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Accueil Page mise à jour le 01/09/2017

Zoom sur la poliomyélite

La maladie

La poliomyélite est une maladie infectieuse aiguë d'origine virale. Parfois appelée paralysie infantile ou maladie de Heine-Medin (du nom de l'orthopédiste et du pédiatre qui l'ont étudiée et décrite), elle est connue et redoutée en raison des lésions neurologiques qu'elle peut occasionner, responsables dans de rares cas d'un handicap plus ou moins grave dû à une paralysie flasque quasi irréversible. 

Historique

Il n'existe pas de descriptions d'épidémies étendues de poliomyélite avant la seconde moitié du XIXe siècle et cette maladie n'avait pas vraiment attiré l'attention des médecins avant le XVIIIe siècle, époque où furent décrits les premiers cas. L'épidémie de 1887 à Stockholm, au cours de laquelle Medin dénombra 44 cas, fut suivie de plusieurs vagues comme celle de 1905 en Suède qui fit un millier de victimes, puis en Norvège, aux États-Unis, au Canada, etc. Dès lors on assista à une muliplication des épidémies au cours du XXe siècle dans tous les pays où les conditions sociales et d'hygiène s'amélioraient [1].

La « poliomyélite antérieure aiguë » est une maladie à déclaration obligatoire en France depuis le décret du 28 septembre 1916, mais l'était déjà depuis 1905 en Norvège et  en Suède, depuis 1909 aux États-Unis et 1911 au Royaume-Uni.

Épidémiologie

Dans les pays tropicaux, la poliomyélite était depuis longtemps endémique, mais ne s'y manifestait pas plus par des épidémies de grande ampleur que dans les pays tempérés avant la fin du XIXe siècle ; sporadiquement elle touchait surtout des enfants très jeunes, les plus âgés ayant bénéficié d'une immunité naturelle grâce à cette endémicité.

En 2009, 23 pays au total ont rapporté des cas de poliomyélite dus à un poliovirus sauvage.

En 2011, parmi les 673 cas confirmés de poliomyélite enregistrés par l'OMS [en tenant compte de tous les poliovirus circulants (poliovirus sauvages et poliovirus dérivés d’une souche vaccinale circulants – PVDVc) isolés à partir des cas] « on a recensé notamment 1 PVDVc en Afghanistan et au Niger, 2 en République démocratique du Congo et au Mozambique, 5 au Yémen, 7 en Somalie et 28 au Nigéria », et dans trois de ces pays (RD du Congo, Somalie et Yémen) ce virus d'origine vaccinale était le seul virus en cause [2].

La situation ne s'améliore pas puisqu'en décembre 2015, un bilan du semestre précédent signale des épidémies liées au PVDVc dans au moins six pays : Guinée (PVDV2), Laos (PVDV1), Madagascar (PVDV1), (PVDV1), Nigéria (PVDV1), et Ukraine (PVDV1).

La Commission de l'OMS pour la Certification de l’Éradication de la Polio a proclamé solennellement que le poliovirus de type 2 sauvage (PVS2) avait été définitivement éradiqué de la planète. Cependant le poliovirus dérivé d'une souche vaccinale (PVDV2) continue à circuler, et lorsqu'il est détecté la riposte est chaque fois... une nouvelle campagne de vaccination.

Les virus de la poliomyélite

 

Le poliovirus est un très petit virus appartenant au genre enterovirus, ce qui signifie qu'il infecte le tractus gastro-intestinal et il est excrété dans les matières fécales. Il en existe trois souches ou sérotypes (PV1, PV2 et PV3) parmi lesquels on trouve de nombreux sous-types. Le type 1 est le plus fréquemment isolé chez les malades. Le type 2 sauvage semble avoir disparu depuis 1999, mais le PV2 dérivé de la souche vaccinale circule toujours.

Ce virus est rapidement détruit par le formol, le chlore (eau de Javel), par une température supérieure à 50°C, et par les ultraviolets.

