système lymphocytaire de type B nécessaire, immature avant l'âge de 2 ans.
    Le premier vaccin anti Hib contenant la capsule antigénique conjgué (à la toxine tétanique) a été commercialisé en 1994.
     
  • Vaccins contre le méningocoque
    Les premiers vaccins destinés à protéger contre la méningite à méningocoque C datent des années 1990. Une première campagne de masse eut lieu en Angleterre en 1999, à la suite d'une augmentation des cas depuis 1996 (au décours de l'épidémie).
     
  • Vaccins contre le pneumocoque
    Le Prevenar® commercialisé en 2001 dans l'Union Européenne, ciblait 7 souches de Streptococcus pneumoniae. Mais en raison de la modification de l'épidémiologie (déplacement vers des sérotypes non ciblés par le vaccin à 7 valences [7]) le Prévenar 13® est commercialisé depuis 2009.

♦ Les différents vaccins

Ces vaccins sont ceux actuellement distribués en France.

  • Vaccin contre la bactérie Haemophilus influenza B
    Non associé : Act-Hib®
    En association : Pentavac®, Infanrix Quinta®, Infanrix Hexa®
     
  • Vaccins contre le méningocoque
    – Méningocoques A et C : Vaccin Méningococcique A+C® (Sanofi Pasteur) non conjugué
    – Méningocoque C :  Neisvac® (Baxter) conjugué avec l'anatoxine tétanique,  Menjugatekit® (Novartis) et Meningitec® (Pfizer) conjugués avec l'anatoxine diphtérique.
    – Méningocoques de type A, C, Y et W135 : Menveo® (Novartis) conjugué avec la protéine diphtérique et Nimenrix® (Pfizer) conjugué avec la protéine tétanique (qui a remplacé Mencevax® (GSK), vaccin non conjugué, responsable de nombreux effets indésirables graves) .
    – Méningocoque de type B : un vaccin norvégien (sans AMM mais autorisé exceptionnellement), MenBvac® a été testé dans la région de Dieppe ; Bexsero® (GSK) est autorisé depuis 2015.
    NB : les vaccins non conjugués ont une efficacité immédiate assez bonne sauf chez les jeunes enfants, mais de durée limitée (2 à 3 ans selon les études) et n'empêchent pas le portage de la bactérie, donc ils sont inutilisables dans les régions endémiques.
    Un vaccin polyosidique conjugué à une protéine porteuse est plus immunogène chez les jeunes enfants, l'immunité est plus longue et réduit sensiblement le portage (mais pas complètement) ce qui permet une meilleure immunité de groupe.
     
  • Vaccins contre le pneumocoque
    Prevenar13® (PFIZER)
    Pneumo23® (Sanofi Pasteur MSD)

♦ Effets indésirables

De nombreux effets indésirables ont été constatés après tous les vaccins contre les diverses méningites. Le vaccin anti-haemophilus influenza b étant la plupart du temps, du moins pour les nourrissons, inclus dans des vaccins associés, il est difficile de faire la part des effets indésirables dus aux anatoxines diphtérique et tétanique, au vaccin anti-coqueluche, au vaccin polio.

Voir par exemple : Act Hib, Infanrix Quinta, Pentavac
Méningocoque : Meningitec, Mencevax
Pneumocoque : Prevenar13

Les traitements conventionnels

♦ Méningites bactériennes

En cas de traitement antibiotique précoce, l'évolution est favorable dans 85 % des cas. Le traitement est administré par voie intraveineuse et dure habituellement 10 jours.

Cependant, depuis de nombreuses années, on constate une résistance aux antibiotiques des bactéries impliquées dans les méningites qui devient très préoccupante.

  • Résistance du pneumocoque à la pénicilline
    25 % chez l'adulte, 40 % chez l'enfant, dont la moitié hautement résistant
  • Sensibilité diminuée à la pénicilline chez le méningocoque
    30 % ou plus selon les régions [8]
    Résistance supérieure à 50 % aux sulfamides
  • Résistance d'Haemophilus influenza b
    35 % des souches

♦ Méningites virales

Les méningites virales guérissent spontanément en 8 à 15 jours. Aucun traitement spécifique n'est nécessaire. L’aspirine est strictement déconseillée (pour faire baisser la fièvre par exemple) car elle peut occasionner le syndrome de Reye comme dans de nombreuses affections virales.

Traitements holistiques

Il est hautement probable que le terrain (ou biotype, ou individualité génétique) a un rôle important dans le fait qu'une méningite, quelle qu'elle soit, se déclare chez certaines personnes et non chez d'autres. Pour un même agent pathogène, certains enfants vont présenter une méningite purulente, d'autres une otite, d'autres un simple rhume ou avec des complications pulmonaires, mais la plupart – les porteurs sains – ne présenteront aucun trouble.

Le maintien d'un terrain sain, ou le traitement de fond destiné à le rétablir, par une hygiène de vie correcte ou les médecines holistiques ont toute leur place dans la prévention des méningites.

Les symptômes aigus d'une méningite peuvent être soignés ou atténués par de nombreux remèdes homéopathiques (Apis mellifica, Arsenicum album, Belladonna, Gelsemium sempervirens, Solanum nigrum, etc.) mais seul un médecin expérimenté peut déterminer lesquels seront indiqués.

Discussion

Réflexions sur les vaccins contre les méningites, les campagnes de vaccinations, et l'actualité.

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Notes et références
1.  Source : DGS (Direction Générale de la Santé) – dernière étude menée entre 1990 et 1999 sur 3301 cas déclarés.
2.  Données 2010
3.  Document Universcience
4.  Méningite à liquide clair : lorsque le liquide céphalo-rachidien examiné après ponction lombaire apparaît translucide ou opalescent, par opposition au LCR des méningites purulentes, qui est envahi par une colonie bactérienne qui s’y développe.
5.  – Relation between passive tobacco smoke exposure and the development of bacterial meningitis in children. Bredfeldt RC, Cain SR, et al. 1995
– Passive exposure to tobacco smoke and bacterial meningitis in children. Iles K, Poplawski NK, Couper RT. 2001
– Second hand smoke exposure and the risk of invasive meningococcal disease in children: systematic review and meta-analysis, BMC Public Health doi:10.1186/1471-2458-12-1062 online December 10 2012
– En français, sur santélog.com
6.  PRP : polyribosyl-ribitol-phosphate
« Influenzal meningitis: the relation of age incidence to the bactericidal power of blood against the causal organism », Fothergill L.D., Wright J., J Immunol. 1933; 24:273.
7.  Une étude espagnole montrait, dès 2006,  une légère baisse des infections liées aux sous-types couverts par le vaccin mais une augmentation du taux d’infections invasives dues aux sous-types non couverts (38% de sous-types de pneumocoques non vaccinaux responsables d’infections invasives dans la période prévaccinale contre 72% dans la période postvaccinale).
Voir aussi le n° 43 du REH (22.10.2010) p. 435 : « Les évolutions constatées pour les pneumococcies invasives dues à des sérotypes non vaccinaux peuvent être attribuées à l’introduction du vaccin antipneumococcique conjugué car l’administration de ce vaccin réduit le risque de colonisation par des souches de sérotype vaccinal, mais augmente celui de colonisation par des souches de sérotype non vaccinal, à la fois chez les enfants vaccinés et les contacts non vaccinés ».
8.  Diminution de la sensibilité du méningocoque à la pénicilline : 25% en 2006, 32% en 2007 (source : CNRM)
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