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Accueil Page mise à jour le 12/08/2015

Zoom sur la rubéole

La rubéole et sa vaccination

  • La maladie
Le virus
Symptômes
Épidémiologie
  • Le vaccin
Histoire
Fabrication
Effets indésirables
  • Traitement

Traitement classique
Autres traitements

  • Discussion

Questions
Conclusion


La maladie

La rubéole est une maladie infectieuse d'origine virale.
Très bénigne lorsqu'elle survient chez un enfant, un adolescent et même chez un adulte, elle n'est potentiellement dangereuse que lorsqu'elle est contractée par une femme enceinte au cours des premiers mois de la grossesse.

Le virus

Le virus de la rubéole (Rubivirus de la famille des Togaviridae) a été isolé en 1962. Il se transmet par voie respiratoire. Il est sensible aux ultra-violets et à tous les désinfectants et antiseptiques usuels ; il est inactivé par la chaleur à 60°C au bout de 5 min.

Son hôte naturel est l'homme, il peut infecter des animaux (singe, furet, lapin, souris, etc.) mais ne provoque de rubéole congénitale que chez l'être humain : lorsqu'une femme enceinte contracte la rubéole, le virus peut traverser la barrière placentaire, le risque est d'environ 90 % notamment avant la 9e semaine de gestation, plus réduit ensuite, et pratiquement nul après la 16e semaine.

Le Dr Norman MacAlistair Gregg, ophtalmologiste australien, fut le premier, en 1941, à établir un lien entre la cataracte congénitale et la rubéole acquise, et à comprendre le caractère tératogène du virus pour le foetus.
Le rubivirus fut isolé pour la première fois en 1962 par Parkman et Weller aux États-Unis.

Symptômes

La plupart du temps, la rubéole est une maladie qui passe inaperçue. Après une incubation qui dure de 15 à 20 jours, une fièvre peu élevée peut survenir (moins de 39°) puis une éruption cutanée discrète débutant au visage, une conjonctivite qui est souvent le seul signe désagréable, parfois quelques ganglions indolores dans la nuque, plus rarement une légère toux ou une pharyngite, l'ensemble durant 2 à 4 jours au maximum.
Les rares complications (arthrite, encéphalite...) sont plus fréquentes chez l'adulte que chez l'enfant, et guérissent sans séquelles en un ou deux mois.

L'immunité induite par la rubéole naturelle est définitive, mais il arrive que le taux d'anticorps résiduels soit insuffisant pour éviter une réinfection. Dans ce cas, cette dernière est toujours asymptomatique et limitée aux voies respiratoires, elle ne provoque pas d'éruption, mais elle réactive l'immunité. Une primo-infection se traduit par la production d'anticorps IgG et IgM rubéoliques, alors que lors d'une réinfection les IgG rubéoliques sont seuls présentes.

Le syndrome de rubéole congénitale (SRC) – rare en France depuis la généralisation du test de recherche d'anticorps prénuptial ou en début de grossesse – est toujours consécutif à une primo-infection rubéolique ; les cas de SRC consécutifs à une réinfection sont rarissimes. La rubéole congénitale peut provoquer chez le foetus de graves malformations oculaires, cardiaques, auditives, ainsi que des troubles hépatiques ou osseux, voire entraîner un avortement spontané ou la mort in utero

Épidémiologie

La rubéole est plus fréquente à la fin de l'hiver et au printemps.
Le malade est contagieux environ huit jours avant l'éruption et une dizaine de jours après. La rubéole est contagieuse, mais moins que la rougeole par exemple. En cas de rubéole congénitale, même asymptomatique, le nouveau-né est très contagieux (le virus est présent dans les voies respiratoires, l'urine, les larmes, etc.) et le reste pendant plusieurs mois, parfois une année.

L'incidence exacte de la rubéole est difficile à déterminer car sa déclaration n'est pas obligatoire.
Toutefois la rubéole congénitale fait l'objet d'une surveillance particulière, par le réseau Rénarub mis en place en 1976. Par exemple, il a été enregistré 324 rubéoles chez des femmes enceintes en 10 ans (1997-2006), qui ont conduit à 33 cas de rubéoles congénitales malformatives et 86 interruptions médicales de grossesse, et l'incidence était nulle en 2006.

Taux d'incidence des RCM 1976-2005
Source InVS - BEH

Dans les pays en voie de développement la rubéole, et surtout la rubéole congénitale, reste très répandue malgré les campagnes de vaccination à grande échelle. L'OMS recommande la vaccination depuis 1970.

Le vaccin

Histoire de la vaccination

Les premiers vaccins contre la rubéole furent mis au point aux États-Unis en 1965, à la suite d'une importante épidémie de rubéole qui provoqua plus de 10 000 congénitales avortements (spontanés ou provoqués) et naissances d'enfants handicapés consécutifs au syndrome de rubéole congénitale.
Le début de la commercialisation aux États-Unis date de 1969.