La transmission des poliovirus, exclusivement inter-humaine, se fait par voie féco-orale (eau ou aliments pollués par des selles), et plus rarement par voie respiratoire sauf en cas de contact très proche (aérosols). Selon l'OMS, « lorsque l’assainissement est médiocre, [...] ces virus se propagent principalement par la voie féco-orale tandis que le mode de transmission oral-oral domine probablement dans les endroits où la qualité de l’assainissement est élevée. Toutefois, dans la plupart des cas, il est probable qu’un mode de transmission mixte se produise. »

La réplication du virus commence dans les amygdales [3] puis dans certaines zones de l'intestin grêle.

L'incubation dure de 7 à 10 jours. Dans plus de 90 % des cas, l'infection par les poliovirus sauvages est asymptomatique, dans 4 à 8 % des cas elle provoque une maladie bénigne (maux de gorge, fièvre élevée, syndrome grippal, troubles intestinaux, raideur de la nuque...), mais chez 0,1 à 0,5 % des individus infectés par voie digestive le virus atteint le système nerveux central.

 Virus de la poliomyélite

Lorsque le virus envahit les neurones moteurs de la corne antérieure de la moëlle épinière, il s'y reproduit et les détruit, une faiblesse musculaire (paralysie flasque quasi irréversible) se manifeste rapidement. En cas d'atteinte bulbaire et sans assistance respiratoire, la mort survient dans 5 à 10% des cas, lorsque la paralysie atteint les muscles respiratoires.

L'infection naturelle par les poliovirus, la plupart du temps inapparente, induit une immunité protectrice qui réduit aussi le risque de transmission. L'immunité contre un sérotype de poliovirus ne protège pas contre les autres sérotypes.

D'autre part, plusieurs dizaines d'années après la maladie certains patients développent de nouveaux symptômes regroupés sous le nom de « syndrome post-poliomyélitique » (SPP) qui, selon les sources, pourrait être dû soit à une sollicitation excessive des neurones non atteints par le virus, soit à une infection persistante par le poliovirus dans certains tissus. Il se traduit par une fatigue intense, une atrophie musculaire, des difficultés respiratoires, des troubles du sommeil, etc.

La vaccination

Histoire de la vaccination anti-poliomyélitique

Dès que fut établie la preuve que la poliomyélite était d'origine infectieuse, en 1908-1909, par Karl Landsteiner et Erwin Popper, on envisagea la possibilité d'un vaccin. Les tentatives, sans lendemain car responsables de nombreux accidents, s'échelonnent tout au long de la première moitié du XXe siècle (1913 : Römer et Flexner, 1934 : J.A. Kolmer, 1935-1936 : M. Brodie, W.H. Park...).

Les recherches reprennent aux États-Unis après la Seconde Guerre mondiale. En 1947 : l'université de Pittsburgh recrute le Dr Jonas Salk pour developper un programme de recherche sur les virus ; les techniques utilisées pour étudier le virus de la grippe seront utilisées plus tard pour développer le vaccin anti-polio. En 1948-1949 est confirmée l'existence de trois souches du poliovirus. En 1948, John F. Enders, Thomas H. Weller et Frederick C. Robbins [4] réussissent à cultiver le poliovirus sur des cellules autres qu'issues de tissus nerveux (cellules d'embryons humains puis cellules de rein de singe). 

En 1950, ont lieu les premiers essais d'un vaccin à virus vivant atténué de Koprowski [5] sur des enfants handicapés, en 1952 ceux du vaccin Salk (à virus inactivé injectable), puis en 1956 ceux du vaccin Sabin (à virus vivant atténué oral), en 1957 sont publiés les travaux de Pierre Lépine de l'Institut Pasteur (vaccin à virus inactivé injectable), et parallèlement d'autres essais sont réalisés dans divers pays, avec des souches différentes du virus.

Les statistiques tronquées

Après la vague d'épidémies de la fin du XIXe siècle et de la première moitié du XXe, l'incidence de la poliomyélite avait commencé à régresser dans la plupart des pays développés. En France le premier vaccin obtient le visa en 1956, il entre officiellement au calendrier vaccinal en 1958 et sera rendu obligatoire en 1964.
La vaccination intervint alors que la courbe commençait à baisser depuis la dernière flambée de 1949-1950, et « la perturba quelque peu puisqu'il fallut attendre six nouvelles années (1962), pour atteindre le niveau de 1956 ! »[6]. Voir annexe.

 

L'histoire de la pratique inconditionnelle de la vaccination contre la poliomyélite pourrait se résumer par cette citation :

« ... le gouvernement, s'il veut obtenir un résultat, pourrait utiliser à cet effet la psychologie des foules et non un respect des lois qui n'existe plus. Tous les cinq ans, à l'aide d'une campagne de presse savamment orchestrée, les quelques cas sporadiques que nous observons couramment seraient promus au rang d'une menace d'épidémie. Les quotidiens, les hebdomadaires illustrés feraient paraître des articles dans le genre de ceux que nous avons lus récemment ; la psychose, l'esprit grégaire feraient le reste et le nombre de vaccinations serait plus important que celui qu'un texte de loi, de décret ou d'arrêté préfectoral n'aurait jamais espéré atteindre. »

Dr Jean Lartigue, directeur départemental de la Santé d'Alger
Bulletin d'information du syndicat des médecins de la Santé d'Algérie (1er trimestre 1955, p 12)

L'histoire de la vaccination contre la poliomyélite est émaillée de nombreux incidents, voire de véritables catastrophes ;
en voici quelques exemples (liste non exhaustive) :

L'incident Cutter (the « Cutter incident »)
Les premiers essais du vaccin Salk sont réalisés en 1952 sur 15 000 sujets dans la région de Pittsburgh, puis jusqu'en 1954 sur 1,8 million d'enfants dans tous les États-Unis. Le 12 avril 1955, le Dr Thomas Francis annonce triomphalement les résultats de ces essais sur le terrain, déclarant que le vaccin Salk est « safe, effective and potent » (sûr, efficace et puissant) ; mais le 26 avril 1955, les premiers cas de polio paralytique dus aux vaccins issus en majorité du laboratoire Cutter [7] sont rapportés aux autorités sanitaires.

Les vaccins, fabriqués à la va-vite, avaient été insuffisamment inactivés et des poliovirus vivants contaminèrent 220 000 personnes, parmi les vaccinés mais aussi leurs contacts, dont plus de 100 000 enfants ; 70 000 développèrent une atonie musculaire, 164 une paralysie grave et on dénombra 11 morts.

La contamination par le SV40
En 1960 Sweet et Hilleman découvrent la présence d'un virus de singe, le SV40 [8] dans des vaccins préparés à partir de poliovirus cultivés sur des cellules de rein de singe.

Michel Georget consacre un long chapitre à « l'aventure du SV40 » dans son ouvrage Vaccinations, les vérités indésirables, avec de nombreuses références.

« Dès 1958, au moins 26 virus simiens avaient été découverts comme contaminants des cultures cellulaires de reins de singe, virus simiens apparentés à divers groupes de virus humains (ECHO, Coxsackie, herpès, adénovirus, et peut-être d'autres groupes de virus. [...]
  Les vaccins préparés à partir de ces cultures contenaient ce virus sans qu'on ait soupçonné sa présence. Pour comble de malheur, ce virus SV40 étant résistant au formaldéhyde utilisé pour inactiver les virus polio, les vaccins de type inactivé furent tout autant contaminés que les vaccins atténués. »

Timbre USA émis le 15 janvier 1957 à la gloire de ceux qui aident à lutter contre la polio

C'était l'époque de la concurrence acharnée dans la lutte contre la poliomyélite et des vaccinations de masse ; au moment de la découverte de cette contamination, 98 millions de personnes avaient déjà été vaccinées aux États-Unis, dont 90 % de moins de 20 ans, et des dizaines de millions d'autres dans divers pays (URSS, etc.).

En 1961, les laboratoires Merck et Parke-Davis décident alors d'interrompre la fabrication de leurs vaccins anti-polio (oraux et injectables), ce qui rend l'affaire publique.