Le vaccin contre la rubéole est un vaccin à virus vivant atténué

Le premier vaccin fut développé à partir de la souche HPV-77 (High Passage Virus - 77 passages sur cultures cellulaires d'embryon de canard [DE-5] ou de rein de chien [DK-12]), puis d'autres souches ont été utilisées (Cendehill cultivé sur cellules de rein de lapin, Wistar RA 27/3M cultivé sur cellules diploïdes humaines).

C'est cette dernière souche qui est utilisée depuis 1971 pour les vaccins commercialisés en France.

En 1971, des campagnes de vaccination contre la rubéole furent entreprises dans les écoles auprès du personnel enseignant féminin et des fillettes de 12-13 ans. Tout était mis en œuvre pour rendre cette vaccination obligatoire, notamment pour les jeunes femmes au moment de la visite prénuptiale.

Grâce à notre intervention [1] auprès des Préfets, du Ministère de la Santé et des Parlementaires, ce projet n'a pas été appliqué. La vaccination a été remplacée par un test sérologique (recherche d'anticorps) pratiqué au cours de la visite prénuptiale.

Il a fallu poursuivre cette action de 1971 à 1976, pour enfin obtenir par décret du 17 mars 1978 publié au JO du 23 mars, relatif à la protection maternelle et infantile stipule dans son article 1er :

  « Le médecin ne devra délivrer le certificat prénuptial qu'au vu du résultat :
  [... ] 3° En outre pour les femmes âgées de moins de cinquante ans,
           a) Des examens sérologiques respectifs de la rubéole et de la toxoplasmose : « ceux-ci doivent obligatoirement être effectués à nouveau si les résultats d'un examen qui aurait été effectué au moins trois mois avant la consultation prénuptiale n'apportaient pas la preuve d'un état d'immunité. »

 

Vaccins disponibles en France actuellement

  • M-M-RVaxPro® (rougeole-oreillons-rubéole - valence rubéole : souche Wistar RA 27/3 produit sur fibroblastes de poumon diploïdes humains WI-38) de Sanofi Pasteur MSD
  • Priorix® (rougeole-oreillons-rubéole - valence rubéole : souche Wistar RA 27/3 idem) de GlaxoSmithKline

Il n'y a plus aucun vaccin monovalent sur le marché, car le Rudivax® (ne contenant que le virus de la rubéole, souche Wistar RA 27/3, cultivé sur cellules diploïdes humaines MRC5), autorisé en 1988, n'est plus disponible depuis le 01/11/2012 [2].

Un vaccin diphtérie-tétanos-rubéole (le DT bis Rudivax® de Pasteur Mérieux MSD) a été commercialisé jusqu'en 1993. Il avait été mis au point afin de permettre d'associer les rappels DT chez les fillettes à 6 ans et 11-13 ans avec le vaccin anti-rubéole.

Contre-indications
Comme pour tout vaccin à germes vivants atténués, le vaccin contre la rubéole ne doit pas être administré en cas de fièvre, en cas de traitement aux corticoïdes ou sous immunosuppresseurs, et dans tout état d'immunodéficience congénital ou acquis.
La présence de résidus d'antibiotiques (néomycine) peut représenter un risque pour les personnes allergiques.
Cette vaccination à virus vivant est contre-indiquée au cours de la grossesse, et toute grossesse doit être évitée dans les 3 mois après l'administration du vaccin.

Effets secondaires indésirables
Il est assez difficile de déterminer désormais auquel des trois vaccins (rougeole, oreillons ou rubéole) est imputable un effet indésirable à la suite d'une vaccination ROR. Cependant les effets indésirables consécutifs au vaccin anti-rubéole monovalent répertoriés au cours des essais cliniques puis après commercialisation sont les suivants :

  • Fièvre, tuméfaction et douleur au point d'injection, adénopathies : ganglions cervicaux ou rétro-auriculaires (fréquent)
  • Divers troubles du système nerveux : névrites ou polyradiculonévrite, lésion rétinienne, névrite optique, paralysie de l'accomodation, syncope, vision trouble (rare ou très rare)
  • Troubles musculo-squelettiques [3] : arthralgie (25 % des cas), arthrite (10 % des cas), myalgie, polyarthrite, etc. plus fréquents chez les femmes adultes
  • Troubles du système immunitaire : anaphylaxie, œdème de Quincke, urticaire, purpura thrombocytopénique immun (rare)
  • Troubles respiratoires : laryngite, pharyngite, rhinorrhée, etc.

Efficacité
Les laboratoires producteurs du vaccin, et les autorités sanitaires dans la foulée, prétendent que le vaccin anti-rubéole a une efficacité proche de 100 %. Si ce vaccin induit en effet une séroconversion chez  la majorité des vaccinés, la protection n'est pas complète, ni pour le vacciné, ni pour les contacts, ni pour le fœtus lorsque la vaccination est faite plusieurs mois avant la gestation [4].