En 1962, il est démontré que le SV40 provoque des tumeurs cérébrales chez le hamster nouveau-né et chez le rat. Son rôle oncogène chez l'homme sera contesté ou minimisé par certains, mais au fil des années diverses études mèneront à des conclusions inquiétantes (incidence plus élevée de cancers chez les enfants de mères vaccinées lors de la grossesse avec ces vaccins contaminés, présence du virus SV40 dans des tumeurs cérébrales humaines, etc.).

Retour à la virulence des souches vaccinales
Les vaccins anti-polio buvables à virus atténué ont été responsables, dès le début et encore à l'heure actuelle, de nombreuses poliomyélites paralytiques iatrogènes.
« Les souches virales vaccinales conçues par l'homme et répandues en masse dans l'environnement peuvent dans certaines conditions entretenir un réservoir de souches pathogènes. » [14]

Une enquête de l'OMS dans huit pays européens, de 1970 à 1974, a montré que sur 360 cas de poliomyélite avec formes paralytiques, 205 étaient associés à la vaccination (61 chez les vaccinés eux-mêmes et 144 parmi leurs contacts) ; après la disparition de la polio sauvage aux États-Unis en 1979, on dénombra 154 cas de paralysie dus au vaccin vivant entre 1980 et 1999 ; 11 cas en France entre 1979 et 1986 ; entre 2000 et 2009, douze flambées de poliomyélites paralytiques dues au poliovirus dérivés de souches vaccinales circulants (PVDVc) ont été signalées sur trois continents, dont une grande flambée au Nigéria (355 cas dont 124 cas au cours des 6 premiers mois de 2009) ; etc. La littérature médicale regorge de ces exemples [9].
On estime actuellement le risque à 4 cas annuels par 1 million de doses, chez les vaccinés et les contacts.

♦ Remplacement des poliovirus par d'autres entérovirus
Une conséquence encore peu connue de l'éradication progressive des poliovirus par les campagnes de vaccination à outrance est la libération de la niche écologique virale qui devient disponible pour la prolifération de « nouveaux » entérovirus responsables eux aussi de paralysie flasque aiguë (PFA), non seulement des virus Coxsackie A et B, Echovirus, etc. mais aussi d'entérovirus non Poliovirus (ENPV) difficiles à identifier.

Les poliovirus sauvages ne circulent pratiquement plus mais sont remplacés par d'autres virus, et on constate que ces derniers sont de plus en plus souvent associés aux paralysies flasques aiguës – non poliomyélitiques, donc – diagnostiquées.

Données OMS 2012  

Données OMS 2012

Source OMS   

 

L'évolution du nombre de cas de paralysie flasque aiguë non poliomyélitiques (PFA non-polio, en anglais polio-like, « qui ressemble à la polio ») par rapport au nombre de paralysies infantiles causées par des poliovirus est impressionnante. 

Les PFA font l'objet d'une surveillance renforcée de la part de l'OMS depuis 1996[15].

 


 

Les vaccins actuels

Les deux types de vaccins antipoliomyélitiques, inactivé injectable (IPV) ou vivant atténué buvable (OPV), sont toujours utilisés de nos jours. Le vaccin vivant oral (Sabin amélioré) est utilisé dans tous les pays où la maladie existe encore ; le vaccin inactivé injectable est la norme dans la plupart des pays déclarés exempts de poliomyélite depuis plusieurs années, comme la France qui n'utilise plus le vaccin à virus vivant depuis près de 15 ans.

  • Les vaccins à virus inactivés injectables.
    Les vaccins antipoliomyélitiques (poliovirus sérotypes 1, 2 et 3, cultivés sur lignée cellulaire continue VERO) commercialisés en France actuellement pour satisfaire aux obligations vaccinales ne sont disponibles qu'associés à d'autres (diphtérie, tétanos, coqueluche acellulaire, poliomyélite, plus éventuellement infections à haemophilus influenza b et hépatite B) ; ils contiennent tous des adjuvants à base d'aluminium (phosphate, hydroxyde, etc.), des résidus de fabrication (formaldéhyde, glutaraldéhyde, phénoxyéthanol, etc.) :
    • vaccins associés tétravalents (DTCaP) :
      – Infanrixtetra (GlaxoSmithKline)
      – Tetravac acellulaire (Sanofi Pasteur MSD)
      – Boostrixtetra (GlaxoSmithKline) uniquement pour les rappels
      – Repevax (Sanofi Pasteur MSD) uniquement pour les rappels
    • vaccins associés pentavalents (DTCaP+Hib) :
      – Infanrixquinta (GlaxoSmithKline)
      – Pentavac (Sanofi Pasteur MSD)
    • vaccins associés hexavalents (DTCaP+Hib+hépatite B) :
      – Hexyon (Sanofi Pasteur MSD)
      – Infanrix hexa (GlaxoSmithKline)
       
    • le seul vaccin trivalent actuellement commercialisé ne contenant que les antigènes diphtérie-tétanos-polio (DTP) obligatoires n'a pas d'AMM pour la primovaccination des nourrissons ni pour les rappels des enfants de moins de 6 ans ; autorisé à l'origine uniquement pour les rappels des adultes, il bénéficie temporairement (sic) depuis juin 2008 d'une AMM exceptionnelle pour les rappels recommandés à partir de 6 ans (dose d'anatoxine diphtérique réduite en raison du risque de sensibilisation) :
      – Revaxis (Sanofi Pasteur MSD)
       
    • un vaccin non associé est encore « proposé » mais non commercialisé [10] :
      – Imovax Polio (Sanofi Pasteur MSD)
  • Les vaccins à virus vivants atténués oraux
    Le vaccin vivant oral (VPO) utilisé à l'heure actuelle est issu du vaccin Sabin « amélioré » mis au point vers 1960 et autorisé en 1962.
    En France le vaccin trivalent Sabin Poliovac Mérieux® fut retiré du marché le 01.01.1999 [11] mais il n'était plus utilisé depuis un moment car il provoquait plus de poliomyélites post-vaccinales qu'il n'y avait de cas de la maladie naturelle, le dernier cas autochtone datant de 1989.

Obligation vaccinale

La vaccination antipoliomyélitique a été rendue obligatoire par la loi n°64-643 du 1er juillet 1964 publiée au Journal Officiel le 2 juillet 1964.

Un premier projet de loi tendant à rendre la vaccination antipoliomyélitique obligatoire avait été déposé au Sénat le 29 janvier 1962, adopté avec certaines modifications le 17 mai 1962 puis, transmis à l'Assemblée Nationale, il n'avait pas pu être discuté en séance publique avant la fin de la législature.
Un deuxième projet de loi fut déposé le 1er octobre 1963, et présenté à l'Assemblée lors de la séance du 15 avril 1964 par M. Paul Mainguy, rapporteur de la commission des affaires culturelles, familiales et sociales.
Lors de la discussion de ce projet de loi par l'Assemblée Nationale, fut adopté en première lecture un amendement déposé en séance par le député André Fanton, soutenu par le gouvernement, et destiné à interdire « toute propagande ou toute publicité, soit par des discours proférés dans des lieux publics, soit par des écrits, des imprimés vendus ou distribués, mis en vente ou exposés dans des lieux ou réunions publics, soit par des placards ou affiches exposées aux regards du public, tendant à inciter autrui à se soustraire à la vaccination obligatoire ».
Le 29 mai, grâce à l'intervention de nombreux membres de la Ligue, le Sénat repousse cet amendement, mais adopte le reste de ce projet de loi en ajoutant toutefois la possibilité de contre-indication médicale. Le 16 juin 1964 la loi est adoptée en seconde lecture par l'Assemblée Nationale, en supprimant l'article 5 (amendement Fanton), mais la responsabilité de l'État est désormais engagée en cas d'accident consécutif à une vaccination obligatoire pratiquée dans un centre agréé.