Le Dr Marlène Guillet, virologue à l'hôpital Antoine Béclère, précise que :

« la réponse immunitaire qu'il [le vaccin] entraîne est différente de celle induite par une infection naturelle. En effet, après vaccination, les titres d’IgG obtenus sont plus faibles que ceux obtenus après une primo-infection.
Cela nous conduit à nous poser deux questions :
• d’une part, l’immunité conférée par la vaccination sera-t-elle durable ?
• d’autre part, le/la patiente est il/elle protégé(e) si les titres d’anticorps sont faibles ?
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’immunité conférée par le vaccin durerait probablement toute la vie, même si les anticorps peuvent ne plus être détectés. » [5]

Traitement de la rubéole

Traitement conventionnel

Il n'existe pas de traitement spécifique de la rubéole, et en général cette maladie ne nécessite aucun soin ; dans quelques très rares cas, on peut souhaiter faire baisser la fièvre ou calmer les éventuelles douleurs articulaires. Comme dans toute affection virale, l'aspirine est strictement déconseillée pour les enfants en raison du risque de syndrome de Reyes.

Le syndrome de rubéole congénitale nécessite des soins particuliers en fonction des troubles ou des handicaps chez l'enfant atteint.

Autres traitements

Il est rare que la fièvre modérée due à la rubéole doive être contrôlée, car elle aide à neutraliser le virus.

En homéopathie, divers remèdes peuvent convenir aux symptômes spécifiques : Belladonna, Apis, Euphrasia (conjonctivite), etc. que seul un médecin homéopathe sérieux pourra prescrire en connaissance de cause.

Des recherches en Chine et un essai clinique sur 60 patients ont montré qu'un remède de la pharmacopée chinoise traditionnelle, le Huanglan, composé de racine d'Isatis tinctoria (le pastel), d'Astragalus membranaceus (l'astragale) et de Drynaria rigidula (fougère nid d'oiseau ou fougère panier) est aussi efficace que la ribavirine (antiviral) pour combattre le virus de la rubéole [6].

Conclusion

La généralisation du vaccin contre la rubéole, maladie bénigne s'il en est, voire inapparente dans plus de la moitié des cas, a entraîné une modification de l'épidémiologie de la rubéole.

Auparavant la plupart des cas de rubéole se produisaient chez des enfants d'âge scolaire. En raison de l'immunité probablement de moindre durée due au vaccin, la plupart des cas de rubéole clinique surviennent maintenant chez les adolescents et les jeunes adultes, au moment où précisément la rubéole peut faire courir un risque à l'enfant à naître.

Des épidémies de rubéole, ou des cas sporadiques, se produisent toujours dans des populations vaccinées à 90 % ou plus. La seule solution à ce problème qu'envisage l'OMS [7] est la fuite en avant : vacciner encore plus.

Déjà en 1979, nous disions ,: « On ne voit pas l'avantage qu'a pu apporter la vaccination de masse des enfants puisque les femmes en âge d'avoir des enfants ne sont pas davantage protégées qu'avant !
Ne vaudrait-il pas mieux ne vacciner que les femmes qui ne présentent pas d'anticorps à la rubéole (sans contrainte, bien entendu) ? »

 

Notes :

Sources : cette monographie a été rédigée essentiellement à partir des données de l'InVS, de l'ANSM, de l'EMEA et de l'OMS, et grâce aux articles et références contenus dans les revues de la LNPLV.

1. Voir SLV n° 51 et n° 59
2. Point d'information sur l'arrêt de commercialisation du vaccin monovalent Rudivax (commission d'AMM du 20.12.2012)
3. La Revue du Praticien Tome XXIII, n° 47
4. Guide des vaccinations 2012 p. 218 : « Le taux de séroconversion après vaccination contre la rubéole est proche de 100 % ».
SLV n° 66, n° 67
5. « Rubéole et grossesse : très rare et très grave » page 5, JIM on line - 22/11/2010  
6. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/18543485
7. OMS Plan 2005-2010 : « ... la proportion de jeunes filles non vaccinées qui deviennent des femmes en âge de procréer non immunisées contre la rubéole est donc plus importante qu’elle ne l’aurait été avant l’utilisation du vaccin. Au cours d’une épidémie de rubéole, ces femmes sont exposées au risque d’infection pendant la grossesse, d’où un nombre plus élevé d’enfants atteints du SRC (Syndrome de Rubéole Congénitale)par rapport aux pays n’ayant jamais utilisé le vaccin antirubéoleux. Des stratégies de vaccination adaptées doivent être envisagées afin d’atteindre ces populations vulnérables, à la fois pour interrompre la transmission endémique du virus et pour faire en sorte que les femmes en âge de procréer soient protégées en cas d’introduction du virus de la rubéole dans leur cadre de vie. »

 


 

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