♦ Les textes actuels qui régissent l'obligation de la vaccination contre la poliomyélite en France sont les suivants :


  • Article L3111-3 du Code de la Santé publique.
    « La vaccination antipoliomyélitique est obligatoire, sauf contre-indication médicale reconnue, à l'âge et dans les conditions déterminées par décret en Conseil d'Etat, pris après avis de l'Académie nationale de médecine et du Haut Conseil de la santé publique. Les personnes titulaires de l'autorité parentale ou qui ont la charge de la tutelle des mineurs sont tenues personnellement de l'exécution de cette obligation. »
     
  • Article R3111-3 du Code de la Santé publique.
    « La vaccination antipoliomyélitique prévue à l'article L. 3111-3 comporte une première vaccination, pratiquée avant l'âge de dix-huit mois, et des rappels de vaccination terminés avant l'âge de treize ans. »
     
  • Arrêté du 19 mars 1965 relatif à la vaccination antipoliomyélitique obligatoire. 

    Article 2 : « La vaccination antipoliomyélitique est effectuée soit par injection d'un vaccin inactivé, soit par administration orale d'un vaccin atténué. Les vaccins utilisés doivent avoir reçu les autorisations légales prévues par l'article 601 du code de la santé publique. »
    Article 3 : « La première vaccination par le vaccin antipoliomyélitique inactivé comprend une série de trois injections sous-cutanées espacées d'un mois.
    La première vaccination par le vaccin antipoliomyélitique atténué comprend trois prises orales espacées d'au moins un mois. Lorsque cette première vaccination par voie orale n'est pas pratiquée avec un vaccin trivalent, elle doit avoir comporté l'administration au moins une fois de chacun des trois types de virus 1, 2 et 3.
    Le premier rappel de vaccination par le vaccin inactivé comporte une injection sous-cutanée, faite un an après la vaccination initiale
    Le premier rappel de vaccination par le vaccin atténué comporte deux prises orales de vaccin trivalent administrées respectivement un an et cinq ans après la vaccination initiale.
    Le rappel de vaccination peut être effectué indifféremment par l'une ou l'autre méthode, que la première vaccination ait été pratiquée par injection ou par voie orale. »
    Article 5 : « Un sujet n'est réputé avoir satisfait à l'obligation vaccinale que s'il a reçu la première vaccination et le premier rappel de vaccination réglementaires
    L'admission dans une collectivité d'enfants ne peut être refusée à un enfant qui a reçu la première vaccination mais n'a pas encore atteint la limite du délai prévu pour le premier rappel de vaccination. »

NB : Le vaccin antipoliomyélitique à virus vivants atténués administré par voie orale (VPO) n'est plus utilisé en France. La primo-vaccination par le vaccin vivant atténué est réservée aux situations épidémiques [11]

Commentaire important

On entend dire ou on lit fréquemment [12] que des rappels du vaccin antipoliomyélitique sont « obligatoires jusqu'à l'âge de 13 ans ». C'est une interprétation fallacieuse de l'article R3111-3 du CSP qui stipule clairement que les rappels doivent être « terminés avant l'âge de treize ans ».
Cette erreur résulte de la confusion entre les procédures d'administration du vaccin inactivé injectable et du vaccin vivant atténué oral. L'arrêté du 19 mars 1965 (articles 3 et 5, voir ci-dessus) clarifie pourtant les choses, mais il est omis par la plupart des responsables sanitaires ou administratifs, a fortiori par les medias, soit par ignorance, soit délibérément pour inciter à survacciner.
Le vaccin antipoliomyélitique étant toujours associé avec ceux contre la diphtérie, le tétanos, et – depuis le retrait du marché du DTPolio® – au minimum avec celui contre la coqueluche, il en résulte que des rappels de vaccination sont abusivement exigés pour la fréquentation scolaire et de nombreuses autres activités.

Traitements de la poliomyélite

Les traitements officiels

Il n'existe aucun traitement antiviral allopathique spécifique de la poliomyélite. Les premiers symptômes, analogues à ceux d'une forte angine grippale, sont traités par antipyrétiques et analgésiques.

La poliomyélite, une fois les centres nerveux atteints par le virus, est réputée incurable dans sa forme paralytique. La rééducation intensive et durable permet de limiter les séquelles dues à l'atrophie musculaire.

Les traitements alternatifs

Plusieurs traitements de la poliomyélite, dédaignés de la médecine officielle, ont pourtant donné des résultats intéressants :

  • le chlorure de magnésium (Dr Auguste Neveu)
  • l'homéopathie (Dr Denis Demarque), qui peut également être utilisée préventivement en cas d'épidémie (Dr Léon Borliachon)
  • l'acupuncture (OMS, juin 1979) [13]

Toutes les thérapeutiques holistiques respectent la fièvre, en se contentant de la contrôler car elle peut être très élevée. 

Discussion

À divers titres, la poliomyélite est une maladie de la civilisation :

  • les grandes épidémies de poliomyélite paralytique se sont produites, paradoxalement, lorsque l'accès à l'assainissement a commencé à faire diminuer l'immunité naturelle induite par la circulation des polivirus sans réduire totalement les cas de contamination [14] ;
     
  • la carence en magnésium – nutriment indispensable à la transmission de l'influx nerveux, relaxant musculaire et désinfectant intestinal – due au raffinage moderne des aliments courants (farine blanche, sel de cuisine, sucre blanc, etc.) a pu fragiliser le système nerveux de nombreux individus ;
     
  • la préférence longtemps accordée à l'allaitement artificiel a fait perdre à nombre d'enfants le bénéfice de la transmission des anticorps par le lait maternel ;
     
  • les injections intra-musculaires, notamment d'autres vaccins, ont provoqué un stress supplémentaire ;
     
  • les campagnes de vaccination de masse par le vaccin vivant atténué oral entretiennent ou même favorisent un réservoir de virus dans l'environnement [15] ;
     
  • enfin, plus inquiétant encore, l'éradication progressive des poliovirus laisse une niche écologique virale disponible pour l’émergence de « nouveaux » entérovirus (virus Coxsackie A et B, Echovirus, etc.), responsables eux aussi de paralysies flasques aiguës [16] ...

La « poliomyélite » sera peut-être éradiquée prochainement, mais les « paralysies infantiles » sont loin de l'être...


Notes
1. A History of Poliomyelitis, New Haven, Yale University Press, 1971 ; Épidémiologie de la poliomyélite, monographie, OMS, 1955 (Pr John R PAUL) ;
Rapport du Comité d'experts de la poliomyélite OMS 1958.
« The epidemiology of poliomyelitis: enigmas surrounding its appearance, epidemicity and disappearance », American Journal of Epidemiology 1979 ; 110 : 672-92
/\
2a. OMS, Statistiques sanitaires mondiales 2012
Carte des pays atteints par des épidémies liées au PVDV entre 2005 et 2012 (extraite du REH 21.12.2012 de l'OMS)
 
2b. OMS, Classification et notification des poliovirus dérivés d’une souche vaccinale (PVDV) 2016  
3. L'ablation des amygdales en période épidémique augmente le risque d'atteinte bulbaire et de passage à la forme paralytique de la maladie. Alden A. Miller, California medecine 1952. Rapport OMS 1958, p. 18.  
4. Ce qui leur valut le Prix Nobel de médecine en 1954.  
5. Par la suite, entre 1957 et 1960, Hilary Koprowski testa son vaccin polio vivant atténué, élaboré à partir de cultures cellules de rein de singe, sur 250 000 personnes – dont plus de 100 000 enfants – dans les zones rurales de l’est du Zaïre (RDC actuellement, Congo belge à l’époque). C'est dans cette région que se situent les premiers cas de SIDA, l'une des théories – contestée mais jamais invalidée du fait de la disparition opportune des documents de Koprowski – sur l'origine du virus du SIDA met en cause ces campagnes de vaccination.  
6. F. Delarue, L'Intoxication vaccinale, p. 98-101. Voir annexe.  
7. Cet épisode tragique de l'histoire de la vaccination fut baptisé « Cutter incident » bien que d'autres laboratoires eussent été impliqués.  
8. SV40 : Simian virus 40, quarantième virus simien identifié. Oncogène potentiel, il a été introduit dans l'espèce humaine via les vaccins anti-polio et il est actuellement largement disséminé, même chez des individus n'ayant jamais reçu de vaccin contaminé. Cf. article de P. Clertant, F. Cuzin, Unité 470 Inserm, Université de Nice, 2003.
Sur les contaminations des vaccins par des virus parasites, lire cet article de Santé Liberté et Vaccinations n°88 de mai 1987.
/\
9.

a. Les vaccinations, Michel Rey, Masson, 1980
b. CDC,  Polio Disease - Questions and Answers
c. InVS, BEH n° 12-1997
d. OMS, REH n° 27, 2011, 86

 
10. ImoVax Polio® est commercialisé seul, mais afin de permettre aux parents ne désirant que les 3 avccins obligatoires, il est aussi délivré gratuitement (dans un kit associant Vaccin Diphtérique et Tétanique adorbé + ImoVax Polio), par le laboratoire sur commande du médecin prescripteur (procédure).
NB : ce vaccin, fabriqué par Sanofi au Canada, remplace depuis mai 2015 le DTVax qui n'est plus disponible.
 
11. Avis du Conseil Supérieur d'Hygiène Publique - BEH N° 22/1999. La raison n'est pas donnée dans ce BEH, mais on peut la trouver dans le Rapport OMS, 2.3.5, pp. 17 et 18 (dangers du vaccin injectable en période d'épidémie).  
12. Quelques exemples : la mise au point du13 décembre 2011 du Haut Conseil de Santé Publique sur l'obligation vaccinale, ou le site MesVaccins.net qui se vante d'être validé par des « experts » tels que le Pr D. Floret ou le Pr P. Saliou, ou la rédaction tendancieuse du calendrier vaccinal jusqu'en 2011 (p. 104), ou un dossier technique (p. 496) de l'INRS pour le médecin du travail, etc.
Remarque : dans le Guide des Vaccinations Édition 2012, p. 178, on revient à des propos plus conformes à la loi : « un rappel est recommandé à 6 ans, à 11 ans, puis entre 16 et 18 ans », mais p. 310 on retrouve la même formulation erronée parce qu'incomplète : « Les rappels jusqu’à l’âge de 13 ans sont obligatoires pour la poliomyélite », avec un renvoi en note vers les articles du CSP en se gardant bien de mentionner l'arrêté de 1965 !
/\
13. Pour une première approche, on peut consulter par exemple :
Chlorure de magnésium : Comment prévenir et guérir la poliomyélite, Dr A. Neveu
 (sur le magnésium en général quelques pages à vocation pédagogique, dont celle sur les carences)
Homéopathie : Quelques réflexions sur le traitement homéopathique de la poliomyélite, Dr D. Demarque
Acupuncture : la poliomyélite fait partie de la liste des 43 maladies reconnues par l'OMS comme faisant partie du champ d'application de l'acupuncture-moxibustion.
 
14. Le tout-à-l'égout, qui consistait à envoyer les eaux usées directement dans les rivières dans lesquelles les villes s’approvisionnaient en eau a tout d'abord permis au virus de se répandre largement. Ensuite, l’assainissement qui a introduit le traitement préalable des eaux usées, a réduit la circulation du virus et la réactivation de l'immunité naturelle par les contacts répétés.  
15. Variabilité des agents pathogènes prévenus par la vaccination antipoliomyélitique, Réseau Pasteur international  
16. N. Junttila, N. Lévêque, JP Kabue, et al. « New enteroviruses, EV-93 and EV-94, associated with acute flaccid paralysis in the Democratic Republic of the Congo ». Journal of Medical Virology 2007 ; 79 : 393-400.
S. Akré, et al. « Diagnosis of non Poliovirus enteroviruses in Abidjan from 1996 to 2004 », Bull. de la Société de Pathologie Exotique, 2008, 101, 5, 387-390 ;
OMS, REH No. 36, 2012, 87, 340, « Surveillance de la PFA et incidence de la poliomyélite ».
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